MAPUTO, 3 sep (IPS) – Le mois de septembre à Maputo, la capitale du Mozambique, a commencé avec de violentes manifestations. Des milliers de gens font grève par rapport à une augmentation des prix des produits de base, y compris le pain.
La police a répondu avec vigueur – tirant sur des foules rassemblées dans les rues dans plusieurs banlieues et dans les environs de Maputo. A la date du 2 septembre, sept personnes avaient été tuées, dont deux enfants, et un homme tué par balle dans sa propre maison. Des pneus neufs étaient encore en train d’être posés dans les rues pour ériger des barricades, et un immense nuage de fumée planait sur la ville puisque les émeutes se sont transformées en une grève générale. Les boutiques et les écoles restent fermées et le transport public fonctionne à peine. Les habitants disent que la grève se poursuivra jusqu'au week-end, tenant compte des communiqués qui demandent aux gens de continuer à manifester, parce que le gouvernement n'a pas encore répondu à leurs revendications. “Nous allons en grève à cause du prix des produits – le riz, l’huile, l’eau et l’énergie. Toutes ces choses… Nous ne pouvons plus supporter cela”, a déclaré Cesaltina Sebastiao-Dimas le 2 septembre. “Nos parents ne gagnent pas beaucoup. C'est une bonne chose d’aller en grève aujourd'hui. Et aujourd'hui, nous voulons manifester. Nous avons cessé de brûler des pneus et de faire ces mauvaises choses parce que ce n'est pas bon pour nous non plus. Il y a eu beaucoup d'accidents”. Le coût des aliments dans ce pays pauvre a augmenté en flèche cette année, la conséquence d'une dévaluation rapide du metical, la monnaie locale, et l'effondrement des politiques gouvernementales qui avaient essayé de maintenir les prix de plusieurs aliments de base en dessous des taux appliqués au marché. L'augmentation du coût des aliments à travers le monde a aggravé la situation d'un pays qui importe une grande partie de ce dont il a besoin. Le porte-parole du gouvernement, Alberto Nkutumula, a indiqué à la presse le 2 septembre que les hausses des prix étaient “irréversibles”. Mais Xavier Alfredo Cherinoza, un agent d'entretien, a déclaré: “En général, elle [la grève] est une bonne chose parce que le salaire minimum au Mozambique est environ de 3.000 meticals. Si nous faisons de simples calculs, vous constatez qu’avec 3.000 Mt, vous ne pouvez même pas acheter un sac de riz. Et votre argent est fini. Puis, vous n’auriez plus d'argent pour le transport”. La grève ne concerne pas que les aliments, ou le coût de l'électricité, ou de l'eau. Il s'agit d'un sentiment d'injustice. Beaucoup de Mozambicains estiment que leur gouvernement les a déçus, en gaspillant de l'argent sur des voitures coûteuses et autres produits de luxe, alors que beaucoup demeurent dans la pauvreté. Par ailleurs, la corruption continue de sévir dans ce pays autrefois déchiré par la guerre, et les populations veulent voir le changement qu’elles espéraient, dans la période de paix qu’ils avaient tant désirée.

