CAPE TOWN, 3 juil (IPS) – Les frais de fonctionnement de l'Union africaine (UA) pourraient atteindre près de 100 millions de dollars US par an dès que toutes les structures seraient prêtes et opérationnelles.
"Nous parlons d'un budget, à un certain point, de plus de 100 millions de dollars US par an", dit le président intérimaire de la Commission de l'UA, Amara Essy.
Essy était parmi les délégués de 28 pays africains qui s'étaient réunis en Afrique du Sud pour discuter des préparations de la création du Parlement panafricain. La réunion, tenue dans le parlement sud-africain se trouvant dans la ville portuaire du Cap, a pris fin le 1er juillet.
L'Union africaine, qui a remplacé l'Organisation de l'unité africaine (OUA), devrait avoir une myriade de structures qui tenteront d'aborder les problèmes qui se posent au continent. Les principaux d'entre eux seront la Commission de l'UA qui supervisera le fonctionnement au jour le jour de l'union; le Conseil pour la paix et la sécurité qui abordera les conflits du continent; et le Parlement panafricain qui tentera de créer un cadre législatif pour lier les Etats nationaux aux normes élevées de bonne gouvernance.
Les protocoles établissant ces structures, devraient être discutés en profondeur et certains adoptés au cours de la deuxième session ordinaire de l'Union africaine dans la capitale mozambicaine, Maputo, à partir de vendredi. Le premier sommet de l'UA a eu lieu dans la ville portuaire Durban, en Afrique du Sud, l'année dernière.
Mais, il y a une préoccupation que des Etats africains ne puissent pas tout avoir simplement les moyens de mettre sur pied et faire fonctionner l'Union africaine du fait que beaucoup d'entre eux sont trop pauvres pour faire face aux besoins élémentaires de leurs populations et encore moins pour remplir leurs obligations internationales. Certains comme Djibouti, la Mauritanie et la République démocratique du Congo (RDC), ont été incapables d'honorer leurs contributions annuelles à l'époque où le budget de fonctionnement de l'OUA n'était que de 31 millions de dollars US. En conséquence, l'UA et ses structures pourraient en arriver à dépendre des organisations donatrices et de l'aide étrangère.
"Je crois qu'il serait honteux si ceci était déjà traité comme une autre affaire guidée par des donateurs, une institution sous l'œil européen et américain. Je crois que la motivation en arrière-pensée et les impératifs politiques qui la rendent nécessaire, signifient que nous devons l'organiser avec nos ressources propres", a déclaré le secrétaire général du Mouvement panafricain basé in Ouganda, Tajudeen Abdul Raheem, à la Radiodiffusion sud-africaine.
Pour l'instant, le financement des bailleurs et l'aide internationale semblent jouer un rôle important pour permettre le fonctionnement de certaines structures de l'UA. Le Groupe des huit (G-8) – comprenant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, l'Allemagne, le Canada, l'Italie, la France et la Russie – a indiqué qu'il supporterait les efforts de l'UA pour relancer la capacité de l'Afrique à entreprendre des opérations de maintien de paix.
Renforcer les capacités de maintien de paix des pays africains, figure aussi dans l'agenda du président américain Georges W. Bush qui sera en visite en Afrique la semaine prochaine.
Mais, dans un geste qui pourrait affecter les opérations de maintien de paix, Washington a suspendu l'aide militaire à l'Afrique du Sud après le refus de Pretoria de signer un accord qui accorderait l'immunité aux citoyens américains face aux poursuites de la Cour pénale internationale (CPI). Les Etats-Unis craignent que la cour ne devienne un forum motivé politiquement pour des poursuites contre des Américains, et ont beaucoup travaillé pour signer, individuellement avec des pays, des accords qui accorderaient l'immunité à leurs citoyens face à d'éventuelles poursuites.
L'Afrique du Sud ainsi que 35 autres pays ont été pénalisés pour avoir refusé de signer l'accord. Le gouvernement de sud-africain étudie encore sa réponse à l'action américaine.
Beaucoup de protocoles, qui créeront les structures – et les coûts – de l'Union africaine, doivent être encore ratifiés par la majorité des Etats membres de l'UA. Le protocole créant le Conseil pour la paix et la sécurité de l'UA, par exemple, a été ratifié par seulement six pays.
Le protocole créant le Parlement panafricain est l'un de ceux qui sont près d'être ratifiés. Au début de cette semaine, 18 pays l'ont ratifié. L'Union africaine compte 53 Etats, mais une majorité simple de 27 est requise pour l'entrée en vigueur du protocole.
L'Afrique du Sud a offert d'abriter le parlement qui sera constitué de cinq délégués de chaque Etat membre de l'UA. Au moins un des délégués, qui seront choisis par les parlements nationaux, doit être une femme. Le parlement devrait se réunir au moins deux mois par an quand il sera installé et fonctionnel. Pour l'instant, il n'y a aucune date ferme pour son installation.

