HARARE, 27 juin (IPS) – Le dos voûté proéminent de Richard Chirew fait qu'il parait plus âgé que ses 30 ans. Il réside à Kambuzuma, une banlieue poussiéreuse et pauvre de Harare, la capitale du Zimbabwe, où il assure sa survie en tant que vendeur ambulant.
Il a passé les 10 dernières années de sa vie à vendre des bonbons et des cigarettes à un coin de la rue. Malheureusement, il n'a pas choisi d'embrasser ce commerce. Il ne pouvait faire aucun autre travail difficile à cause de sa condition physique. Il est devenu paralysé depuis qu'il était enfant parce qu'il n'a pas été vacciné contre la polio après sa naissance. "Ma mère est morte juste après ma naissance et je n'avais personne pour s'occuper de moi jusqu'à ce qu'on m'amène à Jairos Jiri où ils ont essayé de me traiter pour la polio", a déclaré Chiwera à IPS. Jairos Jiri est une organisation zimbabwéenne qui s'occupe des handicapés. Dans ce mois, Chiwera a vu des groupes de personnes donnant des soins de santé primaire conduire une campagne nationale d'immunisation contre la polio dans son quartier. Il est content de voir que quelque chose est en train d'être fait pour éradiquer la polio.
Passez seulement un peu de temps avec Chiwera pour constater sa forte détermination. Ses yeux brillent d'enthousiasme quand il parle d'affaires. Ses amis l'appellent "patron". Il ne se considère plus lui-même comme handicapé et vaque à ses affaires avec confiance. "Je n'ai pas été immunisé parce que la vaccination n'était pas disponible pour toutes les familles quand j'avais quatre ans. J'aimerais m'impliquer dans la campagne de vaccination pour assurer que les enfants soient immunisés parce qu'il n'y a pas de remède à la polio. Une fois que tu es paralysé, c'est fini", a-t-il expliqué.
Le gouvernement du Zimbabwe et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont conduit au début de ce mois un programme de vaccination à l'échelle nationale visant à éliminer la polio et d'autres maladies afin d'éviter aux enfants d'avoir la même expérience que Chirewa et d'autres. C'est une continuation des efforts similaires au cours de ces quelques dernières années. "Ces campagnes nationales constituent le seul appui le plus important tendant à réduire les maladies et les décès d'enfants au Zimbabwe", a déclaré Colleta Kibassa, responsable à la santé de l'UNICEF au Zimbabwe. Le programme a vu beaucoup de mères à travers le pays emmener leurs enfants aux centres de vaccination. Environ deux millions d'enfants ont été vaccinés durant le programme qui a duré une semaine, lequel a été conjointement mis en œuvre par l'UNICEF et le ministère de la Santé et de la Protection de l'Enfance. Les enfants étaient non seulement vaccinés contre la polio, mais aussi contre les maladies telles que la tuberculose, la rougeole, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et l'hépatite B. Ils ont également reçu des suppléments de vitamine 'A'. A part le Zimbabwe, une augmentation des cas de polio a été également signalée dans des pays voisins comme le Botswana et la Namibie. "La campagne au Zimbabwe est sur la voie d'atteindre ses objectifs hardis et est vitale pour la survie des enfants au milieu des défis qui attendent le Zimbabwe aujourd'hui", a souligné dans une déclaration, Festo Kavishe, représentant national de l'UNICEF. Bien qu'on ait déclaré que la polio ne sévissait plus au Zimbabwe en 1999, le pays traverse actuellement des situations économiques difficiles. La campagne de vaccination est venue à un moment critique où des familles au Zimbabwe sont sous la pression croissante d'un taux élevé record d'inflation, de chômage et du nombre d'orphelins du SIDA. Le système de santé s'est quasiment effondré à cause du manque de médecins et de la fuite des professionnels de santé vers d'autres pays. L'effort a ciblé les parties du pays où les infrastructures médicales ne sont pas facilement accessibles et a visé tous les enfants de moins de cinq ans. Ils ont reçu la première dose des vaccinations de la polio dans une campagne à deux phases. Des fonds en provenance du Département pour le développement international (DFID) du Royaume-Uni, de l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI) et du gouvernement de l'Irlande ont rendu possible l'extension de la vaccination. Un montant total d'environ un million de dollars US a été dépensé pour les vaccins, la logistique et le paiement du personnel. Une foule de membres du personnel soignant s'est portée volontaire et a reçu la formation et autre appui de la part du ministère de la Santé et de la Protection de l'Enfance et de l'UNICEF. De longues queues tortueuses se sont formées dans diverses écoles, boutiques et églises qui se sont transformées en infrastructures médicales publiques.
Grâce à cela et à d'autres campagnes, la couverture de la vitamine 'A' a été accrue en passant de moins de 10 pour cent en 2005 à plus de 80 pour cent aujourd'hui, selon le ministère de la Santé et de la Protection de l'Enfance. La couverture vaccinale totale, qui avait diminué de presque de 50 pour cent, a encore atteint plus de 70 pour cent. La grande partie de ce succès est due au travail des comités de santé de quartier et des responsables religieux et traditionnels qui ont été au premier plan en encourageant les mères à amener vacciner leurs enfants. "Notre objectif doit consister à atteindre tous les enfants du Zimbabwe", a dit Kibassa. L'UNICEF, avec l'assistance du Royaume-Uni et du Japon, est également en train de donner un appui au Programme élargi de vaccination du Zimbabwe (ZEPI). Ceci comporte l'approvisionnement en vaccins, en matériel de refroidissement pour la conservation des vaccins et un appui technique aux membres du personnel de santé.

