CAMEROUN-DEVELOPPEMENT: Rompre avec le cercle vicieux de la pauvreté.

DJINGLIYA, CAMEROU, 11 mai (IPS) – Un groupe de 25 élèves est
assis sur des
nattes étendues à même le sol dans une chaumière. Cette chaumière,
appelée
"Boukarou", est l'école des enfants de Djingliya, village
reculé situé
dans les montagnes du Mandara, dans la province de l'extrême Nord
du Cameroun.

La hutte est, à l'origine, un centre d'alphabétisation des adultes
créé en
décembre 1997. La plupart des élèves ont entre 15 et 19 ans et
apprennent
encore l'alphabet.
Cette école qui est dirigée par un seul maître, Partaye Mogouden,
a été
créée grâce à une aide de l'Union européenne (UE) destinée à
donner un coup
de frein au cercle vicieux de la pauvreté dans la région.
Située à la frontière nigériane, la région est la terre natale
d'un million
de pauvres paysans qui vivotent sur un relief aride, accidenté et
rocailleux.
Ici, la pauvreté est criarde et les villageois réduits au
désespoir
recherchent des espaces étroits et des crevasses entre les rocs
pour planter
une graine de millet. Les pluies sont rares et ne tombent que
pendant trois
à quatre mois de l'année. La saison sèche domine le reste de
l'année.
La malnutrition sévit, surtout chez les enfants. Malgré leurs
faibles
conditions physiques, les enfants sont formés pour s'adapter à la
dure
réalité de la vie et rivalisent pour transporter des pierres
devant servir à
la construction du puits du village.
Certaines filles et femmes du village, dont certaines portent des
enfants au
dos, font des va-et-vient peu enviables dans un village voisin,
pour
transporter de l'eau, tandis que les hommes creusent un puits au
fond de la
terre et transpirent abondamment sous le chaud soleil.
Selon les experts, le taux d'analphabétisme dans certaines parties
de la
région atteint 90 pour cent.
Pour tenter de remédier à la crise, l'UE a signé un accord avec le
gouvernement camerounais en 1994. Ledit accord s'est soldé par la
création
d'une agence appelée les 'projets de développement de la région
des monts du
Mandara' (PDRM). Ce projet était destiné à aider les villageois.
Ce projet de quatre ans, démarré en 1996, a reçu un financement de
six
milliards de francs CFA de la part du fonds européen pour le
développement
(FED). Les principales activités du projet seront la fourniture de
l'eau
(identifiée comme le problème majeur) dans la région,
l'infrastructure
sociale (les salles de classe), les pistes rurales et le de
classe), les pistes rurales et le développement rural.
"Notre principe fondamental de travail", déclare Frédéric Nagel,
conseiller au développement rural à la délégation de la Commission
européenne au Cameroun, "est de soutenir les activités réellement
nécessaires, c'est-à-dire les activités reconnues prioritaires par
les
peuples eux-mêmes qui se doivent de nous garantir leur
participation
active".
L'objectif de l'UE est le partenariat. Dans le cadre de ce
partenariat, elle
a déjà achevé la construction de certaines salles de classes et de
certaines
latrines dans le village voisin de Singo Maksah. Les populations
locales ont
offert du sable, des pierres et de la main-d'uvre, tandis que le
projet a
fourni de l'assistance technique et financière.
A la fin des travaux, la contribution des populations locales a
été estimée
à 20 pour cent du coût total, contre 80 pour cent pour le PDRM.
L'UE a aussi construit une cinquante de salles de classes ainsi
que 66
centres d'alphabétisation des adultes pour 1650 personnes, en
particulier
des femmes et des jeunes filles. Vingt cinq autres salles de
classes seront
achevées en juin.
Dans le cadre de leurs activités externes, les élèves de 11 écoles
ont aussi
planté au total 4000 arbres au cours d'une opération destinée à
"inculquer
aux enfants le principe de la protection de l'environnement" et
de la lutte
contre la désertification.
L'Union européenne espère que d'ici le mois juin, 66 kilomètres de
route
auront été réparés ou construits.
"L'obstacle le plus important auquel nous faisons face est le
manque d'eau.
Nous avons l'intention d'augmenter la fourniture en l'eau",
annonce Leunda
Martiarena de l'UE.
Le PDRM promet de construire quatre grands barrages et 600 petits
barrages
destinés à endiguer l'eau tout au long des rivières, d'installer
des
piscines, d'élever le niveau de l'eau souterraine et de creuser
150 puits.
Il espère achever la construction d'une première série de 160
petits
barrages d'ici la fin du mois de juin.
Les populations locales ont favorablement accueilli l'aide de
l'UE. Elles
accusent leurs députés parlementaires d'empocher annuellement un
montant de
8 millions de francs CFA normalement destiné à des projets de
développement
dans leurs circonscriptions respectives.
"Nous ne les voyons ici que pendant les périodes électorales où
ils
viennent solliciter nos votes. Passé ces périodes, ils
disparaissent pour
aller vivre dans des palais vitrés en ville", précise un élève
de la
*DESTSERVFRE
*CATAF DV
CAMEROUN-DEVELOPPEMENT : Rompre avec le cercle vicieux de la
pauvretE9.
Par Tansa Musa
DJINGLIYA, CAMEROUN, 11 mai (IPS) – Un groupe de 25 E9lE8ves est
assis sur des
nattes E9tendues E0 mEAme le sol dans une chaumiE8re. Cette
chaumiE8re, appelE9e
"Boukarou", est l'E9cole des enfants de Djingliya, village
reculE9
situE9
dans les montagnes du Mandara, dans la province de l'extrEAme Nord
du
Cameroun.
La hutte est, E0 l'origine, un centre d'alphabE9tisation des
adultes
crE9E9 en
dE9cembre 1997. La plupart des E9lE8ves ont entre 15 et 19 ans et
apprennent
encore l'alphabet.
Cette E9cole qui est dirigE9e par un seul maEEtre, Partaye
Mogouden, a E9tE9
crE9E9e grE2ce E0 une aide de l'Union europE9enne (UE) destinE9e
E0 donner un coup
de frein au cercle vicieux de la pauvretE9 dans la rE9gion.
SituE9e E0 la frontiE8re nigE9riane, la rE9gion est la terre
natale d'un million
de pauvres paysans qui vivotent sur un relief aride, accidentE9 et
rocailleux.
Ici, la pauvretE9 est criarde et les villageois rE9duits au
dE9sespoir
recherchent des espaces E9troits et des crevasses entre les rocs
pour
planter
une graine de millet. Les pluies sont rares et ne tombent que
pendant
trois
E0 quatre mois de l'annE9e. La saison sE8che domine le reste de
l'annE9e.
La malnutrition sE9vit, surtout chez les enfants. MalgrE9 leurs
faibles
conditions physiques, les enfants sont formE9s pour s'adapter E0
la
dure
rE9alitE9 de la vie et rivalisent pour transporter des pierres
devant
servir E0
la construction du puits du village.
Certaines filles et femmes du village, dont certaines portent des
enfants au
dos, font des va-et-vient peu enviables dans un village voisin,
pour
transporter de l'eau, tandis que les hommes creusent un puits au
fond
de la
terre et transpirent abondamment sous le chaud soleil.
Selon les experts, le taux d'analphabE9tisme dans certaines
parties de
la
rE9gion atteint 90 pour cent.
Pour tenter de remE9dier E0 la crise, l'UE a signE9 un accord avec
le
gouvernement camerounais en 1994. Ledit accord s'est soldE9 par la
crE9ation
d'une agence appelE9e les 'projets de dE9veloppement de la rE9gion
des monts du
Mandara' (PDRM). Ce projet E9tait destinE9 E0 aider les
villageois.
Ce projet de quatre ans, dE9marrE9 en 1996, a reE7u un financement
de six
milliards de francs CFA de la part du fonds europE9en pour le
dE9veloppement
(FED). Les principales activitE9s du projet seront la fourniture
de
l'eau
(identifiE9e comme le problE8me majeur) dans la rE9gion,
l'infrastructure
sociale (les salles de classe), les pistes rurales et le de
classe), les pistes rurales et le
dE9veloppement rural.
"Notre principe fondamental de travail", dE9clare FrE9dE9ric
Nagel,
conseiller au dE9veloppement rural E0 la dE9lE9gation de la
Commission
europE9enne au Cameroun, "est de soutenir les activitE9s
rE9ellement
nE9cessaires, c'est-E0-dire les activitE9s reconnues prioritaires
par les
peuples eux-mEAmes qui se doivent de nous garantir leur
participation
active".
L'objectif de l'UE est le partenariat. Dans le cadre de ce
partenariat,
elle
a dE9jE0 achevE9 la construction de certaines salles de classes et
de certaines
latrines dans le village voisin de Singo Maksah. Les populations
locales ont
offert du sable, des pierres et de la main-d'9Cuvre, tandis que le
projet a
fourni de l'assistance technique et financiE8re.
A la fin des travaux, la contribution des populations locales a
E9tE9
estimE9e
E0 20 pour cent du coFBt total, contre 80 pour cent pour le PDRM.
L'UE a aussi construit une cinquante de salles de classes ainsi
que 66
centres d'alphabE9tisation des adultes pour 1650 personnes, en
particulier
des femmes et des jeunes filles. Vingt cinq autres salles de
classes
seront
achevE9es en juin.
Dans le cadre de leurs activitE9s externes, les E9lE8ves de 11
E9coles ont aussi
plantE9 au total 4000 arbres au cours d'une opE9ration destinE9e
E0
"inculquer
aux enfants le principe de la protection de l'environnement" et
de la
lutte
contre la dE9sertification.
L'Union europE9enne espE8re que d'ici le mois juin, 66 kilomE8tres
de route
auront E9tE9 rE9parE9s ou construits.
"L'obstacle le plus important auquel nous faisons face est le
manque
d'eau.
Nous avons l'intention d'augmenter la fourniture en l'eau",
annonce
Leunda
Martiarena de l'UE.
Le PDRM promet de construire quatre grands barrages et 600 petits
barrages
destinE9s E0 endiguer l'eau tout au long des riviE8res,
d'installer
des
piscines, d'E9lever le niveau de l'eau souterraine et de creuser
150
puits.
Il espE8re achever la construction d'une premiE8re sE9rie de 160
petits
barrages d'ici la fin du mois de juin.
Les populations locales ont favorablement accueilli l'aide de
l'UE.
Elles
accusent leurs dE9putE9s parlementaires d'empocher annuellement un
montant de
8 millions de francs CFA normalement destinE9 E0 des projets de
dE9veloppement
dans leurs circonscriptions respectives.
"Nous ne les voyons ici que pendant les pE9riodes E9lectorales
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ils
viennent solliciter nos votes. PassE9 ces pE9riodes, ils
disparaissent pour
aller vivre dans des palais vitrE9s en ville", prE9cise un
E9lE8ve de la