ENVIRONNEMENT: Un atlas pour comprendre les défis écologiques de l'Afrique

BRUXELLES, 11 juin (IPS) – Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) vient d'éditer un atlas de l'Afrique, qui illustre les transformations de la nature et de l'environnement sur le continent au cours des dernières décennies. Cet ouvrage de près de 400 pages offre aux décideurs politiques des cartes, des photographies satellites et une vision claire des défis écologiques présents et à venir.

L'une des particularités de cet atlas, présenté mardi par le PNUE à Johannesburg, en Afrique du Sud, est de contenir des centaines de photographies satellites du continent qui ont parfois plus de 30 ans, et de les comparer avec des vues récentes. Le résultat est spectaculaire et pas forcément toujours négatif.

Ainsi, au Niger, on peut constater qu'il pousse aujourd'hui entre dix à vingt fois plus d'arbres qu'au cours de la décennie 1970 et que cette avancée est le résultat des énormes efforts de plantation entrepris par les fermiers locaux. Les images des réserves naturelles de Tunisie, de Mauritanie, du Kenya et du Liberia, par exemple, démontrent également une progression des surfaces couvertes par la nature, ainsi que des tourbières.

D'autres images présentées dans cet atlas sont cependant beaucoup plus alarmantes, comme ces photographies satellites de l'assèchement du lac Tchad, de la fonte des glaces du Mont Kilimandjaro ou de la baisse des eaux du lac Victoria; des changements et des défis environnementaux bien connus, mais pour lesquels cet ouvrage apporte aujourd'hui un nouvel éclairage.

Par ailleurs, l'atlas intitulé “Afrique : Atlas d'un environnement en mutation” met également en lumière des problèmes et des défis environnementaux moins connus du grand public, comme la disparition des glaciers du Mont Rwenzori, à la frontière entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), par exemple, qui ont diminué de 50 pour cent entre 1987 et 2003.

L'accent est également mis sur la déforestation massive du continent africain. En RDC, par exemple, l'expansion des routes, dans le nord du pays, a ouvert de nouveaux corridors de déforestation depuis le milieu des années 1970, souligne le PNUE, et de nouvelles routes menacent encore un peu plus la richesse forestière du Congo.

Selon les auteurs de cet ouvrage, l'Afrique perd en moyenne 40.000 kilomètres carrés de forêt par an, soit plus de la superficie de la Belgique. Cela représente un taux de déforestation deux fois plus élevé que la moyenne mondiale. Aujourd'hui, la déforestation est devenue une préoccupation majeure pour 35 pays du continent, notamment pour le Rwanda, la RDC, le Malawi ou encore le Nigeria.

En outre, 32 pays africains sont confrontés à une dégradation de leurs terres et de leur biodiversité, dont le Cameroun, l'Erythrée ou le Ghana. Certaines régions du continent perdent ainsi plus de 50 tonnes métriques de sol par hectare par an. D'autres pays doivent également faire face à des problèmes de désertification, comme le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et le Niger, ainsi qu'à des pénuries d'eau.

En Afrique, plus de 300 millions de personnes sont déjà confrontées à la rareté de l'eau et les zones qui connaissent des pénuries en Afrique subsaharienne augmenteront encore probablement de près d'un tiers d'ici à 2050, selon les prévisions du PNUE.

En éditant cet ouvrage, le Programme des Nations Unies pour l'environnement veut également rappeler que la capacité de l'Afrique à s'adapter aux changements climatiques, qui accélèrent ces transformations, est assez faible. “Bien que l'Afrique ne produise que 4 pour cent du total mondial des émissions de dioxyde de carbone, ses habitants souffrent des conséquences du changement climatique mondial de manière disproportionnée”, soulignent les auteurs de l'atlas.

“Afrique : Atlas d'un environnement en mutation” a été réalisé par le PNUE en collaboration avec des chercheurs et des organisations en Afrique et ailleurs. Il a notamment bénéficié du soutien de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et de la Belgique. Le site Internet de l'atlas : http://na.unep.net/AfricaAtlas/