JOHANNESBURG, 29 août (IPS) – Un sondage publié la semaine dernière a révélé un optimisme au sujet des perspectives d'affaires dans la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
Et ce, en dépit du fait que la région lutte contre d'importantes pénuries alimentaires, et suscite des inquiétudes au sujet de la gouvernance dans plusieurs pays. Les résultats du deuxième sondage annuel de la SADC sur le Climat régional des affaires ont été rendus publics le 23 août dans la capitale économique sud-africaine, Johannesburg. L'étude a pris en compte 541 entreprises localisées dans les 14 pays membres – contre 333 firmes dans neuf pays de la SADC l'année dernière (le sondage de 2004 était considéré comme un projet pilote). Le sondage de 2005 a évalué la confiance dans les affaires en Afrique australe sur une période d'un an commençant en mars de cette année. Il s'est concentré principalement sur le secteur industriel; d'autres secteurs de l'économie comme l'agriculture et le secteur tertiaire, comptent seulement pour 20 pour cent des sondés. "Les performances habituelles sont bonnes dans tous les secteurs, les meilleures étant l'industrie du métal, la machinerie, les véhicules et le secteur industriel de transformation dans les pays de la SADC", a déclaré aux journalistes, Brian Mtonya de l'Association des Chambres de commerce et d'industrie de la SADC, au lancement de l'étude. Madagascar, une île de l'océan Indien, réadmis à la SADC le mois dernier, après une absence de plusieurs années, "est perçu comme un marché attractif pour certains produits manufacturés, notamment les produits chimiques, les médicaments et les plastiques", a indiqué Mtonya. "Cependant, la plupart des personnes sondées ne connaissent pas encore les opportunités et le potentiel du marché de Madagascar". Le sondage a également révélé que 41,2 pour cent des sondés avaient des programmes en place pour lutter contre le VIH/SIDA sur le lieu de travail – et 62 pour cent reconnaissaient que la pandémie avait un effet sur leur entreprise. Sur le plan mondial, l'Afrique australe est la région la plus affectée par le SIDA. Des défis restent, toutefois, à relever. "Parmi les 19 obstacles aux activités commerciales identifiés au sein de la SADC, les fluctuations des taux de change restent le plus grand défi de la région", a souligné Douglas Reissner de la Chambre de commerce et d'industrie de la Namibie, le 23 août. Ces arguments ont été repris par Christophe Stork, chercheur principal à l'Unité de recherche de politique économique de la Namibie. "Les fluctuations du taux de change affectent des monnaies faibles de pays comme l'Angola, la République démocratique du Congo ou le Zimbabwe. Elles affectent également des monnaies fortes de pays comme l'Afrique du Sud et la Namibie", a-t-il dit à IPS. En d'autres occasions, des commerçants estiment qu'ils ne peuvent pas du tout échanger leur monnaie contre les monnaies d'Etats voisins. "Un promoteur qui quitte, par exemple, la Zambie pour le Zimbabwe, avec le kwacha, n'obtiendra pas de devise étrangère : le kwacha n'a pas cours légal au Zimbabwe. La situation est la même dans autres pays de la SADC où existent des règles en matière de change", a dit à IPS, Justin Chisulo, de l'Association des chambres de commerce et d'industrie, dans un entretien. Cela présente d'énormes difficultés pour des milliers parmi les pauvres négociants transfrontaliers en Afrique australe, qui compte environ 200 millions d'habitants. "Cela devient un embêtement et le promoteur n'exportera pas. Il préfèrera faire ses affaires chez lui, plutôt que de traverser la frontière", ajoute Chisulo. Il a indiqué que des plans étaient en cours pour harmoniser les monnaies de la région. Toutefois, cela est programmé pour se réaliser seulement en 2016, selon un rapport publié le mois dernier par le secrétariat de la SADC, situé dans la capitale du Botswana — Gaborone. Selon l'étude, d'onéreuses procédures douanières continuent également de constituer des barrières au commerce au sein de la SADC. "Ces questions doivent être abordées avec le plus grand sérieux, en vue de développer et faire prospérer le commerce régional, avec son impact ultérieur sur la réduction des tarifs, l'accroissement des fusions et des activités d'acquisition, ainsi que la résultante d'un 'commerce juste', parmi tant d'autres implications", observe l'étude. Dans le même sens, les législations liées aux visas sont perçues comme un obstacle à la croissance économique régionale. "Les législations liées au visa…devraient être allégées pour donner un coup de pouce au commerce", note Stork. Selon Reissner, les résultats positifs du sondage ont des implications d'une grande envergure. "Ce sondage est très important pour les milieux d'affaires de la région..
Il est également pris au sérieux par des investisseurs étrangers", a-t-il ajouté.

