YAOUND, 27 mai (IPS) – Les gardes forestiers de la petite ville
de Lomie,
située au fond de la forêt équatoriale du sud-est du Cameroun, ont
dû
s'adapter à un nouveau rôle : ils sont devenus les nurses d'un
éléphanteau
de six mois.
L'éléphanteau, nommé Marc, a été sauvé de son milieu sauvage par
les gardes
forestiers après que les braconniers l'ont blessé et tué sa mère.
Actuellement, les gardes forestiers pansent les blessures
profondes de
l'éléphanteau et le gardent dans un zoo de fortune qu'ils lui ont
construit
au début de ce mois.
Marc a été rendu orphelin par les chasseurs à la solde des
marchands
d'ivoire. Ces marchands ont été actifs au Cameroun au cours de ces
derniers
mois, bien qu'il soit difficile de dire si cela est lié à
l'assouplissement
au milieu de l'année 1997 de l'interdiction du trafic de l'ivoire
décrétée
en 1991 au niveau mondial, dans le cadre de la convention sur le
commerce
international des espèces en danger (CITES).
Le 13 avril dernier, les douaniers du port de Douala ont saisi
quelques 150
kilogrammes d'ivoire cachés dans un conteneur rempli de bois, à
destination
de l'Espagne. D'après 'Bubinga', un mensuel spécialisé dans
l'environnement
et le développement, près d'une demie tonne d'ivoire a été saisie
dans ce
port au cours de ces six derniers mois. Selon le mensuel, un plus
grand
volume a échappé à l'attention des douaniers.
"La demande d'ivoire est très forte sur le marché mondial, et
cela a
entraîné une hausse considérable des cours pendant ces derniers
mois. Le
commerce de l'ivoire est devenu encore plus attractif", signale
Bubinga.
"Cela a suscité des peurs selon lesquelles l'éléphant, la
principale source
d'ivoire, peut disparaître si rien n'est fait pour mettre fin au
commerce,
notamment dans les pays en développement, tels que le Cameroun,
".
Le Cameroun est l'un des rares pays africains qui ont toujours un
grand
nombre d'éléphants. La plupart des autres pays sont en Afrique
australe (le
Botswana, la Namibie et le Zimbabwe) et en Afrique de l'Est (le
Kenya). La
population des éléphants du pays est actuellement estimée, par les
responsables du ministère de l'Environnement et des Forêts, à
quelques
20.000 têtes, mais Bubinga parle plutôt de 15.000 têtes.
Environ 25 pour cent des éléphants vivent dans la savane sèche du
nord du
Cameroun, 70 pour cent vivent dans la forêt dense tropicale du sud-
est et
cinq pour cent sont éparpillés dans les régions centrales du sud
et du
sud-ouest du pays.
Dans la savane, le nombre d'éléphants est en constante
augmentation et cela
cause de grands dommages aux biens et à la vie humaine. Cependant,
dans les
forêts, le braconnage continue et il y a des signes
d'intensification
considérable, a révélé une publication du ministère de
l'Environnement et
des Forêts.
"Au cours des années 1980, le Cameroun était une source fixe mais
modeste
d'ivoire naturel pour le marché mondial", déclare le docteur
Martin
Tchamba, spécialiste camerounais de la faune sauvage.
"Bien que les croient en général que l'interdiction
internationale a
eu un effet positif sur la baisse de l'abattage illégal des
éléphants au
Cameroun, il n'y aucune donnée fiable pour soutenir une telle
affirmation".
Il est, cependant, convaincu qu'il y a eu tout récemment une
hausse du
braconnage des éléphants au sud-est du Cameroun.
Selon des sources fiables, en moyenne 10 éléphants ont été, chaque
mois,
victimes de braconnage entre mars 1996 et mars 1997 dans la seule
région de
Mesok, au sud-est du Cameroun. Personne ne sait de façon certaine
combien
d'éléphants ont été tués depuis lors.
Le Cameroun a longtemps contribué de façon importante au marché
mondial de
l'ivoire. De 1978 à 1988, environ 40 tonnes d'ivoire ont été
exportées du
pays, et depuis 1990 et 1994, près de 10 tonnes ont été saisies à
Douala où
environ 550 kilos ont été interceptés de novembre 1997 à avril
1998.
Le directeur de la faune du ministère de l'Environnement et des
Forêts,
Djoh… Ndiang, reconnaît que le gouvernement est incapable de
défier les
activités des braconniers qui, expliquent-il, ont développé des
moyens
sophistiqués de chasse et dirigent un puissant réseau clandestin
de
commerce difficile à démanteler.
"Notre gouvernement a une bonne politique de préservation de la
faune
sauvage, mais nous n'avons pas les moyens de la mettre en
application",
déclare Djoh… Ndiang.
Il cite l'exemple du parc national de 180 hectares de Benue dans
le Nord. Ce
parc n'a que 15 gardes sans armes, sans aucun moyen de transport
ou de
communication. Ils luttent contre les "braconniers qui sont
souvent bien
armés et n'hésitent pas à mettre le doigt sur la gâchette".
Le Fonds mondial pour la conservation de la nature(WWF) et le
gouvernement
camerounais sont actuellement entrain de concevoir un programme
national de
gestion des éléphants, et ils espèrent que ce programme
contribuera au
développement et à la mise en application d'une politique
rationnelle de
conservation et de gestion des zones protégées.
Actuellement, il n'y a presque pas de gestion de la population des
éléphants
du Cameroun. Les informations relatives au nombre, au comportement
et au
mouvement des éléphants, sont fragmentaires.
Par ailleurs, Tchamba explique que la tolérance que la population
observe
vis-à-vis des éléphants a été soumise à rude épreuve par le nombre
croissant
des conflits entre les hommes et les éléphants, notamment dans la
savane où
les populations rurales sont tellement hostiles aux éléphants que
plusieurs
personnes souhaiteraient leur disparition.
Cependant, les éléphants du Cameroun sont plus menacés dans la
forêt humide
du sud-est, où la plupart vivent en dehors des zones protégées.
"Il est indispensable que le statut de zone protégé soit accordé
à
certaines parties de cette forêt et de sa population
d'éléphants", indique
le WWF – Cameroun. "En outre, les dispositions relatives à la
gestion
devraient être prises pour protéger les éléphants hors des zones
protégées.
Il faudra aussi déterminer quelles parties pourraient servir
durablement de
*DESTSERVFRE
*CAtAF DV
CAMEROUN-ENVIRONNEMENT : La montE9e du commerce de l'ivoire menace
la
vie des
E9lE9phants.
Par Tansa Musa
YAOUNDE, 27 mai (IPS) – Les gardes forestiers de la petite ville
de
Lomie,
situE9e au fond de la forEAt E9quatoriale du sud-est du Cameroun,
ont dFB
s'adapter E0 un nouveau rF4le : ils sont devenus les nurses d'un
E9lE9phanteau
de six mois.
L'E9lE9phanteau, nommE9 Marc, a E9tE9 sauvE9 de son milieu
sauvage par les gardes
forestiers aprE8s que les braconniers l'ont blessE9 et tuE9 sa
mE8re.
Actuellement, les gardes forestiers pansent les blessures
profondes de
l'E9lE9phanteau et le gardent dans un zoo de fortune qu'ils lui
ont
construit
au dE9but de ce mois.
Marc a E9tE9 rendu orphelin par les chasseurs E0 la solde des
marchands
d'ivoire. Ces marchands ont E9tE9 actifs au Cameroun au cours de
ces
derniers
mois, bien qu'il soit difficile de dire si cela est liE9 E0
l'assouplissement
au milieu de l'annE9e 1997 de l'interdiction du trafic de l'ivoire
dE9crE9tE9e
en 1991 au niveau mondial, dans le cadre de la convention sur le
commerce
international des espE8ces en danger (CITES).
Le 13 avril dernier, les douaniers du port de Douala ont saisi
quelques
150
kilogrammes d'ivoire cachE9s dans un conteneur rempli de bois, E0
destination
de l'Espagne. D'aprE8s 'Bubinga', un mensuel spE9cialisE9 dans
l'environnement
et le dE9veloppement, prE8s d'une demie tonne d'ivoire a E9tE9
saisie dans ce
port au cours de ces six derniers mois. Selon le mensuel, un plus
grand
volume a E9chappE9 E0 l'attention des douaniers.
"La demande d'ivoire est trE8s forte sur le marchE9 mondial, et
cela
a
entraEEnE9 une hausse considE9rable des cours pendant ces derniers
mois. Le
commerce de l'ivoire est devenu encore plus attractif", signale
Bubinga.
"Cela a suscitE9 des peurs selon lesquelles l'E9lE9phant, la
principale source
d'ivoire, peut disparaEEtre si rien n'est fait pour mettre fin au
commerce,
notamment dans les pays en dE9veloppement, tels que le Cameroun,
".
Le Cameroun est l'un des rares pays africains qui ont toujours un
grand
nombre d'E9lE9phants. La plupart des autres pays sont en Afrique
australe (le
Botswana, la Namibie et le Zimbabwe) et en Afrique de l'Est (le
Kenya).
La
population des E9lE9phants du pays est actuellement estimE9e, par
les
responsables du ministE8re de l'Environnement et des ForEAts, E0
quelques
20.000 tEAtes, mais Bubinga parle plutF4t de 15.000 tEAtes.
Environ 25 pour cent des E9lE9phants vivent dans la savane sE8che
du
nord du
Cameroun, 70 pour cent vivent dans la forEAt dense tropicale du
sud-est et
cinq pour cent sont E9parpillE9s dans les rE9gions centrales du
sud
et du
sud-ouest du pays.
Dans la savane, le nombre d'E9lE9phants est en constante
augmentation
et cela
cause de grands dommages aux biens et E0 la vie humaine.
Cependant,
dans les
forEAts, le braconnage continue et il y a des signes
d'intensification
considE9rable, a rE9vE9lE9 une publication du ministE8re de
l'Environnement et
des ForEAts.
"Au cours des annE9es 1980, le Cameroun E9tait une source fixe
mais
modeste
d'ivoire naturel pour le marchE9 mondial", dE9clare le docteur
Martin
Tchamba, spE9cialiste camerounais de la faune sauvage.
"Bien que les croient en gE9nE9ral que l'interdiction
internationale a
eu un effet positif sur la baisse de l'abattage illE9gal des
E9lE9phants au
Cameroun, il n'y aucune donnE9e fiable pour soutenir une telle
affirmation".
Il est, cependant, convaincu qu'il y a eu tout rE9cemment une
hausse
du
braconnage des E9lE9phants au sud-est du Cameroun.
Selon des sources fiables, en moyenne 10 E9lE9phants ont E9tE9,
chaque mois,
victimes de braconnage entre mars 1996 et mars 1997 dans la seule
rE9gion de
Mesok, au sud-est du Cameroun. Personne ne sait de faE7on certaine
combien
d'E9lE9phants ont E9tE9 tuE9s depuis lors.
Le Cameroun a longtemps contribuE9 de faE7on importante au marchE9
mondial de
l'ivoire. De 1978 E0 1988, environ 40 tonnes d'ivoire ont E9tE9
exportE9es du
pays, et depuis 1990 et 1994, prE8s de 10 tonnes ont E9tE9 saisies
E0 Douala oF9
environ 550 kilos ont E9tE9 interceptE9s de novembre 1997 E0 avril
1998.
Le directeur de la faune du ministE8re de l'Environnement et des
ForEAts,
Djoh… Ndiang, reconnaEEt que le gouvernement est incapable de
dE9fier les
activitE9s des braconniers qui, expliquent-il, ont dE9veloppE9 des
moyens
sophistiquE9s de chasse et dirigent un puissant rE9seau
clandestin
de
commerce difficile E0 dE9manteler.
"Notre gouvernement a une bonne politique de prE9servation de la
faune
sauvage, mais nous n'avons pas les moyens de la mettre en
application",
dE9clare Djoh… Ndiang.
Il cite l'exemple du parc national de 180 hectares de Benue dans
le
Nord. Ce
parc n'a que 15 gardes sans armes, sans aucun moyen de transport
ou de
communication. Ils luttent contre les "braconniers qui sont
souvent
bien
armE9s et n'hE9sitent pas E0 mettre le doigt sur la gE2chette".
Le Fonds mondial pour la conservation de la nature(WWF) et le
gouvernement
camerounais sont actuellement entrain de concevoir un programme
national de
gestion des E9lE9phants, et ils espE8rent que ce programme
contribuera au
dE9veloppement et E0 la mise en application d'une politique
rationnelle de
conservation et de gestion des zones protE9gE9es.
Actuellement, il n'y a presque pas de gestion de la population des
E9lE9phants
du Cameroun. Les informations relatives au nombre, au comportement
et
au
mouvement des E9lE9phants, sont fragmentaires.
Par ailleurs, Tchamba explique que la tolE9rance que la population
observe
vis-E0-vis des E9lE9phants a E9tE9 soumise E0 rude E9preuve par
le nombre croissant
des conflits entre les hommes et les E9lE9phants, notamment dans
la
savane oF9
les populations rurales sont tellement hostiles aux E9lE9phants
que
plusieurs
personnes souhaiteraient leur disparition.
Cependant, les E9lE9phants du Cameroun sont plus menacE9s dans la
forEAt humide
du sud-est, oF9 la plupart vivent en dehors des zones protE9gE9es.
"Il est indispensable que le statut de zone protE9gE9 soit
accordE9
E0
certaines parties de cette forEAt et de sa population
d'E9lE9phants", indique
le WWF – Cameroun. "En outre, les dispositions relatives E0 la
gestion
devraient EAtre prises pour protE9ger les E9lE9phants hors des
zones protE9gE9es.
Il faudra aussi dE9terminer quelles parties pourraient servir
durablement de

