MANZINI, Swaziland, 28 juin (IPS) – «Komati Basin Water Authority» (KOBWA), un projet intergouvernemental, mis en place en 1993 par l’Afrique du Sud et le Swaziland, a aidé 66 familles swazies à se regrouper autour des activités agricoles afin de lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté.
Le projet a été conçu pour une gestion commune de la rivière Komati, dans la région de Hhohhoa, dans le nord du Swaziland, en Afrique australe. Sipho Nkambule, directeur exécutif du projet a déclaré à IPS: «KOBWA a mis en place une importante réserve d’eau, 332 millions de mètres cubes d’eau, qu’il distribue à travers les communautés locales selon des modalités bien précises afin d’assurer une gestion durable et efficace de cette ressource rare dans cette partie de l’Afrique grâce à l’engagement des gouvernements de deux pays». Selon Nkambule, «la meilleure manière d’opérer cette gestion était d’envisager le regroupement des communautés ou des familles autour des projets agricoles communs. Ceci permet déjà de mettre en place des activités de grande envergure et est plus bénéfique pour un plus grand nombre à la fois». «Nous avons été réunis venant de différents villages situés à environ 50 kilomètres pour nous installer dans le village de Nyonyane grâce au projet, afin d’entreprendre la production, sur 200 hectares, de la canne à sucre et des légumes pour bénéficier d’un point commun d’irrigation mis en place par KOBWA», a affirmé à IPS, Luke Kunene, chef de la communauté Nyonyane. «L’espace cultivé par l’ensemble des familles membres de la communauté, représente la somme des espaces que nous avions individuellement dans nos villages avant de nous réunir à Nyonyane. Et lors de la production, après déduction des charges d’exploitation et de la contribution au fonctionnement du projet, le bénéfice est distribué au prorata des mises parcellaires», explique Kunene. Selon ce chef de village, chacun des membres de la communauté avait auparavant ses activités privées. Mais, elles n’étaient pas viables parce que petites tailles, elles consistaient à faire une agriculture vivrière sur de petits espaces. «Maintenant, nous avons un projet plus vaste qui nous réunit et qui produit un revenu de 4,5 millions à cinq millions de rands chaque année». «Faute d’eau, durant l’ensemble de l’année, la terre est de plus en plus sèche. Ceci est à la base d’une insécurité alimentaire puisque la productivité agricole a sensiblement baissé aussi entre-temps. Le projet a su relancer l’agriculture dans cette partie du pays et redonné des ressources aux familles qui y vivent dont la mienne», indique Henson Lukhele, un conducteur de bus habitant la place. Lukhele qui trouve «salutaire le projet» affirme que «la gestion efficiente de l’eau est un énorme défi dans cette partie du pays où tout est devenu sec». Gestionnaire de l’environnement, Sibongaye Mkhatshwa estime que dans un contexte de changement climatique, les difficultés majeures sont de deux ordres: «l’accès à l’eau ainsi que la lutte contre l’insécurité alimentaire et la faim. Ce projet prend en compte ces défis actuels et apporte des réponses vécues au quotidien par les habitants de Nyonyane». Mkhatshwa a déclaré à IPS: «L’eau est véritablement une ressource rare au Swaziland. Voilà qui justifie que même toutes les eaux usées sont recyclées, purifiées et redistribuées dans le circuit ordinaire. Lorsqu’on visite la partie nord du pays, on se rend compte que la sécheresse est une attaque contre l’agriculture». Il a ajouté que KOBWA a construit un canal de 24 km qui dessert la communauté agricole de Nyonyane. «Le projet a même permis la construction de deux écoles primaires et d’un institut supérieur au bénéfice des habitants. Mais l’autre défi demeure celui de l’accès, pour l’ensemble du village, à l’eau potable. Nous avons certes de l’eau pour irriguer l’espace cultivé, mais l’eau potable reste une denrée rare», souligne Philipe Maduna, membre de la communauté Nyonyane. L’Afrique du Sud et le Swaziland contribuent respectivement pour 60 pour cent et 40 pour cent à l’implantation et au fonctionnement quotidien du projet évalué à environ 1,646 milliard de rands. Il bénéficie à quelque 2.000 Swazis et 6.000 Sud-Africains depuis 2002, en termes d’emplois, d’élèves et étudiants qui fréquentent les écoles construites par le projet, et en termes d’habitants regroupés en communautés.

