STE LUCIA, Afrique du Sud, 18 juin (IPS) – Une partie du site inscrit sur la liste du patrimoine mondial, 'the Greater St Lucia Wetland Park' (le Grand parc de zone humide de Ste Lucia), l'estuaire le plus large de l'Afrique, a été restituée à ses propriétaires légitimes, qui ont en retour entrepris de gérer la terre conformément aux lois environnementales du pays.
Le parc, situé dans la province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud et proche de l'océan Indien, a été proclamé comme site inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Il possède cinq écosystèmes uniques qui comportent des espèces telles que le rhinocéros noir, le chien sauvage, l'éléphant, le guépard, des baleines et des cœlacanthes (poissons anciens). Le ministère des Affaires environnementales et du Tourisme a restitué 12.000 hectares de la superficie totale du parc de 220.000 hectares aux 9.135 personnes dont les ancêtres ont été expulsés de cette zone.
L'importance du parc a été soulignée dans un discours prononcé par le ministre des Affaires environnementales et du Tourisme, Marthinus van Schalkwyk. L'événement a eu lieu près du 'Greater St Lucia Wetlands Park', à environ neuf heures de route de la capitale économique de l'Afrique du Sud, Johannesburg. Dans un message lu aux invités réunis le 9 juin, van Schalkwyk a déclaré : "l'Afrique du Sud a le devoir de garantir que le parc de zone humide aura le niveau le plus élevé de protection et de rétablir le droit de ses premiers propriétaires". "Les nouveaux propriétaires de cette terre auront un droit sur elle, mais ils sont tombés d'accord sur le fait que la terre ne sera pas utilisée à d'autres fins que la conservation et les activités y afférentes, à perpétuité". Equilibrant son discours avec précaution, van Schalkwyk a également souligné la nécessité de réparer le legs du colonialisme et de l'apartheid. "Il convient de reconnaître l'histoire de la souffrance inhérente à la conservation dans ce pays. Comme beaucoup de nos zones protégées, le 'Greater St Lucia Wetland Park' était une zone où des gens habitaient autrefois. Nous pouvons retracer l'histoire de l'occupation de cette zone aux premiers habitants de l'Age de la Pierre, entre 500.000 et un million d'années. "Paradoxalement et malheureusement, la conservation et les déménagements forcés allaient de pair", a-t-il déclaré. Ce rétablissement de droit vient après un autre où la terre a été retournée dans le Parc national de Hluhluwe-Imfolozi. Les récipiendaires ont entrepris d'adhérer aux lois et réglementations environnementales du pays dans leur gestion de la terre. La première revendication de ce genre a été faite quand une terre dans le Parc national de Kruger a été restituée aux Makulekes dans les années 1990. La responsabilité de protéger leur partie de la 'Ste Lucia Wetland Park' (Parc de zone humide de Ste Lucia) incombe actuellement aux nouveaux propriétaires. Des intervenants se sont succédé pour souligner qu'ils vont cogérer la propriété avec les autorités du parc. Les animaux et les communautés vivaient ensemble depuis des temps immémoriaux", a souligné Amon Sithole, président de l'Association des propriétaires terriens de 'Greater St Lucia Wetland', à IPS dans un entretien. "Je ne vois aucune raison pour que les gens soient sceptiques à propos de notre capacité à protéger les animaux et le parc". "Même dans les temps anciens, vous ne trouveriez pas des gens tirer sur les animaux en désordre. Ils avaient l'habitude de tirer sur un seul animal, même si c'était un petit animal comme le lapin. C'était une norme générale", a confié à IPS Simon Gumede, le chef Zulu en charge de la zone.
Pour renforcer leur coopération, les nouveaux propriétaires et les autorités de la zone humide se sont entendus pour instituer un fidéicommis sur l'éducation pour aider les jeunes à avoir des qualifications dans les domaines de la conservation et du tourisme. "Ce modèle de conservation est la preuve de l'engagement du gouvernement à continuer de remplir ses obligations nationales et internationales dans le but de protéger nos ressources naturelles et à fournir en même temps un cadre pour le redressement économique et la réduction de la pauvreté", a ajouté van Schalkwyk. La communauté recevra 66 millions de rands (environ 9,5 millions de dollars) du ministère des Affaires domaniales, dont une grande partie pour le développement, selon son ministre, Lulama Xingwana. La somme restante de 14,5 millions de rands (environ 2,1 millions de dollars), sera déboursée comme compensation financière aux 1.450 ménages qui ont été expulsés de force par l'apartheid, a-t-elle indiqué. Les récipiendaires semblaient être préparés pour les défis à venir. "Nous discutons de ce problème depuis 1994", a affirmé Sithole. "Nous n'allons pas perturber l'environnement. Et nous allons veiller à ce qu'aucune décision ne soit prise sans le consentement de la communauté". Gumede a indiqué que les conflits entre les animaux et les hommes sont naturels. " Il existe des possibilités de dégâts quand les hommes ont une interaction avec des animaux sauvages. Certains de ces animaux sont extraterritoriaux. Quand vous empiétez sur leur territoire, il y aura nécessairement de conflit. Même le bétail que vous gardez à la maison parfois s'égare et détruit les cultures", a-t-il ajouté. Pendant la cérémonie de restitution, une grande bannière près de la table avant a mentionné les pensées de l'homme d'Etat sud-africain à la renommée internationale, l'ancien président Nelson Mandela.
Lors de sa visite en 2002, il avait déclaré : "Le parc de zone humide doit être le seul endroit sur terre où le mammifère terrestre le plus vieux du monde (le rhinocéros) et le mammifère terrestre le plus gros du monde (l'éléphant) partagent un écosystème avec le poisson le plus âgé du monde (le cœlacanthe) et le mammifère marin le plus gros du monde (la baleine)". Le mot de la fin vient de Andrew Zaloumis, président-directeur général de 'Greater St Lucia Wetland Park'. "Il y a encore beaucoup de défis. Le plus important est d'assurer un progrès continu pour mettre fin au paradoxe de la pauvreté au cœur de toute la nature. La restitution et le rétablissement durable des droits sur les terres constituent la clé pour y parvenir", a-t-il déclaré.

