SMDD: Des tonnes de déchets solides laissées derrière par les délégués

JOHANNESBURG, 10 sept (IPS) – Le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) – tenu pour trouver les voies et moyens d'alléger la pauvreté mondiale tout en protégeant l'environnement – a produit environ 331 tonnes de déchets solides, selon l'initiative "Verdir le SMDD".

Le lendemain du sommet jeudi (5 septembre), on pouvait voir des travailleurs en train d'enlever d'énormes sacs blancs de papiers, des boîtes et des gobelets, tandis que d'autres balayaient les ordures qui s'étalaient jusque dans les rues devant les lieux utilisés par le SMDD.

L'initiative "Verdir le SMDD" était un effort pour s'assurer que le sommet était organisé d'une façon responsable sur le plan environnemental et qu'il n'endommageait pas les ressources naturelles de la ville hôte, Johannesburg.

C'est la première fois qu'un effort a été fait pour minimiser l'impact environnemental d'une grande conférence des Nations Unies.

Pendant toute la durée le sommet, l'initiative a évalué les déchets générés, ainsi que l'eau et l'énergie utilisées, dans cinq grands endroits, par plus de 40.000 délégués. Les délégués étaient au Centre de convention Sandton, où se sont déroulés les pourparlers officiels du gouvernement; Ubuntu Village, où les exhibitions du SMDD étaient présentées; le Forum mondial où la société civile internationale se rencontrait; l'Hôtel Hilton où les hommes d'affaires se réunissaient; et le Crowne Plaza Hôtel où les représentants du gouvernement local se retrouvaient.

Sur les 331 tonnes de déchets générés par le sommet, 24 pour cent – ou 76,4 tonnes – ont été recyclées. Membre du Conseil exécutif pour la Province de Gauteng, Mary Metcalfe, a qualifié le taux de recyclage de "louable, lorsqu'on le compare à la norme de recyclage de la province qui est de cinq pour cent".

Gauteng est la province sud-africaine qui a abrité le SMDD.

Metcalfe a également indiqué qu'on ne pouvait pas raisonnablement espérer que le sommet soit entièrement soucieux de l'environnement, et que l'initiative "Verdir le SMDD" visait seulement à réduire l'impact de la réunion sur les ressources naturelles de la province et à accroître la prise de conscience du public de la nécessité de recycler les déchets.

Selon Metcalfe, Gauteng produit environ cinq millions de tonnes de déchets par an et les autorités locales dépensent à peu près 1,6 milliard de rands pour la collecte et l'élimination des déchets. Si nous arrivons à faire passer le pourcentage des déchets recyclables – de cinq pour cent à 25 pour cent – alors les initiatives du sommet auraient laissé un héritage vraiment précieux", a-t-elle expliqué.

Un dollar US équivaut à 10,50 rands.

Selon l'initiative, la consommation d'eau et d'énergie ainsi que la production de déchets sur les lieux du sommet sont montées jusqu'à 127 pour cent, au-dessus des niveaux normaux, avant de passer à une moyenne de 58 pour cent durant les derniers jours du sommet.

L'initiative estime également que le sommet a généré environ 290.000 tonnes de dioxyde de carbone, qui est nuisible à l'atmosphère. Les émissions ont été générées surtout par les délégués arrivant à Johannesburg et par l'utilisation de l'essence et de l'énergie, au cours de leur voyage et de leur séjour dans la ville.

Le "Johannesburg Climate Legacy Project" (JCL) — qui fait partie de l'initiative "Verdir le SMDD" — est un effort pour amener les délégués, les sociétés et les gouvernements, qui participent au sommet à "compenser" les émissions qu'ils génèrent, en investissant dans des projets qui ne consomment pas beaucoup d'énergie.

On a demandé aux délégués d'acheter des certificats JCL et l'argent recueilli sera utilisé pour équiper des communautés pauvres de technologie d'éclairage et de chauffage ne consommant pas beaucoup d'énergie. Dans plusieurs cas, la nouvelle technologie remplacera les feux de charbon et de bois ou d'autres sources de chauffage et d'éclairage consommant beaucoup d'énergie. Les émissions de carbone, les économies de la nouvelle technologie, seront soustraites du carbone généré par les délégués au sommet pour rendre leur voyage neutre en matière de carbone".

L'un des projets proposés est l'équipement de l'Hôpital Chris Hani Baragwanath d'Afrique du Sud – le plus grand dans l'Hémisphère sud – de systèmes d'éclairage, de chauffage et d'eau consommant peu d'énergie. La technologie proposée réduira le carbone émis par l'hôpital et l'argent qu'il économisera dans les frais énergétiques pourra être réinjecté dans les soins aux malades.

Le JCL a réuni environ 350.000 dollars US pour des projets consommant peu d'énergie en combinaison avec d'autres initiatives pour compenser près de 40.000 tonnes d'émissions de dioxyde de carbone.

Selon le coordonnateur régional du Projet Environnement mondial du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Nik Sekhran, on craint de plus en plus que les grandes conférences ne nuisent à l'environnement. En 2001, près de deux millions de personnes ont pris part à environ 9.000 réunions et ateliers dans 40 pays, a-t-il ajouté.

Si les leçons retenues de "Verdir le SMDD" pouvaient être mises en application à travers le monde, elles pourraient empêcher beaucoup de nuisance à l'environnement global.

L'initiative envisage d'élaborer un rapport de ses expériences et de le donner aux Nations Unies et à d'autres institutions qui organisent de grands événements.