ENVIRONNEMENT: Levées de boucliers contre la Société financière internationale

WASHINGTON, 14 sep (IPS) – La Société financière internationale (SFI) fait face à de vives critiques depuis quelques jours au moment où les efforts en vue réduire les dégâts occasionnés par d’importants projets miniers entrent dans une nouvelle phase.

Sont en cause, les mises à jour des directives environnementales, sanitaires et sociales de la branche du secteur privé de la Banque mondiale. Des groupes écologistes et certaines organisations internationales clament que les modifications ne proposent pas de normes adéquates dans des domaines aussi critiques que la contamination de l’eau ou la gestion des déchets toxiques. De plus, ils mettent en cause la redistribution des bénéfices de l’activité minière dans les pays pauvres. Les organisations les plus critiques sont la World Wildlife Fund, Oxfam, Earthworks, la Bank Information Centre et le Centre for Science in Public Participation. Ces directives s’appliquent essentiellement à des projets financés par la SFI, mais parce qu’elles énoncent des bonnes pratiques internationales, elles joueront le rôle de norme vis-à-vis des industries. En tant que tel, ces directives jouiront d’une autorité qui ira bien au-delà de la modeste présence financière de la SFI dans le monde minier. C’est ce qui a mis la SFI sous une pression constante de la part de l’ensemble des acteurs, des écologistes aux communautés locales en passant par les exploitants. Malheureusement, les compromis ne sont pas toujours évidents à trouver. Les modifications proposées concernent la préservation et la qualité de l’eau, l’évacuation des acides, la protection des nappes aquifères, le traitement des déchets de roche et des minerais sans valeur, aussi appelés résidus. Mais selon les critiques, si un projet ne répond pas aux normes pour approbation par la SFI, la décision reviendrait alors à l’examinateur du projet, et ce niveau de décision ne protège ni les communautés, ni les pays, ni les compagnies, ajoutent les ONG protestataires. Pour les opposants de l’industrie minière, l’extraction de richesses naturelles est souvent considérée comme une malédiction. Elle ne contribue ni au développement économique, ni à la réduction de la pauvreté, mais elle provoque par contre des crises sanitaires et environnementales ainsi que des conflits armés. L’exemple du Nigéria est le plus souvent cité. Pourtant, le Botswana ou le Chili ne sont pas de cet avis. Et si on remonte plus loin dans l’histoire, les mines en Australie, au Canada et aux USA ont joué un rôle clé dans le développement de l’économie de ces pays. La Banque mondiale avait elle-même conclu en 2004 qu’il fallait un effort accru pour associer la réduction de la pauvreté à ces projets miniers. Ce n’est pas parce qu’on génère des emplois et des revenus qu’on contribue à un développement durable. Paradoxe de l’opulence…