DROITS-AFRIQUE DU SUD: Les Ministères S'engagent A Améliorer Le Statut De La Femme

PRETORIA, 26 nov. (IPS) – L'Afrique du sud a démarré mercredi
une campagne
de '16 jours d'activisme' pour mettre fin à la violence à
l'égard des
femmes. Plusieurs ministères publics prennent des engagements
spécifiques
pour améliorer le statut de la femme.

"La violence est l'un des obstacles majeurs à l'entière
participation de
tous les groupes à notre société", a déclaré le vice-ministre
de la
Justice, Manto Tshabalala-Msimang. "La violence transforme les
droits de
l'homme, tels la liberté et la sécurité, en une promesse
vide".
Entre autres engagements pris jeudi dernier, le ministère des
Finances a
promis d'élaborer des politiques budgétaires au profit des
femmes. Ces
politiques reposeront sur l'analyse faite par l'Initiative
budgétaire des
femmes sud-africaines.
L'Initiative budgétaire des femmes a été prise en 1995 pour
suivre et faire
avancer les intérêts des femmes dans la transition politique et
économique
sud-africaine. L'initiative publie annuellement le budget des
femmes
sud-africaines. Ce budget contrôle le lien existant entre les
politiques du
gouvernement vis-à-vis des femmes et les dépenses et taxes
publiques
envisagées dans des ministères précis.
Le ministère du Commerce et de l'Industrie a promis de
promouvoir en son
sein une prise de conscience de la situation des femmes et
d'organiser des
programmes de formation et de sensibilisation sur la violence
économique.
La violence à l'égard des femmes se manifeste par des actes
physiques,
sexuels, psychologiques ou économiques qui nuisent ou font
souffrir les femmes.
Le ministère sud-africain du Travail s'est engagé mercredi à
adopter et
faire prendre conscience du code de bonne conduite pour lutter
contre le
harcèlement sexuel. Ce code sera élaboré sur le modèle du Labour
Relations
Act de 1995. Il essayera de débarrasser les lieux de travail du
harcèlement
sexuel.
Le ministère a aussi promis de travailler avec l'Organisation
internationale
du travail pour éradiquer toutes les formes de travail des
enfants dans le
pays.
Les actions annoncées mercredi par les ministères sud-africains
sont des
plans concrets à travers lesquels le pays peut commencer à
mettre en
application les questions soulevées dans la déclaration de la
communauté de
développement de l'Afrique australe(SADC) sur les sexes et le
développement
en 1997. L'Afrique du sud est la présidente de ce regroupement
régional de
14 membres.
Lors du sommet annuel de septembre 1998 tenu à l'île Maurice,
les
dirigeants de la SADC ont ajouté un additif à la déclaration de
1997. Cela
s'appelle l'addenda de la SADC sur la prévention et
l'éradication de la
violence à l'égard des femmes.
Ce document demande aux Etats membres d'éradiquer les scènes de
ménage, le
viol, le trafic des femmes et des enfants ainsi que les
pratiques
traditionnelles nuisibles aux femmes.
En Afrique du sud, chacun des 16 jours de la campagne sera
marqué par un
thème tiré de l'addenda de la SADC qui inclut la culture,
l'exécution des
femmes, la violence économique, le viol et les ices sexuels, la
violence
à l'égard des jeunes filles, entre autres.
Une structure patriarcale et une sous culture de la violence ont
contribué à
une forte incidence de la violence à l'égard des femmes en
Afrique du sud.
Par exemple, plusieurs études ont montré qu'au moins une femme
sud africaine
sur trois, a été violée dans sa vie.
Un viol se produit toutes les cinq minutes dans le pays et les
chercheurs
disent que 30 pour cent des femmes de ce pays ont eu leur
premier rapport
sexuel dans la contrainte.
Les scènes de ménage se sont aussi généralisées, car une femme
sur quatre
subit des assauts physiques au foyer. Le ministère sud-africain
de la
Justice a déclaré mercredi qu'au cours de la campagne contre la
violence, il
" . . . favorisera et contrôlera l'application des lois
hostiles aux
scènes de ménage et accélérera l'élaboration des lois sur les
sévices
sexuels".
Le Parlement sud-africain a récemment voté un projet de loi sur
les scènes
de ménage. Ce projet deviendra une loi si le président le signe.
Cet acte préconise l'attribution des ordres de protection,
l'obligation de
signaler les cas de soupçon de mauvais traitement des enfants,
et autorise
la condamnation d'un mari qui viole sa femme.
Plusieurs autres lois telles que le projet de loi sur les
mariages
coutumiers, cherchent également à donner aux femmes une plus
grande
protection légale.
"En termes d'engagements théoriques, nous sommes allés très
loin dans ce
pays", pense Phumelele Ntombela-Nzimande, présidente de la
commission
chargée de l'égalité des sexes.
"Le test final est de savoir comment mobiliser nos ressources
pour
transformer ces droits théoriques en droits réels, surtout pour
les femmes
qui ont encore un statut inférieur dans notre société".
Une autre activité prévue pendant ces 16 jours de campagne est
un match de
football en faveur des droits de l'homme à Soweto. Ce match
opposera les
stars du football mondial tels que le Camerounais Roger Milla et
le
Néerlandais Frank Rijkaard aux légendes sud-africaines tels que
Ace Ntsoele
ngoe et Doctor Khumalo.
Le moment solennel de la campagne sera le 10 décembre lorsqu'un
plan
d'action national sur la protection et la promotion des droits
de l'homme,
sera présenté aux Nations Unies à New York et lancé à travers
l'Afrique du
sud, a annoncé Russel Ally du haut commissariat des droits de
l'homme.
"Nous pouvons nous réjouir avec le reste du monde, parce que
nous avons un
gouvernement anti-racial et démocratique. Mais, pendant que nous
nous
réjouissons, nous avons aussi conscience des graves problèmes
dont notre
démocratie a . . . hérité après 48 années d'apartheid . . . et
des problèmes
de transition d'un ancien ordre basé sur la violation des droits
de
l'homme", a affirmé Ally.