LE CAP, 2 avr (IPS) – Beaucoup de communautés pauvres en Afrique du Sud continuent de lutter pour leur droit constitutionnel à l’eau potable et saine à boire.
Dans le Cap occidental, la ville du Cap a commencé par étendre des Systèmes de gestion de l’eau (WMD) dans les townships : des compteurs programmés pour distribuer une quantité d’eau quotidienne, convenue d’avance. Ceci, espère la municipalité, réduira le gaspillage de l’eau et aidera les ménages plus pauvres à gérer l’utilisation de l’eau. Des compteurs d’eau prépayés autorisent une allocation de base mensuelle gratuite de 6.000 litres d’eau aux ménages avant de se fermer automatiquement. Les habitants doivent alors payer pour une plus grande quantité d’eau. En avril 2008, un tribunal de Johannesburg a constaté que l’installation de force des compteurs prépayés a privé les gens de leur droit constitutionnel à l’eau. Le juge député Toska a déclaré également que l’allocation gratuite de l’eau de base – calculée à 25 litres par personne par jour – est insuffisante pour les habitants des townships. “Les WMD ne sont rien plus que des compteurs prépayés en drague”, se lamentait Elias Mkhwanazi, coordinateur du Comité de l’eau du Cap occidental (WCWC), une organisation représentant un nombre d’ONG, des organisations communautaires à la base et des syndicats. Des responsables du ministère de l’Eau et de l’Assainissement de la ville rejettent les plaintes des habitants, insistant que les WMD constituent une solution beaucoup meilleure parce qu’ils fournissent aux habitants une allocation quotidienne d’eau convenue. Lorsque cette eau est épuisée, le flux s’arrête jusqu’à la matinée suivante. Certains chefs de communauté, comme Sulyman Stellenboom, ont rebaptisé les WMD des “armes de destruction massive” parce qu’ils estiment qu’ils détruisent les communautés pauvres. “Ces appareils sont en train de nous ramener vers les jours de l’apartheid où nous utilisions le système de sceau”, a expliqué Stellenboom, se référant à comment, sous le gouvernement de l’apartheid, des membres des communautés informelles, qui n’avaient aucun accès à l’eau courante, devaient marcher sur des kilomètres pour chercher de l’eau pour faire la cuisine, boire et se laver. Stellenboom, qui fait pression pour que le gouvernement local rétablisse des compteurs d’eau ordinaires dans un projet gouvernemental de l’immobilier à Mitchell’s Plain, près du Cap, pour s’assurer que les habitants des townships gagnent l’accès aux mêmes services et appareils que les habitants des quartiers et banlieues plus riches. Selon le WCWC, la ville du Cap passe huit fois plus de temps à fournir de l’eau aux banlieues composées essentiellement de Blancs, de classe moyenne telles que Durbanville, qu’aux townships tels que Khayelitsha.
“Nous refusons de prépayer l’eau, mais nous sommes prêts à être facturés à la fin du mois”, a-t-il dit. Le ministère local de l’Eau et de l’Assainissement affirme que ces appareils sont installés seulement dans des ménages qui ne peuvent pas payer des factures mensuelles. L’eau prépayée Toutefois, les habitants des townships croient que les WMD conduisent en fin de compte à des factures d’eau plus élevées à la fin du mois. Mkhwanazi dit qu’il connaît plusieurs habitants classés comme “indigents” parce qu’ils sont sans emploi ou gagnent moins de 100 dollars par mois qui sont accablés par des factures d’eau de plus 200 dollars pour une période de huit mois, quand bien même ils vivent dans des maisons qui sont équipées seulement d’un seul robinet. Le directeur du service de l’eau et de l’assainissement, Lungile Dhlamini, affirme que les factures exorbitantes sont causées par des logements mal construits et la prévalence des fuites d’eau. “Ensuite, la ville intervient, répare les fuites et annule les dettes, donnant à ces ménages un nouveau départ, pour ainsi dire”, a-t-il indiqué. Mais selon Stellenboom, cela n’est certainement pas le cas à Mitchell’s Plain. Des membres de la communauté reçoivent plutôt de manière répétée “des lettres en rose”, ou des sommations. Tanya Smith, une autre habitante de Mitchell’s Plain, qui partage sa petite maison avec six autres membres de la famille, y compris un oncle malade, se plaint que le système de WMD cause des coupures d’eau fréquentes – parfois pendant des semaines entières et pour aucune raison apparente. “Comment pouvons-nous vivre comme cela? Comment puis-je élever mon enfant quand il n’y a pas d’eau?”, a demandé Smith.
Ses objections sont soutenues par d’autres habitants venus d’Atlantis, de Delft et de Mfuleni, qui disent qu’ils vivent des coupures d’eau après avoir utilisé seulement 20 litres d’eau. Ces déclarations sont en contradiction avec les informations fournies par la ville du Cap, qui affirme fournir 25 litres d’eau par personne par jour, gratuitement. Toutefois, Dhlamini reconnaît qu’il y a eu des cas rares où les WMD n’étaient pas correctement installés, qui, selon lui, peuvent avoir causé des coupures d’eau. Violation des droits Des activistes de l’eau et des chefs de communauté indiquent que les WMD constituent une violation claire du droit à l’eau de base gratuite, stipulé dans la Loi sur l’eau de l’Afrique du Sud, qui déclare que personne ne devrait manquer d’eau pendant plus de sept jours. En moyenne, une personne a besoin de 94 litres d’eau par jour pour les besoins fondamentaux tels que boire, préparer et se laver.
Bien qu’il ait démarré en tant qu’un projet-pilote, la ville du Cap est maintenant en train d’installer des WMD dans les townships, soi-disant sans aucune consultation communautaire, et les a rendus obligatoires pour les maisons à loyer modéré qui doivent être équipées de cet appareil.
Alors que la ville affirme que ces appareils sont installés gratuitement, Mkhwanazi a montré à IPS des reçus qui prouvent que les habitants ont payé une facture de 80 dollars pour l’installation d’un appareil dont ils ne voulaient pas au départ. Le WCWC est en train d’appeler le gouvernement à arrêter de pénaliser des gens pauvres qui ne peuvent pas toujours payer les services de base tels que l’eau et à discuter des politiques de gestion de l’eau avec les communautés.
Stellenboom, qui est devenu de plus en plus frustré par une mauvaise fourniture de service, déclare que si la ville ne commence pas par prendre les problèmes des habitants au sérieux, le WCWC se mobilisera et mènera une action de masse : Pourquoi ces compteurs ne vont-ils pas dans les zones riches? J’ai dit au maire, Helen Zille, que nous les arracherons s’il le faut”.

