ETHIOPIE-ERYTHREE: Le conflit frontalier menace la stabilité.

ADDIS-ABEBA/HARAR, 26 mai (IPS) – Un conflit frontalier entre
l'Ethiopie et
l'Erythrée est encore une autre menace à la stabilité dans la
corne de
l'Afrique, une région déjà secouée par des affrontements.

Les tentatives de médiation entre les deux voisins n'ont pas
abouti, et les
deux camps s'accusent mutuellement.
Le conflit est né le 13 mai lorsque le conseil des ministres
éthiopiens a
accusé les forces de l'Erythrée d'avoir occupé une partie du nord-
ouest du
pays le 12 mai dernier. L'Erythrée a aussitôt démenti ces
allégations en
affirmant que ses forces ont simplement riposté après que la
milice
éthiopienne ait violé ses territoires le 6 mai.
"Nous n'avons pas dépassé d'un pouce les limites de nos
territoires", a
déclaré l'ambassadeur érythréen à son homologue éthiopien Girma
Asmerom.
Bombardé de questions par des journalistes mécontents, il a laissé
entendre
que l'Erythrée a seulement repris la région de Badmen, qui aurait
été
capturée par les forces éthiopiennes six mois plutôt.
Le mardi, le ministre éthiopien des affaires étrangères, Seyoum
Mesfin, a
dit aux diplomates et aux chefs des organisations internationales
à
Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, que "l'agression de
l'Erythrée
comporte d'énormes implications aux pays de la sous- région".
Si une solution n'est pas apportée à la crise, a-t-il déclaré,
elle risque
de s'étendre dans toute la corne de l'Afrique, déjà agitée par les
conflits
tels que la guerre des clans de la Somalie, et la rébellion au
Soudan et en
Ethiopie.
Un avertissement similaire a été lancé par le ministre soudanais
des
affaires étrangères Ali Osman Taha. Il a rapporté aux journalistes
la
semaine dernière à Khartoum que le Soudan préférait une solution
pacifique
au conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée, en vue d'éviter une
nouvelle
vague de réfugiés.
Le Soudan abrite un nombre considérable de réfugiés en provenance
d'Ethiopie et quelque 500.000 venus de l'Erythrée. La plupart
d'entre eux
sont arrivés dans le pays pendant la guerre des rebelles de 1961-
1991.
La crainte de voir la corne s'enfoncer d'avantage dans le chaos a
conduit le
président djiboutien Hassan Gouled Aptidon à s'envoler pour
l'Ethiopie la
semaine dernière, en vue de tenter une médiation entre les deux
pays.
Aptidon préside l'autorité intergouvernementale sur le
développement (IGAD)
qui regroupe le Djibouti, l'Ethiopie, l'Erythrée, le Soudan, la
Somalie, le
Kenya et l'Ouganda. Cette autorité a vainement tenté de régler les
conflits
régionaux.
Le président Djiboutien s'est entretenu avec le chef de l'Etat
éthiopien
Negasso Gidada et son Premier ministre Meles Zenawi, mais les
négociations
n'ont pas abouti. Les démarches similaires entreprises par le
secrétaire
d'état américain pour les affaires africaines, Susan Rice et par
l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) n'ont pas eu assez
d'effets.
M a déclaré mardi dernier que l'Ethiopie envisagerait des
négociations
seulement lorsque les troupes se seraient repliées de son
territoire sans
conditions. "Il n'y a pas une autre alternative que
l'établissement du
statu quo … qui avait prévalu avant l'invasion", a-t-il
déclaré.
Il a indiqué que le territoire occupé par l'Erythrée n'avait
jamais été
l'objet d'une dispute, et appartenait à l'Ethiopie avant et
pendant que
l'Italie occupait l'Erythrée. L'Ethiopie, a-t-il ajouté, va
ménager la
crise, espérant que "des situations dangereuses" seraient
évitées, "mais
si cela échouait, ce ne serait plus de notre responsabilité".
Les détails des altercations entre les deux pays sont demeurés
sans suite.
Un journal pro gouvernemental "The Reporter" a affirmé à Addis-
Abeba le 18
mai que "lorsque les forces éythréennes avaient envahi les
territoires de
Badmen et de Shiraro, 2/3 de la milice éthiopienne et 608 soldats
érythréens
étaient blessés" alors que de sources non officielles on aurait
appris
qu'une centaine de personnes appartenant aux deux camps auraient
été tuées.
Quatre jours auparavant, le gouvernement érythréen avait rendu
public un
communiqué accusant l'Ethiopie d'être l'auteur du conflit. "Le 6
mai 1998,
alors qu'une délégation érythréenne se rendait à Addis-Abeba pour
une
conférence, l'armée éthiopienne a pénétré dans les régions
situées aux
alentours de Badmen, a ouvert le feu et a causé de graves dégâts à
l'endroit
de l'équipe érythréenne qui tentait de les amener au dialogue", a-
t-il
indiqué. Cette agression arbitraire a successivement déclenché une
série de
conflits dans la région".
Le 'Reporter', citant les responsables gouvernementaux, a dit que
le
ministre érythréen de la défense, le général Sibhat Epherem, était
en
Ethiopie pour discuter du conflit frontalier. "Au cours de la
discussion il
a été informé que l'armée érythréenne traversait la frontière
éthiopienne et
était avisée que si tel était le cas cela pourrait conduire à une
situation
dangereuse", a ajouté le journal.
Girma a rapporté à IPS la semaine dernière que cinq districts
étaient en
conflit, certains d'entre eux étaient occupés par les forces
éthiopiennes,
et d'autres par les Erythréens.
A mesure que la tension montait, l'administration de la capitale
d'Addis-Abeba a demandé aux résidents d'être sur le qui vive et
de
résister aux agressions "arbitraires" de l'Erythrée. Cependant,
elle a
indiqué dans un communiqué du 17 mai que "les érythréens
résidants dans la
capitale sont en sécurité et mènent une vie normale".
Près d'un demi-million d'érythréens vivent en Ethiopie, la
majorité sont à
Addis-Abeba, et certains occupent de grands postes dans le
gouvernement
éthiopien. Girma a indiqué que 120 000 éthiopiens vivent en
Erythrée. La
majorité travaille au port d'Assab, l'unique port éthiopien qui
débouche
sur la mer rouge.
L'histoire des deux pays est étroitement liée. Les domaines qui
appartiennent maintenant à l'Erythrée appartenaient aux empires
éthiopiens
et ottomans, et même aux fiefs soudanais et égyptiens jusqu'en
1889,lorsque
l'Italie colonisa la région.
La domination italienne était suivie en 1941-1952 par
l'administration
militaire britannique, et, plus tard, par une féation entre
l'Erythrée et
l'Ethiopie. Cependant, à cette époque, l'empereur éthiopien Haile
Selassie
réduisait graduellement l'autonomie érythréenne, déclenchant une
guérilla
qui a éclaté en 1961, un an avant la réduction de l'Erythrée en
une province
éthiopienne.
Cette guerre a pris fin en 1991 avec l'obtention de l'indépendance
de
*DESTSERVFRE
*CATAF IP
ETHIOPIE-ERYTHREE : Le conflit frontalier menace la stabilitE9.
Par Laeke Mariam et Moyiga Nduru
ADDIS-ABEBA/HARARE, 26 mai (IPS) – Un conflit frontalier entre
l'Ethiopie et
l'ErythrE9e est encore une autre menace E0 la stabilitE9 dans la
corne de
l'Afrique, une rE9gion dE9jE0 secouE9e par des affrontements.
Les tentatives de mE9diation entre les deux voisins n'ont pas
abouti,
et les
deux camps s'accusent mutuellement.
Le conflit est nE9 le 13 mai lorsque le conseil des ministres
E9thiopiens a
accusE9 les forces de l'ErythrE9e d'avoir occupE9 une partie du
nord-ouest du
pays le 12 mai dernier. L'ErythrE9e a aussitF4t dE9menti ces
allE9gations en
affirmant que ses forces ont simplement ripostE9 aprE8s que la
milice
E9thiopienne ait violE9 ses territoires le 6 mai.
"Nous n'avons pas dE9passE9 d'un pouce les limites de nos
territoires", a
dE9clarE9 l'ambassadeur E9rythrE9en E0 son homologue E9thiopien
Girma Asmerom.
BombardE9 de questions par des journalistes mE9contents, il a
laissE9 entendre
que l'ErythrE9e a seulement repris la rE9gion de Badmen, qui
aurait
E9tE9
capturE9e par les forces E9thiopiennes six mois plutF4t.
Le mardi, le ministre E9thiopien des affaires E9trangE8res, Seyoum
Mesfin, a
dit aux diplomates et aux chefs des organisations internationales
E0
Addis-Abeba, la capitale E9thiopienne, que "l'agression de
l'ErythrE9e
comporte d'E9normes implications aux pays de la sous- rE9gion".
Si une solution n'est pas apportE9e E0 la crise, a-t-il dE9clarE9,
elle risque
de s'E9tendre dans toute la corne de l'Afrique, dE9jE0 agitE9e par
les conflits
tels que la guerre des clans de la Somalie, et la rE9bellion au
Soudan
et en
Ethiopie.
Un avertissement similaire a E9tE9 lancE9 par le ministre
soudanais
des
affaires E9trangE8res Ali Osman Taha. Il a rapportE9 aux
journalistes la
semaine derniE8re E0 Khartoum que le Soudan prE9fE9rait une
solution pacifique
au conflit entre l'Ethiopie et l'ErythrE9e, en vue d'E9viter une
nouvelle
vague de rE9fugiE9s.
Le Soudan abrite un nombre considE9rable de rE9fugiE9s en
provenance
d'Ethiopie et quelque 500.000 venus de l'ErythrE9e. La plupart
d'entre
eux
sont arrivE9s dans le pays pendant la guerre des rebelles de
1961-1991.
La crainte de voir la corne s'enfoncer d'avantage dans le chaos a
conduit le
prE9sident djiboutien Hassan Gouled Aptidon E0 s'envoler pour
l'Ethiopie la
semaine derniE8re, en vue de tenter une mE9diation entre les deux
pays.
Aptidon prE9side l'autoritE9 intergouvernementale sur le
dE9veloppement (IGAD)
qui regroupe le Djibouti, l'Ethiopie, l'ErythrE9e, le Soudan, la
Somalie, le
Kenya et l'Ouganda. Cette autoritE9 a vainement tentE9 de rE9gler
les conflits
rE9gionaux.
Le prE9sident Djiboutien s'est entretenu avec le chef de l'Etat
E9thiopien
Negasso Gidada et son Premier ministre Meles Zenawi, mais les
nE9gociations
n'ont pas abouti. Les dE9marches similaires entreprises par le
secrE9taire
d'E9tat amE9ricain pour les affaires africaines, Susan Rice et par
l'Organisation de l'UnitE9 africaine (OUA) n'ont pas eu assez
d'effets.
M a dE9clarE9 mardi dernier que l'Ethiopie envisagerait des
nE9gociations
seulement lorsque les troupes se seraient repliE9es de son
territoire
sans
conditions. "Il n'y a pas une autre alternative que
l'E9tablissement
du
statu quo … qui avait prE9valu avant l'invasion", a-t-il
dE9clarE9.
Il a indiquE9 que le territoire occupE9 par l'ErythrE9e n'avait
jamais E9tE9
l'objet d'une dispute, et appartenait E0 l'Ethiopie avant et
pendant
que
l'Italie occupait l'ErythrE9e. L'Ethiopie, a-t-il ajoutE9, va
mE9nager la
crise, espE9rant que "des situations dangereuses" seraient
E9vitE9es, "mais
si cela E9chouait, ce ne serait plus de notre responsabilitE9".
Les dE9tails des altercations entre les deux pays sont demeurE9s
sans
suite.
Un journal pro gouvernemental "The Reporter" a affirmE9 E0
Addis-Abeba le 18
mai que "lorsque les forces E9ythrE9ennes avaient envahi les
territoires de
Badmen et de Shiraro, 2/3 de la milice E9thiopienne et 608 soldats
E9rythrE9ens
E9taient blessE9s" alors que de sources non officielles on aurait
appris
qu'une centaine de personnes appartenant aux deux camps auraient
E9tE9 tuE9es.
Quatre jours auparavant, le gouvernement E9rythrE9en avait rendu
public un
communiquE9 accusant l'Ethiopie d'EAtre l'auteur du conflit. "Le
6
mai 1998,
alors qu'une dE9lE9gation E9rythrE9enne se rendait E0 Addis-Abeba
pour une
confE9rence, l'armE9e E9thiopienne a pE9nE9trE9 dans les
rE9gions situE9es aux
alentours de Badmen, a ouvert le feu et a causE9 de graves
dE9gE2ts
E0 l'endroit
de l'E9quipe E9rythrE9enne qui tentait de les amener au
dialogue",
a-t-il
indiquE9. Cette agression arbitraire a successivement dE9clenchE9
une sE9rie de
conflits dans la rE9gion".
Le 'Reporter', citant les responsables gouvernementaux, a dit que
le
ministre E9rythrE9en de la dE9fense, le gE9nE9ral Sibhat Epherem,
E9tait en
Ethiopie pour discuter du conflit frontalier. "Au cours de la
discussion il
a E9tE9 informE9 que l'armE9e E9rythrE9enne traversait la
frontiE8re E9thiopienne et
E9tait avisE9e que si tel E9tait le cas cela pourrait conduire E0
une situation
dangereuse", a ajoutE9 le journal.
Girma a rapportE9 E0 IPS la semaine derniE8re que cinq districts
E9taient en
conflit, certains d'entre eux E9taient occupE9s par les forces
E9thiopiennes,
et d'autres par les ErythrE9ens.
A mesure que la tension montait, l'administration de la capitale
d'Addis-Abeba a demandE9 aux rE9sidents d'EAtre sur le qui vive
et
de
rE9sister aux agressions "arbitraires" de l'ErythrE9e.
Cependant,
elle a
indiquE9 dans un communiquE9 du 17 mai que "les E9rythrE9ens
rE9sidants dans la
capitale sont en sE9curitE9 et mE8nent une vie normale".
PrE8s d'un demi-million d'E9rythrE9ens vivent en Ethiopie, la
majoritE9 sont E0
Addis-Abeba, et certains occupent de grands postes dans le
gouvernement
E9thiopien. Girma a indiquE9 que 120 000 E9thiopiens vivent en
ErythrE9e. La
majoritE9 travaille au port d'Assab, l'unique port E9thiopien qui
dE9bouche
sur la mer rouge.
L'histoire des deux pays est E9troitement liE9e. Les domaines qui
appartiennent maintenant E0 l'ErythrE9e appartenaient aux empires
E9thiopiens
et ottomans, et mEAme aux fiefs soudanais et E9gyptiens jusqu'en
1889,lorsque
l'Italie colonisa la rE9gion.
La domination italienne E9tait suivie en 1941-1952 par
l'administration
militaire britannique, et, plus tard, par une fE9ation entre
l'ErythrE9e et
l'Ethiopie. Cependant, E0 cette E9poque, l'empereur E9thiopien
Haile
Selassie
rE9duisait graduellement l'autonomie E9rythrE9enne, dE9clenchant
une guE9rilla
qui a E9clatE9 en 1961, un an avant la rE9duction de l'ErythrE9e
en
une province
E9thiopienne.
Cette guerre a pris fin en 1991 avec l'obtention de
l'indE9pendance de