Éducation Sans Délai s’Entretient avec Ramiz Alakbarov, Coordinateur Résident et Coordinateur Humanitaire des Nations-Unies en Éthiopie

 
6 mars 2025 –
Dr. Ramiz Alakbarov a été nommé coordinateur résident et coordinateur humanitaire des Nations-Unies en Éthiopie par le Secrétaire-Général des Nations-Unies, António Guterres, en août 2023.

Avant cette affectation, le Dr. Alakbarov était Représentant Spécial Adjoint pour l’Afghanistan auprès de la Mission d’Assistance des Nations-Unies en Afghanistan, où il était également Coordinateur Résident et Coordinateur Humanitaire des Nations-Unies.

M. Alakbarov a également occupé plusieurs postes au sein du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), notamment en tant que Directeur Exécutif Adjoint pour la Gestion et les réformes des Nations-Unies (ad-interim) et Directeur de la Division des Politiques et des Stratégies à New York, Représentant de Pays en Haïti, Directeur Régional Adjoint du Bureau Régional pour les États Arabes et Chef du Bureau au Sud-Soudan. Avant d’occuper ces postes, il avait assumé diverses fonctions au FNUAP en soutenant les programmes nationaux dans les États Arabes, en Europe de l’Est et en Asie Centrale, notamment en tant que responsable de programme pour le Soudan, la Somalie et l’Irak, et en tant que Responsable de la Réponse Humanitaire pour les Opérations en Afghanistan, en Palestine et dans la Région des Grands Lacs.

De 1992 à 1995, il était Professeur Adjoint à l’Université de Médecine d’Azerbaïdjan et médecin praticien. Le Dr Alakbarov est titulaire d’un Doctorat en médecine interne de l’Université de Médecine d’Azerbaïdjan et d’une Maîtrise en Relations Internationales de la Fletcher School of Law and Diplomacy (École de Droit et de Diplomatie Fletcher) de Boston (Massachusetts).

ÉSD : En votre qualité de Coordinateur Résident des Nations-Unies et de Coordinateur Humanitaire en Éthiopie, vous supervisez l’aide humanitaire et l’aide au développement multisectorielles inter-institutions afin de soutenir les efforts du Gouvernement. Pourquoi est-il essentiel de donner la priorité à l’éducation, en particulier dans les zones touchées par des situations d’urgence et des crises prolongées ?

Dr Ramiz Alakbarov : Tout d’abord, permettez-moi d’exprimer ma gratitude à l’initiative Éducation Sans Délai (ÉSD) pour avoir placé l’éducation au cœur de tout ce que nous faisons dans les contextes humanitaires et de développement. Je travaille pour l’ONU depuis plus de 30 ans et, dans tous les pays où j’ai travaillé, j’ai vu la communauté de l’aide donner souvent la priorité aux besoins vitaux immédiats plutôt qu’à des « besoins de développement » plus importants – l’éducation étant l’un des domaines de travail auxquels on accordait moins d’attention. Depuis sa création en 2016, ÉSD est devenu un acteur essentiel du changement.

Il est important de rappeler que l’éducation est un droit humain fondamental et qu’à ce titre, chaque enfant, quelle que soit sa situation, mérite d’avoir accès à une éducation de qualité. Il ne s’agit pas seulement d’un idéal. C’est un droit fondamental et veiller à ce que chaque enfant puisse y accéder est une responsabilité partagée.

L’éducation est également plus qu’un simple droit : c’est une bouée de sauvetage, en particulier pour les enfants touchés par une crise. Dans les situations de conflit et de déplacement, l’éducation apporte stabilité, protection et un sentiment de normalité au milieu du chaos et des traumatismes.

L’éducation est également un investissement essentiel dans l’avenir, qui est porteur de promesses de développement, d’opportunités et de prospérité. Elle donne aux enfants les moyens de façonner leur propre vie et renforce des communautés entières. L’initiative ÉSD, en ciblant les apprenants les plus vulnérables, a contribué à faire bouger les choses pour les enfants en situation d’urgence, y compris les filles et les enfants handicapés.

Pour les filles, l’impact est particulièrement profond : d’innombrables études ont montré comment l’investissement dans l’éducation des filles entraîne une baisse des taux de mariages d’enfants et réduit la mortalité infantile. Il améliore également la nutrition des enfants et le bien-être des familles.

En Éthiopie, la première phase du Programme Pluriannuel de Résilience (MYRP)e de l’initiative ÉSD, mis en œuvre par l’UNICEF et Save the Children (Sauver les Enfants) en 2019-2024, fournit un exemple concret de l’importance de la mise en place de mécanismes de protection sensibles au genre dans les écoles et les communautés. Grâce à la mise en place de voies d’orientation dans et autour des écoles cibles, 2 353 enfants (673 filles) ayant subi des violences ont été contactés par des services de santé, de travail social ou de justice. En outre, les 85 écoles cibles ont mis en place des réseaux d’apprentissage entre pairs parmi les filles, les enseignantes et les mères afin de promouvoir l’égalité des sexes et la sensibilisation au droit des filles à poursuivre leur éducation dans des environnements d’apprentissage sûrs.

En donnant la priorité à l’éducation, nous n’investissons pas seulement dans l’avenir individuel de ces enfants, mais aussi dans la stabilité et la prospérité de leurs communautés. Il s’agit d’une conviction éthique, mais aussi d’une vérité très pratique. Nous sommes tous interconnectés et interdépendants. Le bien-être d’une communauté est intrinsèquement lié au bien-être des autres.

Investir dans l’éducation crée un effet d’entraînement qui contribue à la stabilité, au bien-être et à la paix. L’éducation est l’outil le plus puissant qui donne un signal de retour à la normale, c’est un outil qui reconstruit et restaure l’espoir et crée un changement durable. Il est tout aussi important que l’éducation couvre tous les aspects, dès le développement de la petite enfance, et qu’elle réponde aux besoins de tous les enfants, y compris les enfants ayant des besoins particuliers.

Le gouvernement éthiopien a créé plusieurs écoles modèles pour les enfants ayant différents besoins spéciaux à Addis-Abeba, une pratique très fructueuse qui doit être développée davantage pour garantir que tous les enfants ayant de tels besoins aient accès à l’éducation. La famille des Nations-Unies en Éthiopie soutient divers programmes ciblant les enfants ayant des besoins spéciaux et a récemment uni ses forces à celles du Ministère des Femmes et des Affaires Sociales pour organiser la première Conférence Continentale Africaine sur la langue des signes à Addis-Abeba à la fin de l’année 2024. Des cours et des programmes de langue des signes ont également été introduits à l’Université d’Addis-Abeba. Ils préparent des spécialistes et des enseignants, ce qui constitue un autre pas en avant pour rendre l’éducation plus accessible aux enfants ayant des besoins particuliers.

ÉSD: L’Éthiopie est confrontée à un défi stupéfiant, avec environ 9 millions d’enfants non scolarisés en raison des effets combinés de diverses crises, notamment les conflits, les graves sécheresses et inondations induites par le changement climatique, et les déplacements de population. Comment les donateurs d’aide multilatérale, dont l’organisation Éducation Sans Délai (ÉSD), peuvent-ils contribuer à résoudre cette crise urgente ? Pourquoi davantage de donateurs des secteurs public et privé devraient-ils s’impliquer ?

Dr Ramiz Alakbarov : Le travail de l’initiative Éducation Sans Délai joue un rôle essentiel dans l’éducation des enfants vivant dans ces situations d’urgence – qu’il s’agisse de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays en raison de catastrophes naturelles, de rapatriés à la suite d’un conflit, de réfugiés ou d’enfants des communautés d’accueil. Tous ces enfants doivent avoir accès à des possibilités d’éducation sûres, inclusives et de qualité, et les investissements d’ÉSD apportent un soutien global essentiel pour répondre aux besoins urgents sur le terrain.

Bien que les donateurs se soient montrés généreux et engagés dans le développement de l’Éthiopie, la réalité est que les besoins sont bien plus importants que le soutien disponible. Dans ce contexte, l’éducation d’urgence reste le secteur le plus sous-financé, et des efforts de plaidoyer supplémentaires sont nécessaires pour combler les déficits de financement croissants. L’initiative ÉSD fournit un financement pluriannuel prévisible sans conditionnalité excessive, ce qui garantit la continuité du soutien et comble le fossé entre les programmes humanitaires et de développement. Cela renforce les communautés et est essentiel pour la transition post-conflit et la résilience des communautés touchées par les conflits et les urgences climatiques.

Le manque de soutien financier à l’éducation ne fait qu’aggraver les besoins humanitaires, créer des dépendances humanitaires et augmenter le nombre de cas humanitaires à venir. La disponibilité des ressources étant en baisse, il convient de mettre davantage l’accent sur les mesures de renforcement de la résilience, telles que l’éducation. La communauté humanitaire et les donateurs ne doivent pas sous-estimer l’importance des investissements dans l’éducation – il s’agit d’un élément clé du renforcement de la résilience des communautés touchées par une crise.

Depuis 2019, grâce aux interventions financées par l’initiative ÉSD, l’UNICEF a soutenu l’accès à une éducation de qualité sûre et protectrice pour 194 734 enfants (99 017 filles) dans les régions touchées par le conflit et la sécheresse en Éthiopie – mettant en œuvre des réponses aux crises soudaines et prolongées dans 9 des 13 régions éthiopiennes. Au total, grâce au soutien de l’ÉSD, l’UNICEF et ses partenaires ont formé 1 446 enseignants à une pédagogie centrée sur l’enfant, à la violence sexiste, à l’intégration des personnes handicapées et à la protection de l’enfance. Ils ont également remis en état 209 salles de classe et espaces d’apprentissage temporaires dans des écoles endommagées et des salles de classe surchargées.

Bien qu’un soutien continu soit essentiel, nous devons également élargir nos efforts de mobilisation des ressources en atteignant de nouveaux donateurs et partenaires. Les donateurs privés sont importants car ils apportent des ressources supplémentaires, de l’innovation et de nouvelles perspectives. Ces contributions sont essentielles pour développer les programmes et atteindre encore plus d’enfants dans le besoin. Les investissements de la Fondation LEGO dans l’éducation de la petite enfance (EPE) dans les situations d’urgence, à la fois en Éthiopie et dans le monde, constituent un excellent exemple de la manière dont les donateurs du secteur privé peuvent susciter des changements positifs pour les enfants et faire pression pour accroître les investissements dans des sous-secteurs sous-financés, tels que l’éducation de la petite enfance (EPE). Il reste encore beaucoup à faire pour combler les lacunes en matière d’innovation, de connectivité numérique et d’élargissement créatif de l’accès à l’apprentissage pour tous les enfants.

Je tiens également à saluer le travail incroyable du personnel humanitaire dans toute l’Éthiopie, qui opère parfois dans des conditions extrêmement difficiles. Leur dévouement à la cause de l’éducation fait une profonde différence dans la vie des enfants.

Investir dans l’éducation, c’est investir dans la résilience, la paix, la stabilité et le développement économique à long terme. Nous avons besoin du soutien de tous pour donner à ces enfants l’éducation qu’ils méritent.

ÉSD : Ayant servi en tant que haut fonctionnaire de l’ONU dans des pays aux contextes très divers et dans des situations de crise complexes – de l’Éthiopie au Moyen-Orient et du Sud-Soudan à Haïti et à l’Afghanistan – quels sont vos principaux enseignements sur l’importance de renforcer la complémentarité entre les interventions humanitaires, de développement et de paix ? Comment l’approche innovante de l’initiative ÉSD dans le secteur de l’éducation contribue-t-elle à faire progresser le « triple lien » ?

Dr. Ramiz Alakbarov : En travaillant pour les Nations-Unies dans différents contextes au cours des 31 dernières années, j’ai appris qu’une approche humanitaire cloisonnée n’est plus une proposition de valeur viable pour répondre à une crise naturelle ou provoquée par l’homme. Les acteurs humanitaires, politiques et du développement doivent travailler ensemble pour s’attaquer efficacement aux causes profondes des défis auxquels nous sommes confrontés, pour les éliminer et pour créer une voie rapide vers le rétablissement. Chaque acteur joue un rôle distinct mais complémentaire, et leurs efforts doivent être synchronisés pour un impact maximal.

L’éducation est un exemple frappant du triple lien en action. Elle répond simultanément aux besoins humanitaires urgents – en offrant aux enfants sécurité, protection et stabilité – tout en favorisant le développement à long terme en développant le capital humain et les compétences. Dans le même temps, elle constitue un outil puissant pour construire la paix, promouvoir la cohésion sociale et prévenir la violence.

Dans le nouvel environnement d’aide auquel nous sommes confrontés en 2025, nous devons viser à fournir un soutien adéquat à tous les besoins humains fondamentaux, quel que soit le contexte opérationnel, et l’éducation joue ici un rôle central. L’éducation joue ici un rôle central. Elle ne doit pas être dépriorisée ou rendue optionnelle/secondaire par rapport aux interventions immédiates de sauvetage. En d’autres termes, se contenter de fournir une aide immédiate et demander aux communautés d’attendre une solution durable n’est pas une proposition de valeur acceptable.

Alors que je travaillais en tant que premier intervenant lors du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 en Haïti, qui aurait coûté la vie à plus de 220 000 personnes en une journée, j’ai été témoin de la façon dont les communautés touchées par le tremblement de terre mettaient l’accent sur la remise en service des écoles comme l’une des premières priorités. Alors que les décombres de Port-au-Prince faisaient l’objet d’une première phase de nettoyage quelques semaines seulement après le tragique tremblement de terre, il était réconfortant de voir les enfants faire la queue dans les rues tôt le matin, vêtus d’uniformes, pour se rendre dans les écoles, qui ont souvent été rouvertes sous des tentes de fortune.

L’une de mes tâches en Haïti était de me concentrer sur le rétablissement de la formation des sage-femmes. Haïti était confronté à une grave pénurie de sage-femmes professionnelles et la seule école de sage-femmes du pays avait été détruite par le tremblement de terre. Le bâtiment de l’école s’est effondré et a coûté la vie à la plupart du personnel enseignant et des étudiants présents. Les Nations-Unies ont réagi rapidement et les cours ont repris rapidement, d’abord sous des tentes, puis l’école a été entièrement remise en état grâce aux efforts du système des Nations-Unies (FNUAP, MINUSTAH et UNICEF). J’ai été fière d’assister à la cérémonie de remise des diplômes de l’école de sage-femmes en septembre 2014, au cours de laquelle les survivants du tremblement de terre ont reçu leurs diplômes et les nouveaux étudiants ont commencé leurs cours.

L’éducation est également une priorité constante pour les communautés touchées par la crise. Le 3 juillet 2022, j’ai dirigé une visite mémorable de membres de l’équipe humanitaire pour faire le point sur l’opération de secours après le tremblement de terre dans le village de Wori Kala, dans le district de Barmal de la province de Paktika, en Afghanistan. Lors de la réunion avec les chefs de la communauté, où une seule personne parlait anglais, on m’a remis une liste manuscrite des besoins de la communauté. Sans surprise, l’éducation y figurait en tête des priorités. Lors de ma conversation avec les dirigeants de la communauté, je leur ai demandé pourquoi l’éducation était une priorité alors qu’ils luttent toujours pour accéder à des besoins de base tels que l’eau et la nourriture.

La réponse a été immédiate et claire : « …Presque personne dans le village n’a d’éducation et, à cause de cela, nous vivons dans la pauvreté. Si nous avons une éducation, nous aurons de l’espoir pour l’avenir et c’est pourquoi nous en avons le plus besoin ».

L’approche innovante et multipartite d’ÉSD garantit que le financement et la programmation vont au-delà de l’aide d’urgence à court terme, en intégrant la durabilité à long terme et le renforcement de la résilience.

Le MYRP d’ÉSD, qui opère en Éthiopie depuis 2019 et qui en est maintenant à sa deuxième phase, met en évidence la manière dont ÉSD contribue à renforcer la résilience dans les communautés cibles, tout en renforçant la structure de l’EiE aux niveaux national et infranational.

À cet égard, le renforcement du Cluster Éducation en Éthiopie, codirigé par l’UNICEF et Save the Children, est illustré par l’augmentation des partenaires actifs du cluster, qui sont passés de 6 en 2021 à 102 en 2024, ce qui se traduit par une gestion des données opportune et de qualité. Ces données aident ÉSD et d’autres acteurs à produire des produits de plaidoyer de haute qualité, fondés sur des données probantes, pour leur plaidoyer national et mondial. Dans un contexte où les besoins en EiE ont triplé depuis 2019, ÉSD a fourni une plateforme au Cluster pour plaider auprès de donateurs tels que la Finlande, la Fondation LEGO, la Norvège, l’UE, le Canada et le Royaume-Uni, ce qui a entraîné un soutien accru pour les interventions d’EiE qui sauvent des vies.

Cependant, comme nous l’avons déjà mentionné, la réalité d’aujourd’hui reste que les besoins humanitaires à travers le monde sont importants et que, malgré la générosité des donateurs, la disponibilité des ressources est en baisse.

Nous devons tirer parti de financements innovants, investir dans des solutions locales et renforcer la collaboration intersectorielle pour favoriser un changement durable et à long terme. Nous devons également nous assurer que tout notre soutien mène à la durabilité, à des solutions durables et à des changements durables.

ÉSD : Nous savons que « les lecteurs sont des leaders » et que les compétences en lecture sont essentielles à l’éducation de chaque enfant, quels qu’ils soient et où qu’ils soient. Quels sont les trois livres qui vous ont le plus influencé sur le plan personnel et/ou professionnel, et pourquoi les recommanderiez-vous à d’autres ?

Dr. Ramiz Alakbarov : La lecture est une porte d’entrée vers la connaissance, elle favorise la pensée critique et la compréhension d’idées complexes et de perspectives diverses. Il est essentiel de veiller à ce que chaque enfant ait accès à des livres et à la possibilité de lire. Même à l’ère de l’IA, les livres resteront indispensables et conserveront leur valeur intemporelle.

Au cours de mon parcours personnel et de dirigeant, une grande variété de livres a façonné mon identité, guidé mes choix et m’a inspiré pour mener une vie utile et pleine de sens. Il n’est pas facile de n’en choisir que trois, mais, pour les besoins de cet entretien, j’ai retenu les trois suivants :

A Path out of Poverty (Un chemin hors de la pauvreté) par Paul Farmer. Ce livre a été écrit par feu le professeur Paul Farmer, avec qui j’ai eu l’honneur et le privilège de travailler en Haïti sur des questions de santé publique et d’établir le plus grand partenariat privé-public d’Haïti, l’hôpital universitaire de Mirabalais. Le Dr Farmer était un fervent défenseur du renforcement des capacités des institutions nationales et il est l’auteur d’une « approche d’accompagnement » des initiatives nationales. Son livre démontre de manière convaincante que les processus nationaux sont les plus efficaces en matière de développement. Il s’agit d’une excellente lecture pour les praticiens de l’aide et les personnes intéressées par le secteur.

The Commanding Heights (Les hauteurs de commandement) de Daniel Yergin et Joseph Stanislaw a été publié à l’origine en 1998 et, en 2002, un documentaire de 6 heures a été produit par PBS sur la base de ce livre. Je recommande vivement ce livre ou ce documentaire à toute personne travaillant dans le domaine du développement international et souhaitant réexaminer la manière dont l’évolution des théories économiques et la politique mondiale se sont entrelacées pour créer le paysage actuel de la paix, de l’aide humanitaire et du développement dans le monde.

Defiant Dreams : The Journey of an Afghan Girl Who Risked Everything for Education (Rêves de défi : L’Itinéraire d’une Jeune Fille Afghane Qui A Tout Risqué pour l’Éducation), écrit par Sola Mahfouz et Malaina Kapoor en 2023, est mon troisième livre. Ayant vécu et travaillé en Afghanistan pendant la période la plus tumultueuse de son histoire récente (2020-2023), j’estime que ce livre est à lire absolument. C’est un livre fascinant, dramatique et inspirant qui donne l’espoir d’un avenir meilleur pour l’Afghanistan. Les femmes et les jeunes filles afghanes ne seront pas réduites au silence ; elles défendent leurs droits, elles considèrent l’éducation comme une voie vers l’avenir et elles gagneront.