LAGOS, 11 déc. (IPS) – Le gouvernement du président Olusegun Obasanjo a promis une exonération fiscale et une réduction tarifaire de 2,5 pour cent aux firmes locales et étrangères désireuses de se lancer dans la culture à grande échelle du maïs, du blé et du riz au Nigeria.
"L'objectif essentiel est d'assurer l'autosuffisance en matière de production et de sécurité alimentaires", affirme Julius Bala de la Commission nigériane pour la promotion de l'investissement.
Selon lui, le gouvernement est décidé à accroître les activités d'exploitation commerciale, à améliorer le stockage et la transformation des produits agricoles et à arrêter les pertes de l'après récolte.
Le Nigeria produit 500 millions de tonnes de maïs par an. Des statistiques montrent que les pays en développement cultivent environ 83 millions d'hectares et produisent 215 millions de tonnes sur la production mondiale de maïs. Une grande partie du maïs cultivé par des exploitants agricoles pourrit à cause du mauvais stockage.
Le maïs est consommé comme céréale en flocons dans le sud et comme denrée de base dans le nord du Nigeria.
Depuis le début de cette année, le gouvernement s'est lancé dans une politique pour ramener le Nigeria — qui tire 90 pour cent de ses recettes d'exportation de revenus pétroliers — sur la voie de l'agriculture pour le sauver de pénuries alimentaires imminentes. Pour montrer son sérieux, le gouvernement a approuvé une réduction du taux d'intérêt de moins de huit pour cent accordé aux producteurs de coton afin d'augmenter la production locale et l'exportation.
Le Nigeria, avec une population de 120 millions d'habitants, s'est également lancé dans une série de mesures pour accroître la production du riz.
L'importation de riz a coûté au Nigeria plus de 600 millions de dollars US depuis le début de l'année, selon des statistiques officielles.
Au nombre des mesures pour accroître la production du riz, figurent la mise en place d'une commission ministérielle composée des ministres du Commerce, de l'Industrie et des Finances, ainsi que les vice-gouverneurs des Etats producteurs de riz : Adamawa, Benue, Kebbi, Niger, Akwa Ibom, Bayelsa, Ebonyi, Enugu et Ogun.
La commission assistera les agriculteurs par la mise en vente à temps des semences améliorées, la fourniture appropriée des variétés améliorées de plants de riz aux agriculteurs et la mise en contact de toutes les parties prenantes pour oeuvrer à la réalisation d'un objectif commun.
Le gouvernement veut également assurer la consommation de protéine par une production accrue de produits laitiers et du poisson. Les nouvelles compagnies désireuses de se lancer dans la laiterie intégrée, la pêche au chalut en eau profonde ainsi que la transformation et la production des filets de pêche à partir des matières premières locales, auront également droit à une exonération fiscale. Le Nigeria dépense 27 milliards de Nairas (environ 270 millions de dollars US) par an pour importer le poisson afin de satisfaire la demande locale. Le développement de l'aquaculture a stagné entre 17.000 et 25.000 tonnes par an.
Adamu Bello, ministre de l'Agriculture et des Ressources naturelles, a vivement conseillé au Nigeria de développer une expertise et une technologie améliorée pour réduire la lourde facture des importations de produits alimentaires.
Le gouvernement a également promis d'accorder aux entreprises industrielles qui produisent des intrants, comme les semis, la machinerie et les engrais, une période d'exonération fiscale de cinq à sept ans.
Elles bénéficieront également des avantages de l'implantation de leurs firmes dans la zone franche et la zone d'exportation. En plus de cela, elles bénéficieront de la prime de réinvestissement accordée pour encourager le développement de la capacité de production, la modernisation des installations, la diversification dans les produits annexes ainsi que la libéralisation de l'acquisition de terre pour une agriculture à grande échelle.
La Commission nigériane pour la promotion de l'investissement (NIPC), qui a organisé un séminaire à Lagos la semaine dernière pour attirer des investisseurs étrangers, en particulier les Français, a assuré que le gouvernement protègerait les investisseurs contre les risques. "Le gouvernement signera un accord bilatéral de promotion et de protection de l'investissement qui fournit un cadre légal pour la protection de l'investissement étranger au Nigeria", souligne-t-elle.
"La NIPC, une agence gouvernementale, offrira également des primes spéciales, l'entretien de l'investisseur, la préparation des études du secteur agricole et des profils pour des compagnies françaises désireuses de venir au Nigeria", poursuit Bala.
Le gouvernement a en outre promis un transfert inconditionnel des profits; une subvention à la recherche et au développement de près de 120 pour cent des dépenses; une formation continue interne de deux pour cent pendant cinq ans; un investissement sur l'infrastructure à hauteur de 20 pour cent du coût.

