JOHANNESBURG, 29 jan (IPS) – En Afrique australe, la saison des pluies — qui s'étend de novembre à mars — nourrit d'espoirs les agriculteurs et les agences d'aide humanitaire après une période de sécheresse et de famine l'an dernier.
Dans les 14 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), les agriculteurs dépendent de la pluie car les méthodes d'irrigation sont souvent inabordables pour la plupart des paysans.
“Nous avons connu un pauvre début de saison, mais depuis fin décembre, les pluies ont été meilleures. Cela ne signifie pas que tout va bien. Les pluies n'ont pas été importantes dans le sud et l'est du pays”, a déclaré Ajah Vashee, président du Directoire de l'Union nationale des agriculteurs en Zambie. “A cause des pluies tardives, certains agriculteurs ont dû recommencer les plantations, mais malgré l'incertitude nous sommes optimistes”, a-t-il ajouté au téléphone depuis Ndola, une ville du centre du pays.
Le centre régional de surveillance de la sécheresse de la SADC, installé au Zimbabwe, prévoit des pluies supérieures à la moyenne sur presque l'ensemble de la République démocratique du Congo (RDC). Pareilles prévisions concernent le nord de l'Angola, une grande partie de la Zambie, la moitié sud de la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, la partie orientale de Swaziland et l'Afrique du Sud. Les agences d'aide humanitaire attendent cependant que la tendance se confirme avant d'établir leurs propres prévisions et déterminer le nombre de personnes qui pourraient avoir besoin d’une aide alimentaire cette anée. “Actuellement, nous fournissons de la nourriture à près de 4,3 millions de personnes vulnérables et d'écoliers”, explique Mike Huggins, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU à Johannesburg, la capitale économique sud-africaine. “Il y a des gens vulnérables, tels que ceux qui vivent avec le VIH, et les orphelins du SIDA qui ont toujours besoin d’une aide alimentaire dans la région”, a-t-il dit. Début 2006, les agences humanitaires fournissaient une aide alimentaire à quelque 10,3 millions d'individus. “Ce chiffre a été ramené à 4,3 millions en raison de bonnes récoltes”, a ajouté Huggins, indiquant qu'il était encore trop tôt pour évaluer la demande pour 2007. En Afrique australe, le Zimbabwe est l'un des pays qui doit faire face à un manque de denrées alimentaires pour nourrir ses 13 millions d'habitants. Autrefois considéré comme le grenier de la région, le pays a souffert d'une baisse de la production agricole depuis la restitution aux Noirs de 4.500 coopératives exploitées par les Blancs, entre 2000 et 2002. Dans d'autres pays comme l'Afrique du Sud, la Namibie, Maurice ou le Botswana, les agriculteurs ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Ils ne peuvent obtenir des prêts de la part des banques qui exigent des garanties introuvables pour des fermiers pauvres.
En outre, le fonctionnement du marché de maïs, la nourriture de base dans la plupart des pays de la SADC, pose également problème, explique Vashee. “Parfois, les récoltes sont abondantes, mais on n'arrive pas à les vendre”, dit-il. “L'an dernier, le gouvernement zimbabwéen a acheté les surplus, mais il n'avait pas suffisamment d'argent pour payer la totalité. Résultat : il est toujours en train de payer les agriculteurs”.
Le PAM manque également de fonds pour subvenir aux besoins des populations.
“Sur l'ensemble de la région, à part la Namibie, le PAM a encore besoin de 48 millions de dollars pour ses programmes au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe, qui assistent près de 4,5 millions d'individus”, selon ses responsables. Les pluies devront être importantes pour couvrir les besoins de ces populations, dont la majorité vit avec le VIH/SIDA et n'est parfois pas en mesure de cultiver les terres. Jusqu'à présent, les chiffres n'indiquent pas de baisse significative du taux de prévalence du VIH dans la région, selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). Au Swaziland, 33,4 pour cent de la population vit toujours avec la maladie, contre 24,1 pour cent au Botswana et 23,2 pour cent au Lesotho, indique le rapport 2006 de l’ONUSIDA.

