DEVELOPPEMENT: Bush visite le Bénin depuis l'aéroport, mais que d'honneur!

COTONOU, 18 fév (IPS) – Le président George W. Bush n'a passé que trois petites heures au Bénin samedi dernier, trois heures passées seulement dans l'enceinte de l'aéroport international de Cotonou, la capitale économique. Mais pour les Béninois, c'est un grand honneur pour leur pays, même si la majorité n'a suivi l'événement qu'à travers la télévision.

Selon Mariam Aladji Boni Diallo, conseillère spéciale aux affaires diplomatiques du chef de l'Etat béninois, "c'est un très grand honneur pour le Bénin d'accueillir le président Bush, et les Béninois lui ont démontré qu'il ne s'est pas trompé en choisissant de venir chez eux". Pour Moussa Okanla, ministre béninois des Affaires étrangères, "c'est déjà une bénédiction que le président Bush puisse atterrir au Bénin et discuter pendant trois heures avec les autorités béninoises". Même sentiment de satisfaction chez l'ambassadeur des Etats-Unis au Bénin, Gayleatha Brown : "C'est un grand honneur pour moi personnellement en tant qu'ambassadeur de recevoir ici au Bénin le président de mon pays. Mais c'est aussi un honneur pour le peuple béninois de recevoir le président George Bush". Et pour le président du Bénin, Boni Yayi, "La visite de ce jour est un acte d'amour, un acte de haute portée à l'égard de la nation béninoise, de son peuple et de sa démocratie". La joie du chef de l'Etat béninois est d'autant plus grande que les initiatives des Etats-Unis en faveur de son pays, qu'il a énumérées au cours de la visite, sont nombreuses et variées. Il s'agit essentiellement du 'Millénium Challenge Account' (MCA), d'un montant global d'environ 307 millions de dollars, dont 42 millions de dollars sont déjà engagés depuis un an. Le programme du MCA en cours d'exécution par le Bénin comprend un volet "accès au foncier", un volet "accès aux marchés" qui inclut l'amélioration des installations du port de Cotonou, un volet "accès à la justice" et un volet "accès aux services financiers".

Il s'agit également de l'initiative pour l'éducation en Afrique, mais aussi de la nouvelle initiative internationale pour l'éducation de base à travers lesquelles le Bénin a bénéficié respectivement d'une allocation de deux millions de dollars et de quatre millions de dollars au titre de l'année 2008. Ces initiatives apportent, entre autres, un appui à la scolarisation des jeunes filles. Pendant le bref séjour de Bush, son épouse Laura a rencontré un groupe de filles bénéficiant de ce projet et a échangé des idées avec elles en compagnie de Chantal Yayi, la femme du président béninois. Il y a en outre l'initiative de lutte contre le paludisme d'un montant de 45 millions de dollars. "Je n'oublierai pas le plan d'urgence de lutte contre le VIH/SIDA pour une contribution annuelle de un à cinq millions de dollars américains octroyés au Bénin", a déclaré le président Yayi au cours d'une conférence de presse au terme de l'entretien entre les deux dirigeants. Boni a cité également l'initiative en matière de justice et d'autonomisation des femmes, d'un montant de six millions de dollars par an sur une période de trois ans. Le Bénin était déjà élu depuis 2004 pour bénéficier des avantages de la loi AGOA qui facilite les exportations africaines aux Etats-Unis. Le Bénin exporte vers les Etats-Unis principalement des textiles et des produits de l'artisanat dans.

Par ailleurs, les actions de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), ont également permis, selon Yayi, une amélioration notable des indicateurs sociaux dans les secteurs de la santé dont les subventions totales à ce jour s'élèvent à 65 millions de dollars, et le secteur de l'éducation de base dont la subvention totale s'élève actuellement à 158 millions de dollars. Entre 2004 et 2007, le Bénin a également bénéficié de 2 millions de dollars au titre de la coopération militaire pour renforcer les capacités de ses troupes prenant part aux différentes missions de maintien de la paix dans le monde. Cette année, les Etats-Unis ont octroyé une subvention de 200.000 dollars au Bénin pour la sécurisation et la surveillance de ses frontières maritimes. A l'évocation de cette longue liste de projets et d'initiatives en faveur du Bénin, Bush a répondu à Yayi : "Nous croyons en votre vision, et nous vous accompagnons dans votre volonté de lutter contre les maladies et la pauvreté qui affectent l'humanité. Vous avez mentionné les dons que nous avons faits à l'endroit de votre pays, mais ces dollars sont donnés avec énormément de compassion car nous sommes affectés quand nous voyons les gens souffrir". Les discussions des deux hommes ont également porté sur la question du coton, chère aux pays africains producteurs comme le Bénin, dont près de la moitié de la population, selon le président Yayi, vit de la culture de ce produit. "Le président Bush nous encourage à diversifier aujourd'hui nos productions agricoles pour ne pas dépendre exclusivement du coton. Il nous a également conseillés de tout faire pour apporter une valeur ajoutée à notre production cotonnière et d'en faire une vision déclinée en volonté politique et en stratégies", rapporte le chef de l'Etat béninois. Sur la question des subventions américaines aux agriculteurs, a indiqué Yayi, le président Bush a estimé que "si l'Europe bouge, si la Chine bouge, si l'Inde bouge, l'Amérique aussi va bouger. Mais moi, je lui ai rappelé que lorsque j'ai discuté avec les pays européens, ils m'avaient dit que si l'Amérique bouge, eux aussi allaient bouger. Alors, je lui ai répondu que je souhaite que la grande Amérique soit la première à bouger", a-t-il ajouté. Et Bush de répondre à Yayi : "Si nous levons les subventions, nous voulons aussi avoir accès aux marchés des autres pays, c'est tout".