AFRIQUE AUSTRALE: L’analyse des eaux en prélude à une collaboration plus étroite sur la rivière

PARYS, Afrique du Sud, 9 nov (IPS) – Vous espérez trouver des enfants dans la rivière Vaal, à la sortie de Parys, par un après midi chaud. Mais 28 d’entre eux, sur le côté de la rivière attenant à Gauteng, ne nagent pas; ils font des recherches pour ORASECOM.

Depuis trois mois à compter de novembre, ORASECOM, la commission du fleuve Orange-Senqu, analysera la qualité de l’eau, l’impact sur l’environnement de l’industrie et la santé générale de l’écosystème au niveau de quelques 60 sites le long du bassin de la rivière.

Les données doivent être partagées entre tous les quatre pays participants et l’objectif est d’avoir une idée sur l’impact de l’utilisation de l’eau le long du système.

On a donné aux écoliers, au niveau de cinq sites, du matériel (y compris des filets pour recueillir des échantillons et des graphiques pour identifier des espèces végétales et animales qu’ils rassemblent); le groupe de Parys a pris avec enthousiasme les rives du Vaal, avec des cris aigus de joie – ou était-ce l’horreur- des classes de sixième réunies saluant la découverte d’un ver de vase rouge qui se tortillait.

ORASECOM, actuellement dans sa 10ème année, sert à conseiller le Botswana, le Lesotho, la Namibie et l’Afrique du Sud sur les meilleures pratiques d’utilisation d’une ressource commune. Chacun de ces pays d’Afrique australe utilise l’eau des rivières Orange et Vaal (Senqu).

Peter Pike, du ministère des Affaires hydrauliques de l’Afrique du Sud, déclare que l’objectif doit être le partage des avantages du système entre les quatre pays impliqués dans l’ORASECOM. Mais, ajoute-il, les pays doivent se faire confiance et l’enquête sur la qualité de l’eau est la première étape dans l’établissement de cette relation.

“ORASECOM a pour fonction de conseiller les parties, elles doivent apprendre les uns des autres et doivent décider de ce qu’il faut faire… Nous sommes actuellement à l’étape de collecte d’informations réelles à partager entre les quatre pays et l’organisation peut commencer à conseiller les Etats”.

Le développement et l’eau Les quatre pays couverts par le bassin ont des questions de développement différentes mais la gestion équitable et durable de l’eau dépend d’une vision partagée de ces Etats.

“Tout est compromis. Nous devons maintenant faire usage de l’eau pour le développement, mais nous devons aussi protéger cette ressource. Une enquête sur la qualité ne résoudra pas les problèmes de développement, mais elle est un maillon de la chaîne de résolution des problèmes à long terme”, déclare Pike.

“Il y a déjà plus de confiance entre les quatre Etats membres et je pense que l’enquête conjointe sur le bassin en est une indication”.

Lenka Thamae, le secrétaire exécutif de ORASECOM, déclare que même si beaucoup de recherches ont été effectuées sur la quantité de l’eau disponible en Afrique australe, la nouvelle étude fournirait les premières données communes sur la qualité de l’eau à Orange-Senqu. “La qualité de l’eau a toujours été un peu à la traîne, mais elle est un élément essentiel, important pour tous les Etats le long du système de la rivière”.

Les scientifiques testeront la qualité de l’eau tout le long du bassin, analyseront les données, échangeront les résultats et auront une idée de ce qui doit être fait dans les différents secteurs. Les tests seront analysés par tous les quatre Etats, les résultats uniformiseront les tests et créeront, on l’espère, des objectifs communs entre les quatre Etats participants.

Et les enfants joueront aussi leur rôle. Comme à Parys, les enfants vivant sur les rives des rivières aideront à l’analyse de l’eau au niveau de quatre autres sites. Ils vont aussi recueillir des échantillons et ils porteront leur jugement sur la santé de la rivière.

Gavin Quibell, qui dirige l’enquête, déclare que même si les données recueillies feront partie de l’étude, l’implication des enfants dans le projet porte plus sur l’éducation: “si nous les amenons sur la rive de la rivière, peut-être qu’ils amèneront les parents, les frères et sœurs à s’impliquer et à être plus conscients de l’état de la rivière… Même s’ils ne sont peut-être pas en mesure de résoudre eux-mêmes les problèmes de pollution, le fait de savoir que leur rivière est saine ou non aidera à sensibiliser cette génération et celle à venir”.

Quatre bassins blancs sur la rive de la rivière pourraient paraître insuffisants, mais ils ont eu toute l’attention des 28 enfants de Parys.

Les résultats de l’enquête sur la qualité de l’eau devront être rendus publics au premier semestre de l’année prochaine.