COMMERCE-AFRIQUE: Des flux des investissements étrangers directs, maisencore trop limités – Rapport

HARARE, 19 sept (IPS) – La part de l'Afrique dans les flux mondiaux des Investissements étrangers directs (IED) a doublé de 2 pour cent l'année dernière, mais demeure encore trop limitée, selon un nouveau rapport des Nations Unies.

Les flux des IED sont passés de neuf milliards de dollars US en 2000 à 17 milliards de dollars US l'année dernière, selon le rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) publié à Harare mardi.

En Afrique subsaharienne, les flux ont dépassé la barre de 10 milliards de dollars US, pour la toute première fois, atteignant 11,8 milliards de dollars en 2001. Les flux vers l'Afrique du nord étaient marqués par une croissance sans précédent de 83 pour cent, soit 5,3 milliards de dollars US.

Alors que cette augmentation paraît impressionnante à première vue, le rapport fait remarquer qu'elle masque le fait que pour la plupart des pays africains, les flux des IED sont demeurés plus ou moins au même niveau qu'en 2000.

L'augmentation de huit milliards de dollars est due en grande partie au nombre limité des grands projets d'IED, notamment en Afrique du Sud et au Maroc.

"Environ 80 pour cent de la croissance s'explique par une grande augmentation des flux des IED en Afrique du Sud, le résultat d'une vente par séparation des holdings à actions croisées dont l'Anglo American cotée en Bourse à Londres et De Beers d'Afrique du Sud", indique le rapport.

"L'autre principal projet responsable de la croissance était la vente d'une action de 35 pour cent de Maroc-Telecom à un investisseur étranger augmentant les rentrées à environ 2,7 milliards de dollars en 2001", selon le rapport.

Avec l'Afrique du Sud et le Maroc, les pays suivants formaient le peloton de tête : l'Algérie, l'Angola, le Nigeria, le Soudan, l'Egypte, la Tunisie, la Côte d'Ivoire et le Mozambique.

L'Angola et le Nigeria sont classés deuxième en termes de rentrées absolues.

Le groupe ayant le plus grand nombre de bénéficiaires d'IED, dont tous ont reçu plus de 200 millions de dollars US, comprend l'Ouganda et la Tanzanie.

L'Angola, avec 240 millions de dollars US en IED liés au pétrole, a enregistré de loin la plus forte hausse et est resté avec plus de 1,1 milliard de dollars US, le plus grand bénéficiaire des IED parmi les pays africains les moins avancés.

Selon le rapport, la majeure partie des flux d'IED vers l'Afrique provient du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de la France.

En gros, les flux d'IED en 2001 ont chuté à 735 milliards de dollars US, soit moins de la moitié du chiffre de 2000.

"Derrière cette baisse, il y a le ralentissement dans l'économie mondiale et un affaiblissement de la confiance dans les affaires, les deux ayant été accentués par les événements du 11 septembre aux Etats-Unis. Et les deux ont contribué à une réduction aiguë des fusions et des acquisitions transfrontalières qui ont lieu essentiellement entre les pays industrialisés, fait remarquer" Nicholas Ncube du ministère des Finances et du Développement économique du Zimbabwe.

A la lumière de la longue récession économique et de la lente reprise de confiance dans les affaires, notamment aux Etats-Unis, la CNUCED n'espère pas une reprise des flux d'IED cette année.

"Le thème pour le rapport de cette année – Entreprises transnationales (ETN) et Compétitivité d'exportation – est très opportun", affirme Ncube, qui a lancé le rapport au Zimbabwe.

"Dans une économie de mondialisation, cela répond au besoin d'une meilleure compréhension de la manière dont la politique gouvernementale peut aider les pays en développement et les économies en transition à tirer profit des systèmes internationaux de production des ETN en vue de faire avancer leur propre développement économique", souligne-t-il.

"L'accès aux marchés des pays riches pour des biens et des services produits dans le monde en développement est capital. L'application croissante de mesures anti-dumping par les pays développés, l'augmentation des tarifs douaniers pour certains produits, le tarif maximum et les subventions ciblées dans les pays développés constituent tous une cause d'inquiétude dans ce contexte", ajoute Ncube.