DEVELOPPEMENT: L'extrême pauvreté diminue en Afrique subsaharienne – ONU

BRUXELLES, 2 juil (IPS) – L'extrême pauvreté, autrement dit le nombre d'individus vivant avec moins d'un dollar par jour, est en diminution en Afrique subsaharienne, indique le rapport 2007 des Nations Unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) publié ce lundi à New York.

Toutefois, cette diminution ne permettra pas à la région d'atteindre l'objectif fixé par les Etats membres des Nations Unies à l'aube du nouveau millénaire et qui vise à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre d'individus souffrant de la faim et de l'extrême pauvreté dans le monde, soulignent les auteurs du rapport. Malgré la croissance démographique, le nombre d'habitants vivant dans l'extrême pauvreté en Afrique subsaharienne est passé de 46,8 pour cent de la population en 1990 à 41,1 pour cent en 2004. Depuis 2000, la croissance économique de 23 pays de la région frôle en outre les deux pour cent l'an, affirme le document. Chaque année, l'ONU dresse un bilan des progrès ou des retards enregistrés par rapport aux huit objectifs de développement décidés en 2000 par tous ses membres. Outre la lutte contre la faim et l'extrême pauvreté, les OMD visent entre autres à assurer une éducation primaire à tous les enfants de la planète. Dans les pays en développement, 88 pour cent des enfants étaient inscrits dans une école primaire en 2004-2005, constate le rapport, contre 80 pour cent en 1990-1991. Malgré cette progression, beaucoup d'enfants ne parviennent toujours pas à terminer leur cycle primaire, principalement les petites filles et les enfants habitant dans les zones rurales, déplore l'ONU. En 2000, ses Etats membres ont également décidé de réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans et de trois quarts le taux de mortalité maternelle. Ce dernier objectif semble demeurer l'un des plus difficiles à atteindre, indique le rapport annuel. Chaque année, plus d'un demi-million de femmes décèdent encore de maladies ou d'infections liées à la grossesse ou l'accouchement. En Afrique subsaharienne, une femme possède une chance sur 16 de mourir à la suite de complications survenues au cours de l'accouchement, contre une chance sur 3.800 dans les pays riches et industrialisés. Selon l'ONU, un quart des décès en couche pourraient être évité si les femmes avaient la possibilité de prévoir ou d'étaler leurs grossesses grâce à des programmes de contraception. D'ici à 2015, le monde s'est également engagé à fournir au plus grand nombre un accès à l'eau potable et à des installations sanitaires dignes de ce nom. Or, près de 1,6 milliard d'individus à travers le monde n'y ont toujours pas accès, déplore le rapport. Si la tendance actuelle se poursuit, les Etats membres de l’ONU risquent également de passer à côté de cet objectif, annoncent les auteurs du document. Malgré une note plutôt positive en faveur de l'Afrique subsaharienne en matière de réduction de l'extrême pauvreté, le rapport annuel des Nations Unies est donc relativement pessimiste quant au succès des huit OMD. Une section du document pointe du doigt les donateurs internationaux et les pays riches qui n'ont pas été en mesure de respecter leur engagement en faveur des pays pauvres, note également le rapport. En réalité, l'aide publique aux pays en développement est aujourd'hui en grande partie marquée par les opérations de remise de dette, selon des ONG. Sans ces allégements, l'aide internationale a diminué de 1,8 pour cent entre 2005 et 2006. Pourtant, au cours de l'année 2005, les sept pays les plus industrialisés de la planète plus la Russie (G8) avaient promis de doubler leur aide aux pays pauvres d'ici à 2010, rappelle l'ONU.