GENEVE, 12 fév. (IPS) – Les pays du Sud se concertent pour
adopter une
position commune ferme, en prévision de la dixième Conférence
des Nations
Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED-X) qui se
tiendra à
Bangkok en Février de l'an 2000.
Le Groupe des 77 (G-77), véritable avocat des pays en
développement membres
des Nations Unies, espère présenter une proposition "unie et
plus solide"
que celle qui a été présentée à la neuvième conférence de la
CNUCED.
“Une position unie nous est plus que jamais indispensable,
compte tenu de la
nature du programme de la conférence de l'année prochaine qui se
focalisera
sur les "effets contradictoires" de la mondialisation”,
indique une source
anonyme proche du G-77.
Lors de la dernière conférence tenue en 1996 à Midrand en
Afrique du sud,
les blocs régionaux – l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine
(les Caraïbes)
– ont eu des positions divergentes sur plusieurs points, selon
la source.
Cette semaine, les pays en développement ont commencé à discuter
de la
position qu'ils prendront à Bangkok. Le texte final de la
proposition du
G-77 sera approuvé lors de la conférence ministérielle du bloc à
Marrakech
(Maroc) en Août.
Le débat s'est intensifié vendredi dernier, après l'approbation
du programme
provisoire de la CNUCED-10 qui est actuellement soumis à
l'appréciation de
la Commission de Commerce et de Développement de cette agence
des Nations
Unies.
Les pays industrialisés veulent que la conférence de Bangkok
reconnaisse que
les effets de la mondialisation sont variés et qu'elle n'a pas
réussi à
réduire les disparités économiques entre les pays.
La conférence de Bangkok s'articulera autour du thème des "
Stratégies de
Développement dans un Monde de plus en plus Interdépendant :
Appliquer les
Leçons du Passé pour faire de la Mondialisation un Instrument
efficace du
Développement de tous les Pays et de tous les Peuples".
En se référant aux conséquences de la mondialisation, le
programme
provisoire de la CNUCED-10 mentionne l'émergence de certaines
tensions et de
certains déséquilibres de nature systémique.
Le document affirme que dans les nouvelles circonstances créées
par la
mondialisation, il y a un plus grand risque de désordre
financier qui, en
raison de l'effet de contagion, se répand dans plusieurs pays et
régions.
Le programme de la CNUCED-10 recommande que la conférence
réfléchisse aux
stratégies et politiques susceptibles d'offrir, dans des
conditions
équitables, le maximum de chance d'intégration dans l'économie
mondiale à
tous les pays en général et aux pays en développement, en
particulier.
Ces politiques devraient aussi veiller au risque de
marginalisation
croissante, ajoute le programme.
L'ambassadeur marocain Nacer Benjelloun-Toumi, président du
comité du G-7
chargé de la préparati la CNUCED-X, pense que la conférence de
Bangkok
doit aussi discuter des préparations faites en vue des
négociations
commerciales multilatérales dont l'ouverture est prévue pour
l'année prochaine.
La CNUCED devrait contribuer au "développement d'un programme
positif pour
les pays en développement", a-t-il-dit.
Selon Benjelloun-Toubi, parmi les questions susceptibles
d'intéresser le
G-77 figurent l'investissement et la concurrence, les fonds de
développement, la remise de dettes et l'aide publique au
développement
(APD), la stabilité des flux financiers internationaux, les
réformes du
système financier international, la facilitation et l'efficacité
du commerce.
Les autres priorités du G-77 sont le commerce des biens et
services, les
marchandises, le commerce et l'environnement, les préférences
commerciales,
les nouvelles technologies de l'information et les nouveaux
services de
l'activité économique ainsi que d'autres tendances émergeant
dans le
commerce, les finances et le développement, le développement et
la
compétitivité de l'entreprise ainsi que le transfert de
technologie.
Le programme provisoire de la conférence de Bangkok a été
élaboré après
'd'intenses négociations", selon un communiqué de presse de la
CNUCED.
Mais, les représentants de toutes les régions ont finalement
soutenu le
texte, parce qu'il constitue un point de départ favorable pour
le processus
préparatoire de la CNUCED-X.
Au nom de l'Union Européenne, l'Ambassadeur Allemand Karl Walter
Lewalter a
déclaré qu'il espère que la CNUCED-10 fournira une base solide
qui permettra
à chacun d'affronter les défis du 21ème cycle.
Au nom de l'Amérique latine et des pays des Caraïbes,
l'Ambassadeur de
l'Urugay, Carlos Perez del Castillo, a affirmé que les profonds
changements
observés dans l'économie mondiale nécessitent un large cadre de
référence à
la CNUCED.
Les pays d'Amérique latine et des Caraïbes veulent surtout que
la CNUCED
soit rationalisée, que son mandat soit élargi et qu'elle soit
plus utile aux
pays en développement, souligne une source émanant du bloc
régional.
L'Ambassadeur du Bangladesh, Iftekhar Chowdhury, prévient que
les désordres
qui minent l'économie mondiale menacent d'aggraver la
marginalisation du
bloc des pays moins avancés.
Après avoir approuvé le programme provisoire, Chowdhury a ajouté
que les
préparatifs de la CNUCED-10 et de la Conférence des Nations
Unies sur les
pays moins avancés, prévues pour l'an 2001, devraient se
supporter et se
compléter mutuellement.

