JOHANNESBURG, 6 sept (IPS) – Les Nations Unies devraient s'assurer que les accords obtenus au Sommet mondial sur un développement durable (SMDD) sont mis en oeuvre par la communauté internationale, a déclaré le président sud-africain, Thabo Mbeki, cette semaine.
Il répondait aux craintes selon lesquelles le sommet, convoqué pour trouver des voies et moyens d'alléger la pauvreté et de protéger l'environnement, allait se révéler être une autre parlotte coûteuse.
"Les gens n'avaient simplement pas accepté que nous concluions le sommet", a dit Mbeki. Les Nations Unies doivent maintenant indiquer rapidement les mécanismes que nous devrions mettre en place pour nous assurer que les engagements pris au SMDD seront honorés".
Les pays en développement et certaines organisations non gouvernementales ont accusé les nations riches du monde de n'avoir pas tenu les engagements précédents pour négocier de meilleurs accords d'aide et de commerce avec des économies émergentes. Mbeki s'exprimait après la clôture du SMDD, qui a pris fin tard mercredi dans la ville sud-africaine de Johannesburg et qu'il avait présidé.
Se décrivant lui-même comme un fonctionnaire de l'ONU pendant la durée du sommet (22 août au 4 septembre), il a demandé la réforme de l'organisation qui, espère-t-il, conduira le monde vers un développement social et économique durable.
Mbeki a souligné que les discussions concernant la réforme des Nations Unies, comme la restructuration du Conseil de sécurité, avaient traîné pendant des années, sans résolution.
Il a également demandé une plus grande coordination entre les organisations internationales, comme la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce, pour s'assurer qu'elles travaillent toutes sur un programme commun pour alléger la pauvreté et promouvoir le développement économique et social.
Finalement, il a insisté sur la nécessité d'une plus grande démocratisation du système mondial de gouvernement. Les pays en développement et les pays pauvres se sont souvent plaints de ce que les institutions internationales sont dominées par les nations riches.
Mbeki était impartial dans ses commentaires à propos des organisations non gouvernementales et de celles de la société civile qui ont été critiques à l'égard des résultats du sommet.
Les organisations de développement, comme Oxfam International, ont sévèrement critiqué le sommet pour n'avoir pas accepté d'accroître l'aide financière et l'aide au développement aux pays en développement ou d'annuler leur dette envers les pays riches.
Jubilée, une organisation rassemblant plusieurs autres, qui a demandé la réduction de la dette dans les années 90, estime le poids total de la dette des pays africains à 300 milliards de dollars US, dont 149 milliards US sont dus par 34 des pays les plus pauvres du continent.
Les organisations environnementales comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) sont également inquiètes que les accords n'aient pas fait assez pour réparer les dégâts à l'environnement mondial et pour le mettre à l'abri de nuisances supplémentaires.
L'ONU estime que, aux taux actuels d'extinction des plantes et des animaux, la terre perd un important remède tous les deux ans. Elle estime que moins d'un pour cent des 250.000 plantes tropicales du monde a été passé au crible pour des applications pharmaceutiques potentielles.
Qualifiant la demande et les attentes des organisations non gouvernementales au sommet de "légitimes", Mbeki a fait remarquer que le Plan final de mise en œuvre était un document négocié qui, en pratique, signifiait qu'aucun des 200 gouvernements et organisations représentés au sommet, n'a obtenu tout ce qu'il voulait.
Le fait que l'accord final ne soit pas le meilleur résultat possible, n'était pas une preuve de manque de volonté chez tous les participants, mais plutôt un manque de volonté chez certains", a expliqué Mbeki.
Il a prié instamment les organisations non gouvernementales d'intensifier leur "pression sur ces pays qui nous ramènent au plus bas commun dénominateur".
Mbeki maintient catégoriquement que le SMDD était bon pour l'Afrique. Il a fait remarquer que le sommet avait approuvé le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), le plan de l'Union africaine (UA) pour le développement économique et social durable du continent et la protection de son environnement. Le sommet s'est également engagé à des objectifs, comme la fourniture d'énergie à 35 pour cent des Africains en 20 ans. Le continent tirerait également profit de la décision de réduire de moitié le nombre de personnes dans le monde n'ayant pas accès à l'eau potable et aux installations sanitaires sûres d'ici à 2015.
Tout aussi remarquable, a indiqué Mbeki, l'organisation réussie du sommet en Afrique était importante pour dissiper le mythe selon lequel les Africains ne peuvent pas bien faire les choses d'eux-mêmes. Les perceptions sont importantes, a expliqué Mbeki. Et les gens du monde qui quittent ce sommet sauront que les Africains essaient de régler leurs problèmes et qu'ils méritent qu'on les soutienne".
Au cours de la dernière session plénière, l'Afrique du Sud a été, à maintes reprises, louée pour la manière dont le sommet s'est déroulé, tandis que les ministres du gouvernement ont été honorés pour négocier les accords qui ont rendu possible le traité final sur le Plan de mise en œuvre du SMDD.

