LUSAKA, 16 avr (IPS) – Quelque 40.000 réfugiés angolais vivant en Zambie sont retournés dans leur pays, suite à un cessez-le-feu signé en avril 2002, qui a mis fin à 27 ans de guerre civile dans cet Etat, selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Selon le porte-parole du HCR dans la capitale zambienne, Lusaka, Kelvin Shimo, près de 30.000 personnes revenues s'étaient "elles-mêmes installées" en Angola, ce qui veut dire que l'agence onusienne n'avait joué aucun rôle dans leur rapatriement. "Les autres 10.000 personnes venant des camps de réfugiés sont spontanément retournées dans leurs villages dès qu'elles ont entendu parler du cessez-le-feu", a-t-il indiqué cette semaine. Près de 81.000 réfugiés angolais en Zambie vivent dans les camps de Maheba et de Mayukwayukwa, tandis que le reste est installé à l'intérieur et autour des zones urbaines.
En juin, après les pluies ainsi que l'extension et la réhabilitation des sept points de passage identifiés en Zambie, le HCR devrait commencer un rapatriement volontaire au cours duquel Shimo pense qu'environ 30.000 réfugiés vont être réinstallés. "Nous nous préparons pour le reste.
L'année prochaine (2004), nous allons rapatrier 40.000 autres personnes et le reste sera alors résorbé en 2005", a-t-il déclaré.
Le représentant du HCR en Zambie, Ahmed Gubartalla ,a eu des discussions avec les parties prenantes pour réinstaller les personnes revenues pour qu'elles ne soient pas obligées de retourner en Zambie.
Les autorités angolaises ont déjà commencé la réhabilitation d'infrastructures de base et l'établissement de structures administratives à travers tout le pays pour accueillir les réfugiés. L'Angola devrait recevoir environ 450.000 personnes revenant des pays voisins dans les deux ou trois prochaines années, conformément à un accord arrangé par la Commission tripartite sur le rapatriement des réfugiés angolais, mise en place le 9 décembre 2002.
Le porte-parole régional du HCR, Fidelis Swai, a dit que la Zambie avait pris un certain nombre de mesures pour assurer le rapatriement en douceur des personnes retournant chez elles. Le gouvernement avait assuré qu'il faciliterait une documentation adéquate et des vaccinations pour les enfants avant leur retour. Les Angolais qui ont fui la guerre n'ont pas de certificats de naissance et ou de décès appropriés. "La bonne documentation est indispensable pour tout le monde. Elle va non seulement donner au gouvernement angolais des statistiques de planification pour les personnes revenues, mais elle nous aidera également (le HCR) dans notre appel aux donateurs", a-t-il poursuivi.
Il était également important de passer au peigne fin et d'enregistrer les personnes de retour pour s'assurer qu'elles sont de vrais Angolais et non des réfugiés qui se sont installés en Zambie et qui viennent d'ailleurs.
Le rapatriement des Angolais devrait réduire la pression logistique aussi bien sur le gouvernement zambien que sur le HCR, qui ont dû s'occuper d'une population réfugiée qui connaissait une croissance rapide à un moment où les ressources diminuaient.
Plusieurs réfugiés ont demandé des autorisations pouvant leur permettre d'obtenir un emploi pour s'occuper de leurs familles parce que les rations sont sporadiques et souvent insuffisantes. Juluis de Silva, en Zambie depuis 1998 et qui se préparait à retourner en Angola, dit que c'était humiliant d'attendre de la nourriture ou des vivres, alors, comme plusieurs réfugiés, il s'est lancé dans le commerce illégal. "Que puis-je faire, je suis, après tout, une personne déplacée", dit-il. Pendant la guerre civile angolaise qui a duré 27 ans, des milliers de réfugiés ont fui dans les provinces ouest et nord-ouest de la Zambie. Le pays abrite actuellement le plus grand nombre de réfugiés angolais en Afrique australe (211.000) suivi de la République démocratique du Congo (RDC, 163.000) et de la Namibie (24.500).
En Namibie, le porte-parole du HCR David Nthengwe, a dit que la préoccupation actuelle était de savoir si les conditions sur le terrain étaient appropriées pour le retour des réfugiés. "Pendant que des gens ont soulevé des préoccupations à propos des mines terrestres et des pénuries alimentaires, plusieurs sont toujours très désireux de retourner en Angola", a-t-il affirmé. Selon lui, la majorité des personnes de retour aimerait se réinstaller à Kuando Kubango, la province d'où la plupart d'entre elles avaient fui durant la guerre. "On met maintenant l'accent sur comment avoir la documentation nécessaire en règle. Des étudiants en formation en Namibie seront autorisés à continuer", a-t-il indiqué.
En RDC, les frontières de traversée retenues ont été identifiées pour être utilisées par des convois quittant des camps de réfugiés dans le sud de la RDC pour les provinces angolaises de Moxico, Uige et Zaire. Le HCR a souligné qu'il avait déjà ouvert sept bureaux dans le nord de l'Angola dans lesquels nombre de réfugiés devraient retourner. Le HCR, les gouvernements zambien, angolais, namibien ainsi que celui de la RDC se sont mis d'accord, il y a deux mois, sur une approche régionale pour le rapatriement des Angolais présents de la sous-région.
L'année dernière, le HCR a fait un appel de fonds de 34,5 millions de dollars US pour payer le rapatriement et la réintégration des réfugiés angolais de toute l'Afrique australe et à l'extérieur jusqu'à la fin de 2004. Jusqu'ici, l'agence n'a reçu qu'un tiers du montant de son appel.
Une étude récente, conduite dans des camps de réfugiés en Namibie, en RDC et en Zambie, a montré que 80 pour cent de la population réfugiée voulait retourner chez elle, selon le HCR. Sur ce total, quelque 66 pour cent voulait rentrer cette année.

