LUANDA, 13 août (IPS) – La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton utilise son voyage en Afrique pour promouvoir le développement agricole comme une approche à l’aide alimentaire qu’elle a qualifiée d’un “élément de la signature” de la nouvelle politique étrangère de l’administration Obama.
“Nous sommes convaincus que l'investissement dans l'agriculture est l'une des stratégies les plus efficaces et rentables pour réduire la pauvreté et sauver et améliorer des vies”, a déclaré la secrétaire Clinton devant un auditoire à l'Institut de recherche agricole du Kenya à Nairobi, la capitale, ajoutant: “Si vous ne faites pas l’agriculture, vous ne mangez pas, et c’est l’objectif le plus important de toute société”. En Afrique du Sud, la secrétaire Clinton a indiqué que l’attention devrait être focalisée sur la productivité agricole. Des procédés comme les nouvelles techniques d’irrigation et les semences résistant à la sécheresse étaient aussi importantes que l’accès aux marchés pour garantir la durabilité, même pour les plus petits agriculteurs, a-t-elle indiqué. Le thème du petit fermier a été maintenu en Angola où Clinton a été témoin de la signature d’un protocole d’accord (MOU) entre Chevron, le géant pétrolier américain, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et la League coopérative des Etats-Unis d’Amérique (CLUSA) centré sur l’appui aux petits agriculteurs. “Aider les petits agriculteurs en Afrique ne veut pas seulement dire leur donner une meilleure vie en augmentant davantage la production locale de vivres et les emplois et par conséquent le développement économique dans les pays d’Afrique”, a souligné la secrétaire Clinton à un auditoire à Luanda, la capitale de l’Angola. “Cela aide également le reste du monde, parce que la grande partie des terres arables inexploitées dans le monde se trouve sur le continent africain. “Les pays africains qui importent maintenant des vivres peuvent devenir des exportateurs. Les pays qui ne peuvent pas se nourrir maintenant seront une fois encore en mesure de le faire”. Avant l’indépendance, l’Angola était un grand exportateur de produits alimentaires mais des décennies de guerre civile ont détruit la campagne fertile la laissant avec des mines et envoyé des millions de personnes rechercher de refuge dans les villes. Le gouvernement angolais a promis de relancer l’agriculture comme une façon de diversifier l’économie loin du pétrole et de réduire la dépendance des exportations de produits alimentaires coûteux. Des millions de dollars du gouvernement sont en train d’être investis pour installer des fermes commerciales et créer des emplois en milieu rural, alors que des ONG et des groupes comme l’USAID et la CLUSA travaillent sur une approche pyramidale visant la subsistance des fermiers de l’Angola. L’argent de Chevron et de l’USAID finance déjà la CLUSA pour exécuter son Programme de développement de l’agriculture et de la finance (Pro-Agro), de 5,6 millions de dollars, qui a commencé en 2006, travaillant avec les petits producteurs de café et de bananes, les aidant à accroître leurs rendements et leur part du marché. Ce dernier MOU complète un MOU de 2002 entre Chevron, l’USAID et autres dans le cadre de l’Initiative de partenariat de l’Angola, s’élevant à 56 millions de dollars, appuyant l’éducation, la sécurité alimentaire, le renforcement des capacités des institutions gouvernementales, et le développement des petites entreprises dans le pays. “Avec la signature de ce nouveau protocole d’accord, nous sommes en train de verser un acompte sur le futur et la revitalisation de la petite et moyenne agriculture en Angola”, a confié la secrétaire Clinton aux journalistes, ajoutant :”Cela augmentera le revenu des Angolais et repoussera la faim”. Elle a également insisté sur l’importance du type d’appui que le partenariat représentait et déclaré qu’il représentait une “nouvelle approche à l’aide au développement” de la part de l’administration Obama. “Pendant que nous continuons toujours à fournir de l’aide alimentaire d’urgence pour contenir les crises immédiates”, a-t-elle affirmé, “nous nous concentrons sur l’aide des pays à mettre en place des mécanismes soutenant les progrès dans l’agriculture sur le long terme”. La secrétaire Clinton a ajouté que les petits agriculteurs constituent une partie clé de cette stratégie, avec un accent sur la fourniture de l’accès au crédit et à l’appui financier, liant les fermiers aux infrastructures de récolte et aux marchés, et élargissant les avantages des recherches et de l’assistance technique pour accroître la qualité et les rendements des cultures. Bien sûr, les intérêts américains ne sont pas fondés sur l’altruisme seul; il y a également un motif commercial, parce que, comme l’a dit Clinton, l’Afrique est l’un des quelques rares endroits ayant des terres disponibles. En Angola, les géants producteurs de bananes, 'Chiquita' et 'Dole Food', espèrent mettre en place des plantations afin de produire pour exporter vers l’Europe. Au début de cette année, un groupe d’entreprises américaines a visité l’Angola pour examiner, entre autres, les opportunités pour l’exportation de l’équipement agricole. Heather Ranck, une spécialiste des échanges commerciaux au département américain du Commerce, a voyagé avec la délégation en mai. Elle a déclaré: “Il y a un énorme potentiel dans le marché angolais pour les entreprises américaines, notamment parce que le gouvernement est en train d’orienter cette diversification vers l’agriculture maintenant. “Du point de vue des Etats-Unis, c’est le bon moment parce que bon nombre de marchés traditionnels pour les machines américaines ont été frappés par la baisse du crédit et les produits d’exportation se sont arrêtés à certains endroits. L’Angola offre une nouvelle opportunité pour les exportations”.

