DAR ES SALAAM, 30 nov (IPS) – La poursuite des conflits en République démocratique du Congo (RDC) a porté un coup à ceux qui espéraient la paix en Afrique centrale. Toutefois, Liberata Mulamula, directrice exécutive de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (ICGLR), reste optimiste quant à l'avenir de cette partie du continent.
"Nous croyons que l'ICGLR a préparé le terrain d'un meilleur avenir pour les populations", a-t-elle déclaré à IPS, lors de la troisième conférence qui s'est tenue dans le cadre du Processus de Helsinki sur la globalisation et la démocratie. Cette initiative conjointe de la Finlande et de la Tanzanie vise à promouvoir le dialogue Nord-Sud, en reconnaissance du fait que les problèmes liés à la globalisation exigent des solutions très variées. La réunion du 27 au 29 novembre s'est tenue à Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, sous le thème 'Gouvernance inclusive — combler les fossés mondiaux'. L'ICGLR, un processus plutôt qu'une simple rencontre, a été créée en 2000 en réponse aux multiples problèmes dans les Grands Lacs.
Cette région continue de surmonter les effets du génocide rwandais de 1994, dans lequel plus de 800.000 Tutsis minoritaires et Hutus modérés ont été tués.
Elle a été également frappée fort par la guerre de 1998-2002 en RDC, laquelle a impliqué le Rwanda, l'Ouganda et le Zimbabwe, entre autres — causant la mort de millions de personnes et occasionnant le pillage général des ressources naturelles dans l'est du pays. Les élections de l'année dernière n'ont pas réussi à étouffer les conflits dans cet Etat : dans l'est de la RDC, l'armée est en train de combattre le général rebelle Laurent Nkunda qui prétend être en train de protéger les Tutsis congolais contre des attaques qui ont des motivations ethniques.
Dar es Salaam a abrité, en 2004, le premier sommet des dirigeants des 11 Etats membres de l'ICGLR : Angola, Burundi, la République centrafricaine, Congo, la RDC, Kenya, Rwanda, Ouganda, Soudan, Tanzanie et Zambie.
Un deuxième sommet s'est tenu l'année dernière à Nairobi, au Kenya. Le secrétariat de la conférence est situé dans la capitale burundaise, Bujumbura.
"Nous nous sommes rendu compte que les troubles qui sont survenus étaient principalement dus à la pauvreté, laquelle était le résultat du pillage des ressources naturelles", a affirmé Mulamula, indiquant que l'absence de la bonne gouvernance en était également responsable, de même que les divisions ethniques. "En conséquence, nous avons mis en marche un programme d'action qui a duré un an et conduit à la signature du protocole de non-agression par les Etats membres", a-t-elle ajouté. "Cet effort a abouti grâce aux mesures punitives qui ont été mises en œuvre contre les pays qui ont l'ont violé", a poursuivi Mulamula. "Nous avons également pu réunir la RDC et le Rwanda pour constater que les options militaires ne constituent pas les seuls moyens de résoudre les différends, et ils ont pu résoudre leurs différends sans l'utilisation de la force". L'ICGLR a par ailleurs institué un protocole sur l'exploitation illégale des ressources. "Il y a également le protocole sur le génocide et le protocole sur le déplacement interne des personnes et sur comment les aborder. Avec tous ceux-ci en place, nous avons préparé le terrain pour le développement futur de la région".
En outre, "Nous avons pris des mesures pour créer des opportunités pour le renforcement des capacités dans le but d'enraciner la bonne gouvernance". La conférence a cherché à aider dans la réduction de la pauvreté à travers la coordination et la mise en œuvre de diverses initiatives.
Selon Mulamula, il y a des efforts "pour permettre aux populations de s'assumer à travers des mesures de micro-finance qui sont en train d'être appuyées par la Banque africaine de développement et la 'Preferential Trade Area Bank' (Banque de zone de commerce préférentiel)". Elle a indiqué que les pays des Grands Lacs "ont la capacité d'exploiter leurs vastes ressources en attirant l'investissement extérieur".
Mais, "telle que la situation se présente actuellement, l'insécurité a rendu peu attrayants certains pays de la région, et nous voulons changer tout cela".

