BAMAK, 20 avril (IPS) – La mise en ?uvre de la politique
sectorielle de
sante adoptee par le gouvernement de la Republique du Mali a
permis de
rapprocher les populations aux structures sanitaires, avec la
naissance des
centres de sante communautaires (CSCOM).
Le principe de ces nouvelles structures sanitaires consiste,
d'apres
les
explications d'un conseiller technique au departement de tutelle
" a
creer
dans chaque aire de sante, une unite de soins capable de fournir
un
paquet
d'activites de qualite (soins preventifs et curatifs)".
L'aire regroupe une population comprise entre 5000 et 10000
habitants
dans
un rayon de 15 km. Les CSCOM sont crees par les associations de
sante
communautaire (ASCO) qui beneficient d'une contribution de l'Etat
de
l'ordre
de 75%. Les 25% restants sont finances par les populations elles-
memes.
Selon les chiffres du ministere de la sante du Mali, on compte
actuellement
plus de 152 CSCOM employant au moins 125 agents.
" De plus en plus de nouveaux centres voient le jour au niveau du
departement, les demandes se font nombreuses", precise le
conseiller
technique.
Pour l'extension de la couverture sanitaire dans le pays, il est
prevu
996
aires de sante, y compris celles deja realisees. Cette option
gouvernementale se revele comme une solution de proximite ideale
aux
soins
de sante primaire des populations, assure le fonctionnaire du
ministere.
Le centre de sante communautaire de Bankoni a Bamako, le tout
premier
centre du cree en 1989 est devenu une reference que les autorites
maliennes
font visiter aux delegations etrangeres.
" Cette notoriete nous l'avons eu grace a la gestion saine par
les
travailleurs et les partenaires qui nous aident", indique
Dramane
Diarra,
gestionnaire principal du centre. Les principaux gestionnaires des
CSCOM
sont choisis parmi la population qui financent les travaux.
Depuis sa creation, les activites de cette structure sanitaire se
sont
beaucoup accrues. Elle compte actuellement quatre medecins qui
font
plus de
soixante consultations par jour, indique Diarra.
Une autre explication est le prix de la consultation qui serait a
la
porte
des malades. Il s'eleve a 300 f.CFA pour les adherents, c'est a
dire
ceux
qui sont membres gestionnaires du CSCOM, et 500 f. CFA pour les
non
adherents. Les prix de consultation dans d'autres centres et
cabinets
medicaux coutent parfois 10 fois plus.
" Il y a la qualite des soins et surtout l'accueil reserve aux
malades
caout l'accueil reserve aux malades
car
nous pensons que c'est un facteur tres important pour une
personne
qui
souffre…" indique un medecin.
Almouner Toure, un malade venu en consultation soutient les propos
du
medecin.
" Je viens faire mes consultations ici a cause de l'accueil et
de la
qualite du travail des medecins. Je ne peux pas comparer ce CSCOM
avec
le
Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Gabriel Toure.
Un autre malade ajoute :" Ici au moins on ne nous ment pas pour
nous
prendre de l'argent comme ca se fait ailleurs. Tu payes ton ticket
de
consultation et c'est tout. Les medecins savent pourquoi ils sont
la.
Il y a
meme une certaine familiarite entre nous".
Pour Madame Sokona, les CSCOM rendent d'enormes services aux
femmes. "
La
construction de ces centres nous facilite les choses. Avant, il
fallait
prendre un moyen de transport pour aller a l'hopital au centre
ville.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. La proximite du CSCOM nous
permet,
nous
femmes, d'economiser du temps et aussi de l'energie".
Le CHU est le plus grand hopital de Bamako. Selon les
observateurs,
tous
les services de medecine generale sont satures et ne peuvent plus
accueillir
le nombre croissant des malades au Mali. De plus, la qualite des
soins
laisse a desirer, surtout au niveau du service de la maternite ou
de
plus en
plus de femmes meurent pendant l'accouchement.
Selon des sources hospitalieres, la creation des CSCOM aura permis
de
decongestionner le taux de frequentation des hopitaux nationaux.
" Effectivement, nous avons constate qu'avec la mise en place
des
centres
de sante communautaire dans plusieurs quartiers de Bamako, le
niveau de
frequentation de nos services a baisse", explique un medecin du
CHU.
Malgre le role important que jouent les CSCOM dans l'amelioration
de la
sante des populations, ils sont cependant confrontes un
probleme de
ravitaillement en medicaments.
" Le seul probleme important auquel nous sommes confrontes est la
rupture
des stocks de medicaments. Le caractere communautaire de notre
structure
nous impose a n'utiliser que des medicaments essentiels qui sont a
la
portee
de la bourse de nos clients. Or nos fournisseurs n'arrivent pas
a
nous
satisfaire completement", dit Diarra.
Malgre ce handicap, Diarra encourage les communautes a creer
davantage
de
CSCOM car, selon lui, " c'est la seule alternative pour des
populations
aussi pauvres que celles du Mali".

