TRAVAIL-KENYA: Une Grève Bancaire Paralyse Les Activités Economiques.

NAIROB, 6 août (IPS) – L'actuelle grève observée par les employés
de banque et les agents municipaux, a paralysé Naïrobi, la
capitale kenyane, qui est largement considérée comme étant le
centre économique de la région.

La ville est paralysée à tel point que les employés de banque ont
reçu mercredi dernier l'ordre de mettre fin à la grève qu'ils ont
déclenchée lundi pour protester contre un projet du gouvernement,
destiné à prélever des taxes sur leurs prêts à faible intérêt et
leurs primes.
Un communiqué rendu public mercredi par les banques concernées, a
notifié aux employés qu'ils seraient renvoyés s'ils ne se
conformaient pas à l'ordre.
Le communiqué a signalé que la grève représente une brèche
fondamentale au contrat des employés et que les grévistes ont
négligé leurs devoirs.
L'avertissement a été méprisé par les grévistes qui ont déclaré
qu'aucune tentative d'intimidation ne les obligera à retourner au
travail tant que la prévision fiscale ne sera pas annulée.
La grève a également été déclarée illégale par le ministre du
Travail, Joseph Ngutu.
Le gouvernement essaie aussi de lutter contre une autre grève
annoncée par plus de 1700 agents de la municipalité de Naïrobi,
pour réclamer leur salaire de juillet et les arriérés de 200
millions de shillings accumulés au cours de ces six dernières
années.
Un dollar américain équivaut à 57,50 shillings kenyans.
Face aux menaces du gouvernement, Wasike Ndombi, secrétaire
général du syndicat des travailleurs de l'administration locale
kenyane, a affirmé qu'il se demande pourquoi les agents municipaux
n'ont pas été payés".
La grève a été décrite comme une perte de temps par Ahmed Ogle,
l'adjoint au maire de Naïrobi. "Comment pensent-ils être payés
alors qu'il n'y a personne pour percevoir les taxes", s'est-il
demandé.
Un argument similaire a été avancé par le président du comité
syndical interbancaire, Jacob Opiyo, qui a expliqué que la loi
kenyane stipule que ni les employeurs ni le gouvernement n'ont le
droit de faire, ainsi que l'envisage la nouvelle taxe, une
ponction fiscale de plus de 50 pour cent sur un salaire.
"Nous n'allons pas faire recours à la justice, mais la grève se
poursuivra jusqu'au moment où le gouvernement réagira en retirant
la taxe contestée", a-t-il dit.
C'est la deuxième fois que les employés de banques vont en grève
cette année-ci pour des raisons fiscales. Un certain nombre de
grèves organisées entre février et mars se sont achevées seulement
lorsque le gouvernement a fléchi et suspendu la taxe en cause.
Selon les employés de banques, la crise actuelle a été ravivée par
le ministre des Finances, Simeon Nyachae, qui a réimposé la taxe
lors de la proclamation du budget de l'année en cours, en
annonçant que les employés de banques ne pourraient pas bénéficier
d'un traitement préférentiel contrairement aux autres Kenyans.
"Nous faisons les frais des fautes et des circonstances échappant
à notre mandat et à notre contrôle", a indiqué le directeur
général de l'association kenyane des gestionnaires de banques
(KBEA), R. M. Chubi.
"Nous ne sommes pas contents de la situation actuelle. Les
banques n'assurent plus aucun service . . . la fin de la grève
dépend du gouvernement".
Cependant, le président Daniel Arap Moi a amené son gouvernement à
prendre ses distances vis-à-vis de la grève, sous prétexte que la
plupart des banques sont la propriété des entrepreneurs privés. Il
a exhorté les employés de banques en grève à retourner au travail.
"Il y a des milliers de diplômés qui cherchent du travail et qui
peuvent aisément remplacer les grévistes", a-t-il fait remarquer
lors d'un meeting politique à Nakuru, localité située à 150 km à
l'ouest de Naïrobi.
Dans les milieux d'affaires, les gens déclarent avoir peur de
devenir la cible des voleurs car ils gardent de fortes sommes
d'argent dans les boutiques et à la maison. "Nous pourrions
également fermer nos boutiques car les voyous sont sûrs que s'ils
frappent, ils obtiendront assez de butin, a dit Anil Shuvran,
homme d'affaires kenyan.
Il y a deux semaines, plus de 260.000 enseignants étaient allés en
grève pour protester contre le refus du gouvernement de retirer un
projet de loi controversé ayant pour but d'annuler les
augmentations salariales concédées l'année dernière. Les activités
pédagogiques n'ont repris que lorsque le gouvernement a décidé
d'abroger le projet.