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FORUM SOCIAL MONDIAL: Au Burkina Faso, des jeunes veulent toujours partir en Europe

8 January 2007 Leave a Comment

OUAGADOUGOU, 8 jan (IPS) – Avec le thème "Le Burkina Faso face à la mondialisation : un autre Burkina est possible", le Forum social de ce pays d'Afrique de l'ouest a fait de l'immigration des jeunes un sujet capital.

Selon François Traoré, l'un des leaders du forum qui s'est réuni à Ouagadougou, à la fin-décembre à Ouagadougou, "Les jeunes quitteront les campagnes si rien n'est fait pour rémunérer leur travail à sa juste valeur". Traoré, qui est également président de la Confédération paysanne du Burkina et de l'Association des producteurs de coton africains, qui se battent pour une juste rémunération du coton africain en dénonçant les importantes subventions accordées notamment aux cotonculteurs américains. Le Burkina Faso est le premier producteur de coton en Afrique subsaharienne, avec quelque 600.000 tonnes par an. Mady Daboné, 30 ans, est probablement un de ces jeunes Burkinabé qui sont décidés à quitter leur pays pour émigrer vers l'Europe. Sous un soleil de plomb, il attendait, très tôt un matin à la gare routière de Ouagadougou, l'autobus qui relie quotidiennement son village Begdo, situé dans l'est du Burkina Faso et à 220 kilomètres de la capitale.

Il attendait de l'argent pour l'obtention de son visa pour l'Italie, pour laquelle des "démarcheurs officieux" ont promis de l'aider. Daboné, qui n'a pas eu la chance d'aller à l'école, est obnubilé par le voyage en Europe.

Dans son village, plusieurs jeunes sont partis en Europe depuis longtemps et ont réalisé d'importantes infrastructures (maisons et boutiques) au pays pour leurs parents et la collectivité. Venu à Ouagadougou l'année dernière, à la recherche d'une meilleure situation, Daboné, tient à partir en Europe et rêve de "faire beaucoup d'économies pour revenir se marier, construire une villa pour les parents et ouvrir une boutique".

"De toutes façons, en restant ici, c'est la misère, je préfère tenter l'aventure comme mes amis d'enfance. J'en ai une vingtaine en Italie et en Espagne. Ils ont tous réussi, même s'ils ont souffert au début", déclare-t-il à IPS. Malgré les images télévisées des drames liés à l'immigration clandestine, beaucoup de jeunes, comme Daboné, rêvent toujours de rejoindre l'Europe. "Les jeunes sont attirés par l'Europe et croient dur que c'est là-bas que se trouve le bonheur. Ils sont prêts à débourser des millions, voire à risquer leur vie pour atteindre leur but", explique à IPS, Alidou Koné, un chercheur en économie agricole à Ouagadougou.

Pourtant, le village de Sampéma, situé dans la même région que celui de Daboné, a été endeuillé en juillet 2006, par la mort de 11 de ses enfants en pleine mer, au large de la Sicile, dans le sud de l'Italie. Agé de 36 ans, marié et père de quatre enfants, Seyba Diabo, qui désirait rejoindre l'Italie, par la Libye, faisait partie des victimes. "Il voulait partir car il avait des difficultés à joindre les deux bouts, surtout qu'il avait une famille forte de quatre personnes et aussi parce qu'il avait des amis qui ont quitté le village pour l'Europe. Il comptait travailler dans des champs de tomates en Italie", indique son frère Seydou Diabo. La disparition tragique de Diabo a beaucoup ému ses concitoyens lorsque la nouvelle a été publiée par la presse locale.

Les filières d'immigration via la Libye pour l'Italie, et via l'Algérie et le Maroc pour l'Espagne — en passant le Mali et le Niger — sont les plus utilisées par les Burkinabé, selon une source anonyme des services de sécurité, à Ouagadougou.

Un candidat burkinabé à l'immigration, qui a requis l'anonymat et avait été refoulé en 2004 en Libye, alors qu'il visait l'Italie, a expliqué à IPS : "Dans un premier temps, tous les candidats à l'immigration ont déboursé chacun 1.200 dollars. Les groupes se composaient de presque toutes les nationalités ouest-africaines, et on pouvait avoir une vingtaine de personnes par passeur".

Du fait de l'exode des campagnes vers les villes, "Les zones désertifiées du Sahel se sont vidées au profit des régions côtières africaines qui attirent une grande partie des migrants. Les migrations intra-régionales sont un relais pour l'aventure vers l'Europe", souligne Koné.

"Ces jeunes ruraux, en arrivant dans les centres urbains, ont cru qu'ils y allaient réussir facilement. Et quand ils se retrouvent confrontés à la pauvreté, leur seule alternative est de partir pour l'Europe, quel que soit le prix à payer", estime Ibrahim Kinda, un sociologue à Ouagadougou, citant Alfred Sauvy : “Si les richesses ne vont pas où sont les hommes, les hommes iront où sont les richesses”.

"Pour les jeunes surtout, c'est dur de vivre dans leur pays parce qu'il n'y a pas de perspectives, et le travail se fait de plus en plus rare", confie à IPS, Théophile Ouédraogo, membre de la Confédération paysanne du Burkina, qui participe au Forum social du Burkina.

Pourtant, selon le ministère de l'Agriculture, "Le Burkina Faso dispose d'un potentiel de superficies aménageables de plus de 500.000 hectares dont à peine 40.000 sont effectivement aménagés, soit moins de 10 pour cent".

Le gouvernement burkinabé affirme avoir lancé des programmes qui offrent des opportunités aux jeunes ruraux dans l'agriculture et des perspectives d'emplois aux jeunes citadins. Par exemple, le Burkina Faso, a été déclaré éligible au programme d'aide américaine du 'Millenium Challenge Account' en novembre 2005, et recevra, en 2007, un financement d'environ 500 millions de dollars. L'économiste Bissiri Joseph Sirima, qui dirige ce programme, a déclaré à IPS : "Nous avons effectivement fait le tour du Burkina Faso. Nous avons recensé les priorités et nous avons rédigé un programme soutenu par des projets issus des priorités des populations. Et si l'on veut lutter efficacement contre la pauvreté, il faut tenir compte de l'agriculture".

Par ailleurs, un projet d'appui aux filières agricoles, sylvicoles et pastorales sera lancé cette année, grâce à un appui financier de la Banque mondiale, d'environ 60 millions de dollars. Ce projet vise à accroître la production et la compétitivité des produits burkinabé de ces trois secteurs sur le marché national, sous-régional et international, selon le gouvernement. Il passe par le développement des performances des filières sélectionnées (sésame, oignon, mangues, maïs, niébé, volaille, bétail-viande, coton), et des infrastructures d'irrigation et de commercialisation.

"Les superficies des bas-fonds peuvent permettre de quadrupler les productions à travers les 78.000 hectares dans le sud-ouest et 596.000 hectares à l'ouest. Avec de telles superficies, le Burkina Faso pourrait augmenter considérablement sa production et réaliser ainsi des bénéfices annuels additionnels estimés à 160 millions de dollars", explique à IPS, Martin Ouédraogo, un cadre du ministère de l'Agriculture.

Près de 80 pour cent des 13 millions de Burkinabé vivent dans des zones rurales, et près de 51 pour cent d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins d'un dollar par jour, selon des estimations officielles.

Selon l'Institut national des statistiques de Burkina, le principal foyer de départ pour l'immigration est le milieu rural qui fournit 86 pour cent des migrants, et la première destination est la Côte d'Ivoire — avant le Gabon, l'Europe et les pays du Golfe. Les 90 pour cent des immigrés ont moins de 35 ans et sont célibataires pour la plupart. Pascal Ouédraogo de l'organisation non gouvernementale basée à Ouagadougou, "Laafi" (ou bien-être en langue Mooré), qui a participé au dernier Forum social mondial (FSM) de Bamako en 2006 et qui sera au FSM 2007, ce mois-ci à Nairobi, déclare ne pas comprendre "pourquoi les jeunes veulent forcément se tourner vers l'Europe pour réaliser leurs ambitions". "L'amélioration des conditions de vie et la diversification des opportunités économiques dans les zones rurales sont des moyens d'enrayer la migration vers les grandes villes et l'Europe", affirme-t-il, souhaitant que "l'immigration des jeunes soit au centre des discussions au FSM de 2007".

"Quand la Communauté européenne décidera qu'il est juste et bon que l'Afrique protège ses filières de productions agricoles pour parvenir à la souveraineté alimentaire, nos jeunes n'auront plus besoin de quitter les campagnes", soutient Raoul Tiendrébéogo, militant de la Coalition des organisations de la société civile pour un développement durable et équitable, basée à Ouagadougou.

Il estime également que le Forum social mondial de 2007 ne peut occulter la question des Accords de partenariat économique (APE) entre l'Union européenne et les 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Les APE sont prévus pour entrer en vigueur en 2008 pour être conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. Les APE devraient remplacer l'Accord de Cotonou signé en 2000 au Bénin, dont les termes préférentiels sont plus avantageux pour les pays ACP.

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