JOHANNESBURG, 4 sept (IPS) – Dans un effort visant à rendre plus crédible le plus long sommet jamais organisé par les Nations Unies, son secrétaire général, Kofi Annan, a demandé lundi aux pays les plus riches du monde de montrer le chemin en élaborant un plan concret pour améliorer la vie des pauvres du monde sans détruire la planète. "Les pays les plus riches doivent montrer le chemin.
Ils ont la richesse.
Ils ont la technologie. Et ils contribuent de façon disproportionnée aux problèmes environnementaux du monde", a indiqué Annan à la centaine de dirigeants réunis à Johannesburg pour la session d'ouverture de la réunion des chefs d'Etat au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD).
Il a également souligné l'importance des entreprises et organisations non gouvernementales (ONG) pour aider à atteindre les objectifs de développement durable. "Les groupes de la société civile ont un rôle critique, en tant que partenaires, défenseurs et organismes de surveillance", a ajouté Annan dans son discours au cours de la phase finale du SMDD de dix jours.
Les ONG faisant pression en vue d'obtenir une série d'engagements des gouvernements, ont commencé par tirer sur la sonnette d'alerte pour avertir que le sommet pourrait avaliser un programme d'action qui signifierait très peu de choses pour les pauvres du monde et pour les pays en développement.
Le Fonds mondial pour la nature (WWF), l'une des principales ONG faisant pression pour obtenir un langage concret dans le document final du sommet, a déclaré dimanche que le plan négocié par les délégués de 190 pays manquait terriblement de ce que le SMDD a promis de donner.
"Le plan d'exécution dans son état actuel n'apportera aucune avancée significative par rapport aux engagements pris à Rio et depuis", a-t-il indiqué. "Dans certains cas, le texte constitue en fait un recul (comme dans le commerce et la mondialisation)". Ce qui est particulièrement troublant pour les ONG, ce sont les tentatives de certains pays d'affaiblir l'accord concernant des questions comme l'utilisation des sources d'énergie renouvelable, les objectifs pour accéder à l'eau et au système sanitaire amélioré, la réforme du commerce mondial et les subventions agricoles.
Les dirigeants de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne doivent jouer un rôle central pour sauver le sommet de Johannesburg, a indiqué Gerd Leipold de Greenpeace. "Cela nécessitera un effort herculéen de leur part, mais cela doit se faire ici et maintenant".
Mais certains dirigeants du Tiers Monde, réunis à Johannesburg pour passer en revue les progrès accomplis vers la viabilité depuis le Sommet de la Terre de 1992, s'attendent à peu de changements à cause de la domination du programme de libre échange, également appelé néo-libéralisme, dans les affaires mondiales.
Parmi eux, figure le Président vénézuélien Hugo Chavez, qui a dit aux chefs de gouvernements lundi que le "modèle néo-libéral est est responsable des désastres du monde, et nous devons lutter contre cela". "Je dis au monde une fois encore que nous devons changer ce modèle, parce qu'il n'y a aucun développement sans humanisme", a ajouté Chavez qui préside le Groupe des 77, qui comprend 133 nations en développement. "Il n'est pas possible de développer le monde selon ce modèle".
Ces appels continus – pour que des résultats réels émanent de la réunion – ont reçu un coup de pouce d'un sondage international.
"Si cela ne dépendait que de la volonté des citoyens moyens, le Sommet mondial sur le développement durable exigerait que les gouvernements nationaux prennent des engagements liés au temps pour la réduction de la pauvreté et la résolution des problèmes environnementaux", indique le rapport d'un sondage de 24.000 personnes dans 31 pays.
Publié par Gallup International et Toronto's Environics International basés à Londres le 29 août, 'Voice of People' (Voix des populations) révèle "un climat d'opinion publique mondiale qui est très réceptive aux principales initiatives pour réduire la pauvreté".
Les résultats, issus des interviews réalisées en juillet et août 2002, reflètent les points de vue "d'environ 1 milliard de personnes sur tous les continents, excepté en Amérique du Nord", soutiennent les instituts.
En septembre 2000, les dirigeants du monde, en provenance de 191 nations ont pris l'engagement au Sommet du Millénaire de combattre des problèmes mondiaux spécifiques d'ici à 2015.
Ces promesses, connues sous le nom de Objectifs de développement du Millénaire (ODM), incluaient la réduction de moitié du nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour, le nombre de personnes souffrant de faim et le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable et abordable.
Par ailleurs, les ODM cherchent également à s'assurer : que tous les enfants reçoivent l'éducation primaire; l'égalité de genre dans l'éducation; une réduction des trois quarts du taux de mortalité maternelle et une réduction de deux-tiers des décès d'enfants âgés de moins de cinq ans.
Aujourd'hui, près de 800 millions de personnes n'ont pas assez de nourriture, plus d'un milliard n'ont pas accès à l'eau potable, quelque 2,4 milliards n'ont pas d'installations sanitaires de base et près de 325 millions de garçons et de filles ne sont pas à l'école, selon les Nations Unies.
De hauts responsables de l'ONU perçoivent le Sommet du Millénaire comme une avancée par rapport au Sommet de la Terre, où les dirigeants du monde s'étaient réunis pour la première fois pour lier les problèmes de développement et de l'environnement et trouver des solutions communes.
L'idée de développement durable a été affirmée à cette réunion..

