CORNE DE L'AFRIQUE: L'Erythrée Sommée D'Evacuer Les Civils Des Zones de Combat

ADDIS ABEBA, 12 fév. (IPS) – L'Ethiopie vient de sommer
l'Erythrée d'évacuer
les populations civiles des zones de combat, afin d'éviter de
faire d'elles
des victimes innocentes du conflit qui a éclaté le 6 Février.

Cet avertissement a été adressé aux autorités d'Asmara suite à
la mort
accidentelle de cinq civils érythréens, apparemment victimes des
raids
aériens du 9 Février. L'Ethiopie avait alors exprimé ses
regrets.
"Les autorités érythréennes n'auraient jamais dû laisser les
populations
civiles s'établir dans les zones de combat, même pour le plus
court laps de
temps", indique un communiqué rendu public par le gouvernement
éthiopien hier.
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a exhorté les deux pays
mercredi à
mettre fin immédiatement aux hostilités et à poursuivre les
efforts
diplomatiques en vue de régler leur différend.
Une résolution du Conseil condamne la résurgence du conflit
entre ces deux
pays voisins et demande à la communauté internationale de cesser
de leur
vendre des armes et des munitions.
Dans leur résolution, les Nations Unies signalent que l'accord-
cadre
approuvé par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) est la
base viable
d'une résolution pacifique du conflit.
Mercredi, lors d'un entretien avec des journalistes à Addis
Abeba, le
Ministre éthiopien des Affaires Etrangères, Seyoum Messfin, a
déclaré :
L'Ethiopie est prête à respecter l'accord-cadre de l'OUA
qualifié de “juste”
et “équilibré” par le Conseil de Sécurité".
Il estime que l'Erytrée a accepté le plan, "après avoir traîné
les pieds
pendant un moment".
"L'Erythrée a donné sa réponse finale au plan de paix de l'OUA
le 6
Février – après avoir violé le moratoire sur les frappes
aériennes le jour
précédent. Ce jour-là, elle a déclenché une offensive militaire
de grande
envergure sur le front de Badme-Shirago, en imposant de facto la
guerre à
l'Ethiopie qui n'avait d'autre choix que d'exercer son droit à
l'autodéfense. Ce droit est garanti à tous les Etats souverains
par
l'Article 51 de la Charte des Nations Unies", a expliqué le
Ministre
éthiopien.
Messfin pense "que l'usage de la force par l'Erythrée dénote
son intention
de créer un nouveau scénario qui rendrait caduc le plan de paix
de l'OUA".
Mais nous ne pouvons permettre à un tel scénario d'aboutir",
s'est exclamé
Messfin.
Les deux pays s'étaient brièvement affrontés en Mai 1998 dans la
zone
conflictuelle située tout au long de leur frontière commune de
1000
kilomètres. Plus de 1000 personnes avient été tuées des deux
côtés.
Pour se défendre, l'Erythrée accuse l'Ethiopie d'avoir déclenché
les hostilités.
Ces allégations n'ont pas été confirmées de sources
indépendantes, parce
qu'on a interdit aux journalistes l'8s à la zone de conflit,
malgré la
férocité des combats qui s'y déroulent.
Selon la radio nationale éthiopienne, les forces armées
éthiopiennes ont
capturé les villes-garnison érythréennes de Konin et de Konito
cette semaine.
Un porte-parole du gouvernement éthiopien a affirmé que la
victoire de
l'armée de l'air éthiopienne a été rendue possible grâce à
l'usage
d'hélicoptères. "Les forces éthiopiennes ont démoli une station
radar
érythréenne à cinq kilomètres au Sud de la ville septentrionale
d'Adi Quala,
et causé d'énormes dégâts". Il n'a pas donné plus de détails.
Cette semaine, un communiqué du Ministère érythréen des Affaires
étrangères
a annoncé que plus de 250 soldats éthiopiens ont été tués et 100
autres
capturés le long du front Mereb Setit le 7 Février.
Mohamed Sahnoun, l'envoyé spécial des Nations Unies, qui fait la
navette
entre Addis Abeba et l'Erythrée pour tenter de calmer la
tension, signale
que l'actuel conflit représente un grand danger parce que les
deux parties
ont renforcé leurs arsenaux au cours de ces derniers mois.
Les experts militaires estiment que plus de 200.000 soldats ont
été déployés
des deux côtés des zones de combats.