DEVELOPPEMENT: Le résultat du Japon-Afrique est 'insuffisant'

YOKOHAMA, Japon, 3 juin (IPS) – Un document clé issu du quatrième round de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD) n'a pas réglé la question du VIH/SIDA dans la région, estime une organisation non gouvernementale (ONG).

Les délibérations de trois jours près de la capitale japonaise, Tokyo, ont pris fin vendredi avec un accord sur trois documents — la Déclaration de Yokohama, le Plan d'action de Yokohama et le Mécanisme de suivi de la TICAD Mais le plan d'action ne prend pas un engagement pour garantir l'accès universel à la prévention, aux soins et au traitement du VIH/SIDA d'ici à 2010, indique le Forum Afrique Japon, une ONG japonaise. Le forum a appelé le gouvernement japonais à réexaminer ce plan d'action et à montrer des qualités de leader au sommet du G8 des principales nations industrialisées à Hokkaido, au Japon, du 7 au 9 juillet. Eu égard au fait que l'Afrique porte 80 pour cent du fardeau mondial du SIDA, les pays du G8 ont reconnu la nécessité d'accroître la lutte contre le SIDA en s'engageant à l'accès universel au traitement d'ici à 2010, acquis au sommet du G8 de Saint Petersburg en juillet 2006. "Cependant, le Plan d'action de Yokohama n'aborde pas et ne soutient pas entièrement, à travers des moyens financiers et techniques, la réalisation de l'accès universel d'ici à 2010", a déclaré à IPS, Masaki Inaba du Forum Afrique Japon.

Le Forum Afrique Japon a salué le fait que le plan d'action reconnaisse le rôle du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Il a également loué la décision du gouvernement japonais de consacrer 560 millions de dollars pour lutter contre le SIDA dans les années à venir. Mais le forum indique que le montant promis "est encore loin de ce que le Japon devrait engager en tant que deuxième économie la plus grande du monde, et du fait des requêtes croissantes venant des pays demandant de financement au Fonds mondial". Bien que la prévention soit importante pour prendre des mesures concernant le taux de prévalence du VIH/SIDA, dans des régions sujettes à la généralisation de l'épidémie telles que l'Afrique subsaharienne, la prévention, le traitement et les soins doivent être renforcés, souligne le forum. Le plan d'action énumère une variété d'activités à entreprendre dans les cinq prochaines années. Au nombre de celles-ci, figurent le renforcement des systèmes de santé en Afrique, l'amélioration de la santé maternelle et infantile, et des mesures contre les maladies infectieuses. Commentant les critiques du Forum Afrique Japon, un haut fonctionnaire du ministère japonais des Affaires étrangères a affirmé : "Il y a eu un dialogue avec les ONG et il y aura toujours de dialogue avec elles; elles constituent des membres très importants du processus de la TICAD, alors elles ont eu et auront une occasion d'émettre leurs ides". "Il n'y a aucun antagonisme entre mon gouvernement et les ONG", a déclaré à IPS, Shigeyuki Hiroki, directeur général adjoint pour la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères. Hiroki a indiqué que la TICAD IV avait confirmé les principes inséparables de l'appropriation par l'Afrique de son développement et du partenariat avec la communauté internationale pour le développement. Ceux-ci guident le processus de la TICAD depuis sa création en 1993. Les réunions se tiennent tous les cinq ans depuis lors. Un second fait marquant a été la discussion sur la montée des prix des denrées alimentaires. Le Japon marquera une "portion significative" d'un nouveau programme mondial d'assistance d'urgence à l'alimentation pour l'Afrique, d'un montant de 100 millions de dollars, pour aider à réduire l'impact de la flambée des prix des produits alimentaires, a souligné le fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.

Un troisième fait marquant a été que les pays africains se soient rendu compte que le réchauffement mondial demande des mesures urgentes. Le président de la Tanzanie, Jaykaya Kikwete, qui est également président de l'Union africaine, a indiqué que l'Afrique supporte plus que sa juste part des conséquences, bien qu'elle contribue le moins au réchauffement mondial. "Nous saluons les dirigeants japonais pour avoir réalisé un large consensus mondial sur un mécanisme pratique pour faire suivre le Protocole de Kyoto, et approuvons la création par le Japon du Fonds pour le changement climatique de 10 milliards de dollars", a dit Kikwete. Il a demandé au Japon de mettre de côté un pourcentage fixe de ce fonds pour l'Afrique. Le plan d'action fixe les priorités de la TICAD sur les cinq prochaines années : relancer la croissance économique, assurer la sécurité humaine, notamment la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la consolidation de la paix et de la bonne gouvernance, et aborder des questions environnementales telles que le changement climatique.