ANTANANARIVO, 25 juin (IPS) – Cette année, les fortes pluies de la dernière saison cyclonique n’ont pas interrompu la scolarité des enfants de Marolondo, un village situé dans le district de Fénérive-Est, à 450 kilomètres au nord-est d’Antananarivo, la capitale de Madagascar.
Depuis que de nouvelles salles de classe ont été construites dans le pays avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), les élèves peuvent étudier dans un local qui les protège des pluies et du soleil, tandis que les ruines du vieux bâtiment en bois sont devenues un terrain de jeux. Angita, une fille de 11 ans, en troisième année du cycle primaire, se dit satisfaite des nouvelles conditions dans lesquelles elle suit les cours. «C’est très agréable d’étudier dans les nouvelles salles de classe», déclare-t-elle à IPS. «Le soleil ne frappe pas fort, et quand il pleut, nous sommes bien à l’abri», ajoute-t-elle. Selon Daniel Timme, chargé de communication à l’UNICEF Madagascar, «le plafond des classes a été fabriqué de manière à rendre la chaleur moins insupportable». Angita se rappelle ses précédentes années scolaires, juste après que le vieux bâtiment de l’école a été détruit par un cyclone en 2008. «Après le passage du cyclone, nous avons dû étudier sous des tentes. Mais il y faisait très chaud, et j’avais tout le temps envie de dormir», raconte-t-elle. Elle ajoute: «Puis plus tard, le vent a détruit les tentes. L’eau entre quand il pleut et le sol se transforme en boue. Nous avons donc dû rentrer à la maison et ne revenir que quand le temps est plus sec». Les parents sont également rassurés par la construction de la nouvelle infrastructure réputée anticyclonique. Fénérive-Est étant une région fréquemment soumise aux cyclones, envoyer les enfants à l’école en période cyclonique les avait toujours inquiétés. Depuis que le nouveau bâtiment a été construit, ils sont plus nombreux à laisser leurs enfants aller à l’école. «Les parents sont moins inquiets et nous avons enregistré une hausse du nombre d’élèves fréquentant l’école primaire publique», indique à IPS, le chef du village, Bruno Tsimitoa. Mais pour l’UNICEF qui avait financé la construction du bâtiment de l’école de Marolondo et de 57 autres salles de classe dans sept régions de Madagascar, il ne s’agit pas uniquement de créer un environnement sûr et agréable pour l’apprentissage des enfants. Le coût global pour les 58 salles de classe est estimé à environ 1,3 million de dollars US.
L’objectif est également de réduire l’impact de la construction des écoles sur l’environnement, surtout que pour atteindre les objectifs du programme Education pour tous, Madagascar a besoin de construire 3.000 salles de classe par an jusqu’en 2015. A cela, il faudra ajouter la nécessité de reconstruire et de réhabiliter les 1.000 salles de classe endommagées ou détruites chaque année à cause des cyclones, selon les chiffres donnés par l’UNICEF. «Imaginez les conséquences que cela pourrait avoir sur l’environnement si les briques utilisées pour toutes ces constructions sont fabriquées de manière traditionnelle», souligne Timme à IPS. «Rien que pour la construction de deux salles de classe, il faut 14.000 briques en terre cuite, brûler un hectare de forêt et rejeter 200 tonnes de CO2 dans l’atmosphère», ajoute-t-il. C’est ainsi que le concept “eco-friendly school” (écoles amies des enfants et de l'environnement) a été lancé. «Il s’agit d’une approche qui promeut des techniques et des matériaux de construction respectueux de l’environnement», explique Timme. «Les briques ne sont plus en terre cuite mais en terre compressée, et les matériaux sont disponibles localement», indique à IPS, Jacques Ramaroson, coordonnateur de l’ONG chargée de la réalisation du projet de construction du bâtiment de l’école de Marolondo. «La terre est dosée en fonction de la nature du sol, on n’utilise que peu de fer et de sable, et on n’a pas besoin de ciment pour élever les murs parce que les briques sont autobloquantes», ajoute-t-il. Ramaroson souligne également que «ce procédé est plus économique que le procédé traditionnel», affirmant: «On peut gagner une marge allant jusqu’à 25 pour cent sur le coût de fabrication». La période de construction est également réduite. «La construction du bâtiment de l’école de Marolondo n’a nécessité que trois mois».
En construisant les bâtiments pilotes dans sept régions sises dans le nord, le sud, l’est, l’ouest et le centre de la Grande île, l’UNICEF espère aussi «développer localement des capacités et des connaissances en termes de construction, et donner un exemple pour d’autres institutions et entreprises impliquées dans la construction à Madagascar», indique un communiqué de l’agence. Un objectif que l’UNICEF est en passe d’atteindre. Selon Ramaroson, «des entreprises de construction privées commencent à utiliser le procédé dans d’autres régions, tandis que des artisans locaux commencent à fabriquer localement des machines destinées à la compression des briques».

