GUYANE BRITANNIQUE: Le gouvernement lutte contre le blanchiment d'argent.

GEORGETOW, 04 mai (IPS) – Maintenant que les intérêts perçus sur
les prêts
atteignent la barre des 17 %, les personnes désireuses d'obtenir
un prêt
bancaire pour acheter une maison pourraient se surprendre entrain
de payer
1.000 dollars par pois pendant plusieurs années, s'ils empruntent
70.000
dollars pour la raison susmentionnée.

Considérant que ces taux sont prohibitifs pour les hommes
d'affaires, les
fonctionnaires et les professionnels, plusieurs groupes d'intérêt
et des
individus font pression sur les banques pour qu'elles réduisent
les taux
d'hypothèque de façon à faire de l'acquisition d'une maison une
réalité et
non un rêve.
Etant donné que rien de la sorte ne semble se produire sous peu,
des
milliers de Guyanais sont résignés dans une attitude qui consiste
à croire
qu'ils ne peuvent jamais posséder une maison, s'ils doivent
d'abord
contracter un prêt bancaire.
Cette croyance a fait que dans les milieux politiques et
diplomatiques, on
se préoccupe de plus en plus du blanchiment de l'argent qui
devient un
facteur assez grave, capable de changer le monde des affaires dans
ce pays.
Plusieurs autorités pensent que c'est déjà le cas.
La police soupçonne qu'une bonne douzaine de grands immeubles
poussant
comme des champions tout au long de la côte et à l'intérieur de la
ville
serait financé avec l'argent généré par le trafic de la drogue.
Après avoir reçu le signal des pays voisins des Caraïbes et du
programme des
Nations unies pour le contrôle de la drogue, le gouvernement de
Janet Jagan
prend des mesures pour voter des lois strictes contre l'expansion
de ce fléau.
Le projet de loi sera envoyé à l'Assemblée le mois prochain. Mais
il ne
s'agit pas d'une mesure entièrement nouvelle. En 1988, le PNC
(congrès
national populaire), actuel parti d'opposition et parti au
pouvoir, à
l'époque, a voté des lois dites draconiennes de lutte contre la
drogue. Ces
lois condamnaient les contrevenants à des peines d'emprisonnement
fermes et
faisaient payer d'énormes amendes aux trafiquants de drogue.
La loi excluait, cependant, les clauses permettant aux autorités
d'obliger
les banques commerciales et autres institutions financières à
signaler les
individus soupçonnés de mener de telles activités pour qu'ils
soient punis.
Il n'a pas été non plus donné à la police l'autorisation de saisir
et de
confisquer les biens acquis grâce au commerce.
Maintenant, une clause de ce projet de loi demande aux banques de
signaler
les transactions suspectes aux autorités compéteons suspectes aux
autorités compétentes pour que des enquêtes
puissent être effectuées.
"Nous serons heureux de travailler avec les gouvernements. Nos
banques ont
une politique que nous mettons en application partout où nous
sommes. Les
décisions nous demandent de nous conformer aux politiques des
autorités
locales. Nous avons l'impression que c'est une bonne chose", a
indiqué Ian
Cooper, directeur général de la banque de Nova Scotia. "Cela ne
nous posera
aucun problème. Nous travaillons avec d'autres gouvernements
ailleurs".
"Si la Guyane ne vote pas de lois contre le blanchiment d'argent,
si tous
ceux qui nous entourent ne votent pas de telles lois, alors nous
deviendrions un havre de blanchiment d'argent", a ajouté le
secrétaire du
gouvernement, Roger Luncheon.
Les lettres envoyées aux journaux et les personnes intervenant
dans les
émissions radiophoniques et télévisuelles se sont régulièrement
plaintes
qu'il y a des preuves que le blanchiment d'argent devient une
grande affaire
dans cette république sud-américaine.
Ces personnes parlent, par exemple, des gens qui semblent acquérir
des
richesses trop rapidement et trop facilement. Plusieurs de ces
personnes, à
en croire les observateurs, importent, le plus souvent des Etats-
Unis, des
conteneurs de produits ayant une marque commerciale. Ces produits
comprennent des appareils stéréo, des chaussures Nike, qui sont
revendus à
des prix défiant toute concurrence.
Ces produits représentent un bon marché pour les hommes et femmes
d'affaires
de la Barbade et du Suriname car ils vont charger des conteneurs
en Guyane
et les réexpédient dans leurs pays afin de les vendre et de
réaliser des
bénéfices substantiels.
La police croit aussi que des millions de dollars ont été blanchis
par le
biais de l'industrie des véhicules d'occasion, laquelle industrie
représente
94 pour cent du marché des voitures en Guyane.
Le projet de loi contre le blanchiment d'argent que le
gouvernement propose,
sera élaboré sur le modèle de celui de l'Antigua et de ceux
d'autres pays de
la région. Ce projet de loi autorise la saisie des biens et la
révélation
des secrets bancaires.
Pour l'instant, personne ne semble attaquer le gouvernement Jagan
au sujet
de cette mesure.