ECONOMIE-KENYA: Les autorités combattent la corruption et courtisent lesinvestisseurs

NAIROBI, 26 nov (IPS) – Après avoir été étiqueté pendant des années comme un pays fortement corrompu, le Kenya a mis en place un certain nombre de mesures pour contenir la corruption.

Le gouvernement espère que cela attirera de nouveau les investisseurs étrangers et les ramènera dans ce pays d'Afrique orientale. "Le Kenya est maintenant ouvert pour les affaires", a déclaré le président Mwai Kibaki, la semaine dernière.

Kibaki, qui est arrivé au pouvoir en décembre 2002, a dit que des réformes dans le système judiciaire, qui avait été associé pendant des années, à la corruption de haut niveau, ont été mises en oeuvre. Le Kenya a suspendu 23 juges impliqués dans des pratiques de corruption. Andrew Mullei, gouverneur de la Banque centrale du Kenya, a indiqué que l'inquiétude par rapport à l'instabilité politique avait contribué à faire perdre au pays sa compétitivité à attirer l'investissement. "Pour stimuler l'investissement au Kenya, nous devons prendre des mesures destinées à changer les perceptions des investisseurs sur notre risque politique. Nous devons améliorer l'efficacité de notre gestion des institutions, adopter des lois pour protéger les investissements étrangers et restaurer la crédibilité politique", a déclaré Mullei, s'adressant à la "Conférence nationale sur l'investissement", à Nairobi, le 20 novembre.

Actuellement, les politiques économiques du Kenya sont particulièrement peu attrayantes pour les investisseurs. "Il faut 68 jours en moyenne pour démarrer une entreprise au Kenya, alors qu'il faut seulement 32 jours pour (faire de même) en Afrique du Sud", a ajouté Mullei.

Il a demandé au gouvernement de réduire le nombre des autorisations et permis nécessaires avant qu'une nouvelle entreprise ne puisse commencer par fonctionner. Ce sont quelques-unes des choses qu'on croit être responsables du faible taux d'investissement du Kenya. Selon le rapport sur l'investissement mondial, publié le 4 septembre par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, le Kenya a enregistré seulement 50 millions de dollars en investissement étranger direct (IED) durant 2002, ce qui était inférieur aux flux vers l'Ouganda et la Tanzanie voisins.

L'Ouganda a attiré 275 millions de dollars en IED au cours de la même période, alors que la Tanzanie suivait avec 240 millions de dollars.

"Le gouvernement ne peut pas ignorer le secteur privé et agir seul. La seule façon de connaître la croissance de (l'économie) est de collaborer avec le secteur privé sur tous les plans, y compris le développement politique", a souligné Manu Chandaria, président de 'Alliance du secteur privé du Kenya', nouvellement créée.

Les entreprises privées contribuent d'environ 66 pour cent au produit intérieur brut (PIB) du Kenya. "Le PIB du pays est de 1.200 milliards de shillings (environ 17 milliards de dollars) par an, dont 800 milliards de shillings (environ 11 milliards de dollars) viennent du secteur privé", a indiqué Chandaria dans un entretien avec IPS. Des économistes croient que la conférence de Nairobi va stimuler la croissance. "Ceci montre que le gouvernement est attaché à faire tout ce qu'il peut pour accroître l'investissement afin de ramener l'économie sur les rails", a déclaré Kwame Owino de l'Institut des affaires économiques à Nairobi. James Wamugo du Centre de gouvernance et de développement, une organisation non gouvernementale, basée à Nairobi, a dit que la conférence marquait la première étape vers l'obtention d'une économie stable. "C'est quelque chose que le gouvernement de la Coalition nationale Arc-en-ciel … avait dans son manifeste", a-t-il déclaré. La reprise économique était l'une des promesses faites par la coalition avant sa prise de pouvoir il y a 11 mois.

Les Kényans ont bon espoir que l'investissement conduira à la création d'emplois et réduira le fort taux de chômage. "Cela signifie des opportunités d'emploi pour plusieurs Kényans, y compris moi-même, qui sont des chômeurs", a déclaré Mbaka Oyondi – un diplômé d'université qui est actuellement à la recherche d'un poste.

Environ deux millions de personnes, la plupart des élèves qui ont terminé leurs études au cours secondaire et des diplômés d'université, sont actuellement sans emploi au Kenya, qui a une population de 30 millions d'habitants. Pour stimuler la croissance, le gouvernement a également lancé un plan de reprise de cinq ans en juin dernier : la "Stratégie de redressement économique pour la création de la richesse et de l'emploi 2003-2007".

La croissance économique du Kenya est actuellement de 0,3 pour cent – une baisse par rapport aux deux pour cent dans les années 90. Les économistes ont attribué les niveaux croissants de la pauvreté à cette détérioration économique. Selon David Nalo, secrétaire permanent au ministère de la Planification et du Développement national, plus de 56 pour cent des Kényans vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins d'un dollar par jour.