NAIROBI, 25 jan (IPS) – Le mouvement des femmes a eu une voix plus forte au Forum social mondial (FSM) 2007 de Nairobi que dans tous les autres forums, et a fait de véritables tentatives pour intégrer leurs questions dans d'autres processus, a déclaré Fatma Aloo, un membre du comité d'organisation du FSM, mercredi.
Aloo, qui est également un membre du bureau exécutif du Réseau des femmes africaines pour le développement et la communication (FEMNET), a dit à un point de presse que la voix des femmes africaines était particulièrement forte et claire au forum.
"Contrairement aux autres forums où notre voix était étouffée par des mouvements de solidarité plus grands et plus puissants, ici à Nairobi, nous étions fortes. Nous avions des représentantes partout, nous avons pu intégrer nos questions dans les autres processus comme la terre, l'eau et la santé, et, plus important encore, nous n'avons pas prêché un converti — nous nous sommes engagées auprès d'autres groupes qui n'avaient pas traditionnellement une composante genre dans leur travail". Aloo, qui vient de Tanzanie, a dit qu'il y avait eu assez de bavardages et que le moment était venu maintenant d'agir : "Nous devons maintenant passer de l'ONGisme à l'activisme, nous savons maintenant ce que nous voulons faire et comment le faire. Nous devons maintenant passer à l'action — aux actes — et ensuite revenir et rendre compte des progrès".
Elle a ajouté que tous les mouvements et groupes quitteraient Nairobi avec un plan d'action qui devrait être mis en œuvre sur le plan national et régional.
Wahu Kaara de l'unité de mobilisation sociale du FSM 2007 a indiqué que des organisations de base kényanes avaient été revigorées.
"C'est probablement le seul forum auquel elles prendront jamais part parce que c'était sur leur territoire et elles l'ont utilisé au maximum. Elles ont exposé clairement la situation, d'un bout à l'autre, elles se sont engagées auprès d'autres mouvements de solidarité et ont formé de puissants réseaux qui les stimuleront longtemps après la conférence", a déclaré Kaara.
Elle a dit que les discussions sur les femmes dans des zones de conflit — en particulier la Somalie et le Darfour — étaient poignantes puisque plusieurs femmes affectées par la guerre n'étaient pas physiquement présentes pour raconter leurs histoires. Toutefois, leurs problèmes ont été soulevés par des mouvements de solidarité qui travaillaient dans ces régions.
Un puissant appel a été lancé à l'endroit de la communauté internationale pour qu'elle apporte plus de protection aux femmes et aux enfants vivant dans des zones de conflit afin de les mettre à l'abri du viol et d'autres brutalités associées à la guerre.
Sur la question de l'accès à la terre, il y avait une demande de législation qui protégerait l'accès des femmes à la terre, en particulier dans des cultures où les femmes n'étaient pas autorisées à avoir leurs propres terres ou propriété.
Les mouvements de la base ont également fait pression pour de plus grandes mises en réseaux sur la question de l'eau, estimant que plusieurs communautés accédaient à moins d'eau parce que les gouvernements privatisaient les ressources en eau et la rendait chère.

