GENEVE, 20 mars (IPS) – On pourrait neutraliser les pays saboteurs du nouveau Conseil des droits de l'Homme par la transparence des “promesses électorales” et l'examen des réalisations de chaque pays, estime Louise Arbour, la Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU.
“Il s'agit bien sûr d'un compromis obtenu après de très longues et difficiles négociations. Mais c'est un compromis dont on doit se féliciter”, explique Arbour. La Haut-commissaire aux droits de l'Homme n'a pas caché aux journalistes son “enthousiasme” au sujet du nouveau Conseil des droits de l'Homme qui sera inauguré le 19 juin à Genève. Il remplacera l'ancienne Commission des droits de l'Homme.
Pour Arbour, le vote massif des Etats membres à New York, la semaine dernière, marque “un changement de culture”, qui offre l'opportunité d'un renouveau dans le respect des droits de l'Homme. Elle souligne les réactions “très positives dans tous les milieux”. Malgré leurs objections de principe, les Etats-Unis ont indiqué vouloir être partie prenante du nouvel organe et contribuer à ses travaux, a-t-elle indiqué.
Que va devenir la Commission des droits de l'Homme, qui doit reprendre cette semaine ses travaux? Ses dossiers en suspens seront transférés au Conseil. “Il n'y aura pas de vide, mais inévitablement un retard sur certains sujets”, répond la Haut-commissaire. La Commission devrait au moins adopter un projet de convention sur les disparitions forcées.
Arbour ajoute que le processus d'élection des membres du futur Conseil, le 9 mai prochain, mettra en jeu les engagements des Etats candidats à promouvoir les droits de l'Homme à l'intérieur comme à l'extérieur. Ils seront ainsi soumis au regard attentif du public et des organisations non gouvernementales de défense des droits humains. Elle juge “inacceptable” que des Etats se portent candidats avec “un comportement laissant prévoir qu'ils veulent saboter” le fonctionnement du nouvel organe.
En quoi le futur Conseil pourra-t-il éviter ces sabotages? “L'examen périodique universel est une avancée majeure”, affirme Arbour. Selon elle, 60 Etats pourraient passer chaque année à la loupe, chaque pays devant ainsi, tous les trois ans, rendre des comptes transparents. Y compris face à la presse et à l'opinion publique — nationale comme internationale.
A la question de savoir si ce ne sont pas des vœux pieux, Arbour répond : “Nous en sommes tout au début… et c'est là le grand défi du nouvel organe! *(Daniel Wermus est journaliste à InfoSud, une agence de presse suisse basée à Genève. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre InfoSud et IPS).

