NATIONS UNIES, 7 avr (IPS) – Les Nations Unies intensifient leurs efforts à l'échelle mondiale en vue de favoriser la création d'une nouvelle génération d'enfants qui seront nés sans le VIH/SIDA, une maladie qui a particulièrement dévasté des régions de l'Afrique subsaharienne.
Bien que la nouvelle soit "mitigée", parvenir à une "génération sans SIDA est possible", prévoit un nouveau rapport de l'ONU, publié jeudi dernier.
En 2007, environ 290.000 enfants de moins de 15 ans sont morts du SIDA, et 12,1 millions d'enfants en Afrique subsaharienne ont perdu un ou les deux parents du fait de cette maladie répandue. "Pour de millions d'enfants, le VIH et le SIDA ont carrément modifié l'expérience de la croissance", indique le rapport.
Et d'autres millions d'enfants subissent la pauvreté qui s'aggrave, l'abandon des classes et la discrimination en raison de cette épidémie".
L'enquête, intitulée "Les enfants et le SIDA", montre que l'année dernière, la plupart des 2,1 millions d'enfants de moins de cinq ans qui vivaient avec le VIH, le virus qui cause le SIDA, ont été infectés avant leur naissance, au cours de l'accouchement ou pendant l'allaitement.
Et de jeunes gens âgés de 15 à 24 ans représentaient environ 40 pour cent des nouvelles infections du VIH parmi toutes les personnes de plus de 15 ans.
"Les enfants et les jeunes gens d'aujourd'hui n'ont jamais connu un monde sans SIDA", a déclaré Ann M. Veneman, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). "Des milliers meurent à cause de la maladie chaque année, et des millions ont perdu des parents et des travailleurs sociaux. Des enfants doivent être au cœur du programme mondial sur le SIDA", a-t-elle dit. Selon cette étude, des enfants et adolescents sont les plus vulnérables aux infections au VIH, les moins armés pour se protéger contre elle, et ceux qui ont le plus d'intérêts à l'arrêter. Les origines de la campagne pour une génération sans SIDA remontent à un effort conjoint de l'ONU, appelé "S'unir pour les enfants, s'unir contre le SIDA", initié en octobre 2005.
L'étude de l'ONU, un effort en collaboration avec l'ONUSIDA, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF, réexamine les progrès réalisés et les défis restant dans quatre domaines clés appelés les 'Quatre P' : prévenir la transmission des mères aux enfants (PMTCT); fournir le traitement pédiatrique; prévenir l'infection au sein des adolescents et jeunes gens; puis protéger et soutenir les enfants affectés par le SIDA. Bien que des fossés de financement persistent, indique l'enquête, des gouvernements de même que des donateurs accordent plus de ressources aux efforts de prévention, de traitement et de protection. En 2007, environ 10 milliards de dollars ont été débloqués pour combattre le SIDA, contre 6,1 milliards de dollars en 2004. Enumérant les "progrès et réalisations", l'étude observe que la plupart des pays font des "progrès considérables" dans le domaine de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, en particulier en Afrique subsaharienne.
Dans des pays à revenus bas et moyens, la proportion des femmes enceintes séropositives recevant la prophylaxie anti-rétrovirale pour réduire le risque de transmission, a augmenté de 10 pour cent en 2004 à 23 pour cent en 2006.
"Ce qu'il faut remarquer, ce sont les progrès constants réalisés en Afrique orientale et australe, qui abritent la majorité des enfants qui sont nouvellement infectés", souligne l'enquête. "La priorité est actuellement de mettre en œuvre de nouvelles initiatives et d'augmenter proportionnellement celles qui ont été déjà expérimentées et se sont avérées efficaces". Le rapport demande d’agir dans quatre différents domaines : Premièrement, renforcer des communautés et familles dont le rôle est crucial dans chaque aspect d'une approche au SIDA basée sur les enfants; Deuxièmement, renforcer des systèmes de santé, d'éducation et du bien-être social qui sont importants pour des interventions efficaces en vue de soutenir les enfants affectés par le VIH et le SIDA; Troisièmement, intégrer les services pour la prévention de la transmission de la mère à l'enfant dans des programmes de soins de santé aux mères, nouveau-nés et enfants et; Quatrièmement, consolider les données et leur ampleur dans le but de faire des enquêtes sur les avancées et les insuffisances, puis renforcer l'engagement. Dr Peter Piot, directeur exécutif de l'ONUSIDA, déclare que d'importantes avancées ont été faites dans la satisfaction des besoins de traitement pour les enfants et dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
Toutefois, il reconnaît que "Beaucoup plus doit être fait pour prévenir le VIH au sein des jeunes gens et adolescents si nous voulons opérer un changement très important en direction de la pandémie".

