KINSHASA, 30 août (IPS) – Les ressortissants du Congo-Brazzaville, réfugiés en République démocratique du Congo (RDC) depuis la récente guerre civile chez eux – sont invités par leur gouvernement à regagner le pays.
"Le gouvernement congolais demande aux compatriotes encore réfugiés en République démocratique du Congo de profiter du retour définitif de la paix pour rentrer au pays afin de prendre part au processus de réconciliation et de reconstruction, qu'il s'agisse de ceux recensés par le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) ou de ceux qui ne le sont pas". Cet appel de Alain Akouala, ministre de l'Information du Congo-Brazzaville et porte-parole du gouvernement, a été lancé le 27 août, à la télévision nationale, au lendemain de la traversée du fleuve Congo, pour Brazzaville, de 359 Congolais de Brazzaville qui se trouvaient réfugiés sur le site de Kimaza, à 175 kilomètres à l'ouest Kinshasa, dans la province du Bas-Congo, en RDC. Le 22 août, le HCR en RDC avait reconduit, au beach Ngobila de Kinshasa, sur le fleuve Congo, les 359 réfugiés qui regagnaient leur pays, portant ainsi à 621, le nombre de réfugiés congolais qui acceptent volontairement de retourner au Congo-Brazzaville depuis avril dernier. Au cours de leur traversée, il n'y a eu ni discours ni cérémonie particulière, le HCR ne voulant pas faire de publicité autour de l'événement. Il y a quatre ans en effet, en mai 1999, un convoi de quelque 350 réfugiés congolais, en provenance du site de Kimaza et reconduit de la même façon au beach de Kinshasa pour la traversée, avait été inquiété par les services de sécurité, dès son débarquement à Brazzaville. Tout le groupe de 350 personnes avait même littéralement disparu de la circulation. Contacté par IPS au sujet des assurances du HCR pour la sécurité du dernier groupe convoyé le 22 août, M'Siri Kalassa, attaché de presse du HCR, a juste rappelé le texte de l'accord tripartite du 10 avril 1999, entre les deux Congos et le HCR. Aux termes de cet accord, il est stipulé que "le HCR s'engage, en attendant un rapatriement organisé selon les normes du HCR, à assurer le transport, à partir du site d'hébergement jusqu'à Brazzaville, via Kinshasa, pour ceux des réfugiés qui en expriment volontairement le souhait et en pleine connaissance de cause". En fait, le HCR s'est toujours refusé à reconnaître une quelconque responsabilité dans cette affaire de disparition des 350 réfugiés congolais au beach de Brazzaville en 1999. "Notre rôle se limite à raccompagner les réfugiés jusqu'à la frontière", a ajouté Kalassa. "A Brazzaville, ils sont censés être chez eux et ne relèvent plus du HCR". Pourtant, cette fois-ci, le HCR en RDC a tenu a raccompagner les réfugiés congolais jusqu'à leurs villages d'origine au Congo-Brazzaville.
Sur le site de Kimaza, vivent encore environ 1.000 réfugiés du Congo-Brazzaville qui n'ont pas encore décidé de la conduite à adopter. Ils ont fui leur pays à la suite de la guerre civile de 1997-1998 qui a secoué la ville de Brazzaville, la capitale du pays. L'affaire de leurs compatriotes disparus, au beach de Brazzaville, à leur arrivée, est encore vivace dans leur mémoire. Nombreux sont ressortissants de la région du Pool, à l'ouest de Brazzaville, où sont encore remarquables des séquelles de la rébellion dirigée par le pasteur Ntoumi. "La rébellion n'existe pratiquement plus grâce à un effort conjugué de la dissuasion armée et de l'approche politique par le gouvernement de Brazzaville. L'heure est maintenant aux négociations pour la réinsertion des ex-rebelles dans l'armée et la fonction Publique", affirme un analyste politique ayant requis l'anonymat. Malgré cela, un grand malaise est en train de naître chez les ex-rebelles qui accusent le gouvernement de Brazzaville de lenteurs coupables et le soupçonnent de ne pas vouloir appliquer les termes de l'accord de paix entre les deux parties. Toutefois, le dernier groupe de réfugiés congolais rentre dans des circonstances meilleures. Une loi d'amnistie générale vient d'être promulguée, vendredi 29 août, par le chef de l'Etat, Denis Sassou Nguesso, en faveur de tous les Congolais poursuivis pour faits de guerre depuis 1993.

