SANTE: Des campagnes contre le paludisme mettent l'accent sur des moustiquaires

NATIONS UNIES, 28 avr (IPS) – Avec un million de personnes par an qui continuent de mourir du paludisme, les Nations Unies sont en train de mener une nouvelle campagne pour assurer une couverture universelle des mesures essentielles de contrôle du paludisme — en particulier des moustiquaires — en Afrique d'ici à la fin de 2010.

Il y a actuellement un financement pour 100 millions de moustiquaires sur les 18 prochains mois, mais ceci laisse un déficit de 150 millions de moustiquaires qui doivent être apportées et déployées avant ce délai, a déclaré Ray Chambers, envoyé spécial pour le paludisme du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. "Ce financement pour les moustiquaires viendra d'un ensemble de nations donatrices, d'institutions multilatérales, de sociétés commerciales du secteur privé et de campagnes populaires", a indiqué Chambers à IPS.

Annonçant cette nouvelle stratégie vendredi (25 avril), la première "Journée mondiale du paludisme", Chambers a dit que l'initiative comprendrait des moustiquaires imprégnées d'insecticides durables ou la pulvérisation des maisons des populations à risque, le diagnostic et un traitement plus efficaces du paludisme et le Traitement intermittent de prévention (TIP) pour les femmes enceintes dans les zones les plus touchées. Le paludisme est une maladie qui se transmet uniquement par des moustiques femelles la nuit. L'Afrique subsaharienne compte 90 pour cent des cas, mais à cause du changement climatique, le paludisme gagne de nouveau les zones où il était éradiqué. Bien qu'il existe des médicaments pour traiter le paludisme et de simples mesures préventives non coûteuses, il continue d'être la seule cause principale de décès des enfants de moins de cinq ans en Afrique. Chaque jour, plus de 3.000 enfants meurent du paludisme — environ un décès toutes les 30 secondes.

Au total, 350 à 500 millions de personnes sont infectées chaque année et un million d'entre eux meurent. Le paludisme handicape aussi les personnes et les empêche de travailler, et par conséquent, maintient des pays dans la pauvreté. En plus du fardeau important qu'il constitue pour les systèmes de santé locaux, le paludisme fait perdre à l'Afrique chaque année 12 millions de dollars en terme de productivité. L'un des moyens les plus faciles de prévenir le paludisme passe par l'utilisation des moustiquaires qui empêchent les moustiques de piquer pendant la nuit et de propager la maladie. Les types les plus efficaces sont imprégnés d'insecticide qui tue les moustiques quand ils se posent sur eux. Ces moustiquaires durent environ cinq ans. L'éducation est également une composante clé dans les efforts de contrôle du paludisme. Mardi dernier, la "Buzz and Bite Campaign", comprenant des annonces animées et sonores de service public en 20 langues, a été officiellement lancée au siège de l'ONU, à New York.

"Je crois que dans ma vie, nous avons la capacité et les ressources politiques et financières pour même éradiquer le paludisme", a affirmé aux journalistes, Firdaus Kharas, président de 'Chocolate Moose Media' et initiateur de la campagne. Kharas a estimé que la campagne a le potentiel d'atteindre trois millions de personnes. Elle comprend des sketches comiques ayant pour vedette deux moustiques anophèles femelles qui donnent une variété d'informations sur la manière dont les gens peuvent se protéger contre le paludisme. La série sera fournie gratuitement à toute organisation qui la demande, et elle peut être demandée en ligne. Ensuite, il y a la campagne "Rien que les moustiquaires", qui rassemble des personnes du monde religieux, civil et des affaires. "Pour la toute première fois, des responsables de tous les horizons — de la foi et des affaires, des sports et de la philanthropie — sont en train de mobiliser des millions de personnes pour aider à réaliser un objectif de santé publique important — couvrant le continent africain de moustiquaires qui sauvent la vie", a déclaré Timothy Wirth, président de la 'U.N. Foundation'. La campagne a été créée par la fondation en 2006, et a depuis lors rassemblé presque 20 millions de dollars et distribué près d'un million de moustiquaires dans des pays africains endémiques, notamment l'Angola, le Mali, le Nigeria et le Tchad. Cependant, comme l'a noté Thomas Bickerton, un évêque de l'Eglise méthodiste unifiée, "Nous n'avons fait qu'effleurer le besoin en moustiquaires". Chambers était optimiste que cet objectif pourrait être atteint. "Nous avons vu une coopération et une collaboration sans précédent entre agences à travers les responsables du Partenariat faire reculer le paludisme", a-t-il dit à IPS. "Le seul moyen d'atteindre l'objectif ambitieux de couverture universelle est de continuer à travailler ensemble et de former un syndicat résistant composé de donateurs, de partenaires techniques et de pays endémiques".

Le Partenariat faire reculer le paludisme, une organisation qui chapeaute des gouvernements, des donateurs, des ONG et des partenaires techniques, a lancé la campagne "Cover the Bed Net Gap" (Combler le déficit de moustiquaires). Cette initiative est déjà partie pour un grand départ, avec des promesses de financement pour 31 millions de moustiquaires — bien que le déficit estimatif de moustiquaires reste autour d'un total de 120 millions de moustiquaires.