OUGANDA: L’importance des programmes de vaccination

KAMPALA, 22 juin (IPS) – L'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), a obtenu des promesses de 4,3 milliards de dollars des donateurs à Londres le 13 juin, dans le but de garantir le financement pour assurer les vaccinations salvatrices pour tous les enfants sur la planète.

Cette alliance, qui comprend des agences humanitaires internationales, des organisations caritatives, des firmes pharmaceutiques et des gouvernements nationaux, cherchait des promesses de 3,7 milliards de dollars pour accroître l'accès aux nouveaux vaccins sous utilisés à travers le monde. Près de deux millions d'enfants – essentiellement dans les pays à faible revenu – meurent chaque année de maladies qui pourraient être prévenues par des vaccinations, telles que la pneumonie et la diarrhée. Entrer dans une ère de vaccination Grâce en grande partie à la GAVI, la dernière décennie a vu un regain d'attention au développement de vaccins contre les maladies qui affectent les plus pauvres du monde, notamment la méningite, les maladies à pneumocoque et le paludisme. Parmi les organisations dont les investissements ont soutenu une percée dans la prévention d'une des maladies les plus dangereuses au monde, figure la 'Malaria Vaccine Initiative' (Initiative pour un vaccin contre le paludisme – MVI), un programme mondial de PATH, une organisation non gouvernementale indépendante. Le début d'un premier vaccin contre le paludisme, par exemple, pourrait être maintenant dans moins de cinq ans – le test final est en cours dans sept pays. Toutefois, le développement d'un vaccin efficace n'est qu'une partie du défi – l’intégrer de manière efficace dans la santé publique nécessitera une planification et une exécution minutieuses. A travers le continent, il y a une nouvelle attention aux exigences pratiques des campagnes efficaces de vaccination. Dr Seraphine Adibaku, directeur du programme de lutte contre le paludisme en Ouganda, affirme que son pays a déjà commencé par sensibiliser la population sur la disponibilité prochaine d'un vaccin contre le paludisme, avec la plus récente réunion des responsables du ministère de la Santé et des développeurs du vaccin ainsi que d'autres acteurs, tenue en mai. “Nous sommes conscients de ne pas provoquer d'excitation puisque cela peut conduire à des conséquences indésirables, mais nous devons dire aux gens qu’un vaccin pourrait être ici le plus tôt possible”, confie Adibaku. L'Ouganda compte sur l'utilisation des infrastructures comme les entrepôts et les réfrigérateurs du Programme national élargi de vaccination du pays, qui sont déjà en place et ont été utilisés dans des programmes de vaccination antérieurs, pour introduire le vaccin contre le paludisme. Adibaku affirme qu’une formation sera donnée aux vaccinateurs sur la manipulation du nouveau vaccin avec un financement de la GAVI, tout ceci doit être en ligne avec la politique nationale de vaccination. Adibaku a des questions au sujet du vaccin: “Nous ne savons pas encore pendant combien de temps le vaccin offrira une protection. Aurez-vous une protection pour six mois, un an, ou pour le reste de votre vie? Ce sont là quelques questions qui n’ont pas encore trouvé de réponses”. Il estime que pour qu'un vaccin soit efficace, il devrait offrir un niveau élevé de protection – entre 80 et 90 pour cent -, fournir une résistance durable, et être abordable. Sur ce dernier point, Adibaku déclare qu’un vaccin serait un nouvel outil fort, mais craint que des coûts élevés puissent laisser des pays pauvres comme l'Ouganda incapables de le rendre disponible. Nouvelle résolution pour l’obtenir immédiatement La conférence de Londres sur le financement des vaccins est un signal important que la valeur des programmes de vaccination est comprise par les donateurs et les gouvernements qui recherchent de l'aide. “Lorsque la GAVI a commencé, c'était quelque chose qui n'avait jamais été essayé auparavant”, explique Dr Helen Saxenian, du 'Results for Development Institute' (Institut des résultats pour le développement). “L'idée était que les prix baisseraient (une fois qu’une demande à grande échelle de vaccins a été créée) et ainsi, certains pays seraient en mesure de les acheter sans assistance. La GAVI a vite constaté que les prix ne baissaient pas – et ne baissent pas – assez rapidement, et a compris que l’alliance devrait être impliquée dans la subvention des vaccins pour une période de temps plus longue”. Les raisons pour lesquelles les prix des vaccins n’ont pas chuté comprennent le coût et la complexité de la fabrication de nouveaux vaccins, ainsi que la limitation de la concurrence entre un nombre restreint de fabricants; mais Saxenian indique qu'il y a eu quelques succès, notamment pour les vaccins anti-rotavirus pentavalents. Une responsabilité partagée maximise l’impact Elle affirme que l'exigence de cofinancement a été un processus d'apprentissage précieux pour tous les acteurs impliqués. Cela a renforcé la gestion prévisionnelle des ministères nationaux de la Santé, la communication entre les ministères de la Santé et les ministres des Finances qui doivent faire des allocations appropriées et opportunes à partir des budgets nationaux, et entre les différents pays et la Division des approvisionnements de l'UNICEF, à travers tous les bénéficiaires de l’aide de la GAVI en Afrique achètent des vaccins pour répondre à leurs obligations. Les bénéficiaires de l'aide ont déclaré qu'ils préféraient contribuer pour une partie du coût d’achat des vaccins, indique Saxenian. “Les responsables de la vaccination aimeraient voir un accroissement des budgets nationaux pour les vaccinations. C'est une priorité clé pour les soins de santé, et puisque l’on ne peut pas présumer que l'aide des donateurs durera éternellement, ils aimeraient voir une augmentation des budgets nationaux pour cela”, a-t-elle confié à IPS par téléphone depuis les Etats-Unis. Adibaku estime que lorsqu'on considère le coût du paludisme pour l'économie nationale, l'Ouganda devrait être en mesure de contribuer au programme de vaccination si cela est dans la fourchette de ce qu'il dépense sur la maladie. En plus des promesses des donateurs publics et privés de soutenir les programmes de vaccination, les pays en développement ont également renouvelé à Londres leurs engagements à cofinancer ces programmes, avec la GAVI estimant que leur contribution atteindra 100 millions de dollars par an d'ici à 2015. Les pays en développement pourraient être sollicités à apporter des contributions substantielles vers la fabrication d’un vaccin contre le paludisme, mais cela pourrait être un investissement rentable si on considère la somme d'argent que l'économie perd à cause de la maladie.