ENVIRONNEMENT: Encore 470 millions de dollars pour mieux protéger lacouche d'ozone

DAKAR, 17 déc (IPS) – La 7éme Conférence des parties à la Convention de Vienne (COP7) et la 17éme réunion des parties au Protocole de Montréal (RdP17) ont décidé le renouvellement et le renforcement du fonds mulilatéral pour la période 2006-2008, pour un montant de 470 millions de dollars.

Leurs travaux, qui portaient sur les efforts de réduction et d'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone (SAO), ont pris fin vendredi à Dakar, la capitale sénégalaise.

Ce financement est débloqué par des partenaires dont l'Union européenne et d'autres organisations multilatérales, dont le Fonds mondial pour l'environnement, tous impliqués dans la réduction et l'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone. Le fonds vise notamment à aider les pays signataires des conventions de Vienne et de son protocole de Montréal, à respecter le calendrier d'élimination des SAO. La couche d'ozone provoque des cataractes, le cancer de la peau et d'autres dommages de santé et environnementaux à travers le monde, explique Raj Shende, le chef du programme d'OzonAction du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

La communauté internationale s'est engagée dans la protection de la couche d'ozone avec l'adoption, en mars 1985, de la Convention de Vienne qui encourage les recherches scientifiques sur les phénomènes atmosphériques.

Le Protocole de Montréal, signé en 1987, réglemente la circulation et l'utilisation des substances appauvrissant la couche d'ozone.

Premier traité international visant la protection de l'atmosphère de la planète, le protocole de Montréal "est aujourd'hui considéré comme la convention internationale sur l'environnement la plus réussie", a déclaré à IPS, Bakary Kanté, directeur des conventions du PNUE.

La 7éme Conférence des parties à la convention de vienne (COP7) et la 17éme réunion des parties au protocole de Montréal (RdP17 s'est tenue du 12 au 16 décembre, à Dakar à l'initiative du Programme des Nations Unies pour l'environnement.

Les rencontres ont regroupé des experts et des représentants des pays membres des Nations Unies pour "discuter des aspects liés aux respects des engagements, des moyens à mettre en œuvre pour maîtriser les importations des équipements utilisant des SAO (réfrigérateurs, congélateurs) et prendre des dispositions afin de maintenir les acquis en matière de protection de la nature.

A l'ouverture officielle des travaux, jeudi, le Premier ministre sénégalais Macky Sall avait indiqué que la Convention de Vienne et son Protocole de Montréal, qui réglementent les substances appauvrissant la couche d'ozone, "constituent des succès incontestables tant dans l'élaboration, l'organisation, l'appui apporté aux pays en développement qui ont contribué aux résultats actuels attestant du recouvrement de la couche d'ozone".

Dans ce registre, l'Afrique s'est organisée à travers le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) dans le volet environnement avec "beaucoup d'efforts consentis pour atteindre les objectifs d'intégration régionale par des réalisations structurantes", a déclaré Sall.

Les quelque 500 participants à la réunion provenant de 140 pays ont discuté de l'efficacité des mécanismes mis en œuvre pour assurer une meilleure protection de la couche d'ozone, de la reconstruction du fonds multilatéral et de la prévention du commerce illicite de substances appauvrissant la couche d'ozone.

Le calendrier d'élimination de ces substances, comme la consommation de chlorofluorocarbones (CFC), halons, bromure de méthyle, était également au programme des discussions.

Marco Gonzalez, le secrétaire exécutif du groupe d'experts de la conférence des parties à la convention de Vienne, a salué les efforts fournis par les pays membres pour protéger la santé des populations et préserver l'environnement. "Il faut se féliciter de la prise de conscience notée dans la lutte contre les SAO et la question du bromure de méthyle et son utilisation, sa destruction et son élimination, et les dérogations pour une utilisation critique et essentielle de certaines substances", a souligné Gonzalez à la fin de la rencontre.

La crise de la couche d'ozone est l'un des nombreux problèmes environnementaux planétaires provoqués par les pays industrialisés, a expliqué Kanté, du PNUE, se félicitant néanmoins du renouvellement du fonds multilatéral. Pourtant, a-t-il observé, les pays en développement auraient pu choisir de ne pas s'engager dans cette lutte contre le fléau. Mais, "L'Afrique a conscience qu'une menace sur l'environnement à l'échelle mondiale n'a de solution qu'avec l'engagement et la participation de toutes les régions et de tous les pays", a ajouté Kanté.

Sur ce point, le Sénégal, avec son "Programme ozone", est parvenu, "par des actions de sensibilisation et d'information, à obtenir des résultats significatifs" dans la réduction et l'élimination des SAO provenant essentiellement de gaz de réfrigération", a affirmé Reine Marie Coly Badiane, membre du "Programme ozone Sénégal". Depuis 1994, le Sénégal, à travers son 'Programme Pays' (élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone SAO), a contribué à la réduction de ces SAO. Tous ces efforts ont permis au pays de recevoir le Prix du Meilleur Bureau Ozone 2003 pour la protection de la couche d'ozone.

Le ministre sénégalais de la Protection de l'Environnement, Thierno Lô, s'est félicité des "résultats concrets" enregistrés par la réunion, invitant les pays signataires des différents accords du Protocole de Montréal et de la Convention de Vienne à faire preuve de volonté manifeste pour faire en sorte que les substances soient maîtrisées à défaut d'être définitivement éliminées.

La proposition du groupe des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes à la réunion s'inscrit en droite ligne de la recommandation formulée par le ministre sénégalais de la Protection de l'Environnement.

Dans une note remise à la presse lors des discussions en plénière, ce groupe régional rappelle que dans le préambule du Protocole de Montréal, les parties ont affirmé que pour protéger la couche d'ozone, des mesures de précaution devraient être prises pour réglementer équitablement le volume mondial total des émissions de substances qui l'appauvrissent.

A cet égard, le groupe se déclare disposé à nouer des synergies avec d'autres conventions, telles que la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination, la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause, applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l'objet d'un commerce international, et la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. A la fin de la réunion, le Sénégal a été désigné pour assurer, pendant trois ans, la présidence de la Conférence des parties à la convention de Vienne.