COMMERCE: L'Espagne accroît sa présence en Afrique

SEVILLE, Espagne, 28 avr (IPS) – L'Espagne étend sa présence en Afrique par la signature des accords de coopération commerciale avec l'Egypte et la République démocratique du Congo (RDC). Ces deux accords devraient faciliter l'accès des entreprises espagnoles au marché africain.

L'accord avec l'Egypte prévoit notamment l'organisation de rencontres bilatérales, comme c'est déjà le cas, chaque année, entre l'Espagne et le Maroc, ou avec ses partenaires comme l'Algérie et la Tunisie. L'accord conclu avec l'Egypte ouvre la possibilité financière aux compagnies égyptiennes d'acheter des biens et des services espagnols.

Le roi d'Espagne Juan Carlos et le président égyptien Hosni Moubarak ont récemment signé un traité d'amitié et de coopération entre les deux pays. Après l'Italie, l'Espagne devient ainsi le second pays à avoir engagé de tels pourparlers avec l'Egypte.

Au cours de sa visite au Caire, sa troisième du genre en Egypte, le roi Juan Carlos était accompagné d'une délégation composée de plus de 80 industriels, représentant plus de 50 compagnies espagnoles. En 2006, l'Espagne arrivait en huitième position sur la liste des principaux fournisseurs européens de l'Egypte. Elle est devenue également le troisième plus gros investisseur dans la construction des implantations de gaz liquéfié de 'Union Fenosa' au port de Damietta, à 200 kilomètres du Caire. Le traité a été signé en février dernier par le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Moratinos, et son homologue égyptien, Amhed Abul Gheit. Il comprend des principes d'accords similaires, comme des clauses liées à la non-intervention dans les affaires internes, à la résolution pacifique des conflits, ainsi qu'au respect des droits humains et des libertés. Au cours de cette visite, des compagnies espagnoles spécialisées dans le tourisme, les énergies renouvelables, les transports ou les affaires ont pu rencontrer des responsables ministériels égyptiens ainsi que des membres de la fédération égyptienne de l'industrie (FEI). La FEI a signé un accord de coopération avec la Confédération espagnole des organisations industrielles (CEOE). Parmi ces entreprises, on retrouvait par exemple CEPSA, Repsol YPF, gasNatural, Union Fenosa, Gamesa Eolica, El Cortes Ingles, Marina D'Or et la banque Caixa. Les deux gouvernements ont encore signé un accord de coopération financière d'une enveloppe disponible de 250 millions d'euros. De cette somme, 170 millions d'euros devraient permettre de financer l'acquisition de biens et services espagnols pour des projets publics ou gouvernementaux ou pour venir en aide aux entreprises espagnoles en Egypte. Ces projets devront concerner les secteurs des énergies renouvelables, des infrastructures de transport, des technologies de l'information et des communications ou du traitement des eaux et des déchets solides. Environ 20 millions d'euros seront également disponibles pour les petites et moyennes entreprises égyptiennes ou détenues en partie par des capitaux égyptiens afin de leur permettre d'acquérir des biens et services espagnols. Dix millions d'euros seront encore dégagés sous la forme de donations pour financer des études soutenues par l'Espagne pour programmes publics et gouvernementaux. Les relations de l'Espagne avec la République démocratique du Congo, viennent également de connaître une amélioration avec un récent accord de coopération signé par son ministre des Affaires étrangères Moratinos et son homologue de la RDC Antipas Mbusu Nyamwisi. Cet accord vise les services sociaux de base et la protection des droits humains des groupes sociaux les plus vulnérables, comme les femmes et les enfants. Il vient en aide aux institutions locales en RDC. L'accord couvre également des domaines comme les soins de santé, l'éducation, les besoins en transports, ainsi que des collaborations dans le cadre de la protection de l'environnement, du développement durable et de la recherche scientifique et technologique. Il est prévu que cet accord de coopération démarrera après la mise en place d'une commission mixte, qui sera chargée, tous les quatre ans, de l'évaluation, de la planification et du suivi des programmes. L'Espagne considère la RDC comme un "pays qui nécessite une attention particulière". Dans son plan de coopération 2005-2008, l'aide à Kinshasa a été revue à la hausse, avec plus de 15 millions d'euros attribués en 2006. Outre ce montant, les gouvernements régionaux de Catalogne et de Navarre ont également décidé d'accorder à la RDC une aide, soit respectivement 2,5 millions et 1,23 million d'euros, alors qu'en 2004 à peine 30.000 euros avaient été investis en RDC par l'Agence espagnole pour la coopération internationale et le développement (AECI). L'Agence compte bien dans les cinq ans à venir être présente dans les trois régions de la RDC. Un bureau devrait ouvrir prochainement à Kinshasa et faciliter les relations entre les deux pays. Ses activités comprendront la gestion des projets de coopération, l'aide alimentaire ou l'aide d'urgence, mais également les subventions aux organisations non gouvernementales. L'une des compagnies espagnoles qui pourrait accroître sa présence en RDC est PROGOSA, l'une des plus grosses entreprises dans le domaine de la gestion des ports et des docks. Elle a signé un contrat d’expertise avec le gouvernement congolais d'une valeur de cinq millions d'euros, remporté sur des concurrents français, américains, canadiens et belges. Ce contrat permettra à PROGOSA de réaliser un audit sur les gares maritimes et les infrastructures ferroviaires en RDC. A cause de la guerre civile, les 11 ports et terminaux le long du fleuve Congo, ainsi que les 5.200 kilomètres de voie ferrée du pays, sont en piteux état. Suivant les résultats de cette étude, la compagnie espagnole devrait mettre au point un plan stratégique destiné à améliorer ces infrastructures.