ZIMBABWE: Le coût de la technologie

HARARE, 11 oct. (IPS) – Quoique beaucoup d'affaires se fassent
actuellement
grâce à l'utilisation des technologies modernes de l'information
et de la
communication, les petites entreprises du Zimbabwe dépendent
toujours des
méthodes traditionnelles de communication.

Mais la situation pourrait légèrement s'améliorer, grâce à une
nouvelle
initiative appelée "Business InfoBus", lancée par le Groupe de
Développement des Technologies Intermédiaires (ITDG), le projet de
Technologies de l'Information et de la Communication pour des
Moyens de
subsistance durables (TIC), qui estime que l'information est un
moyen
d'habilitation.
A travers une étude de recherche, l'ITDG a découvert que les
secteurs des
moyennes entreprises, en zones rurales comme en zones urbaines,
ont utilis é
des technologies traditionnelles et autres technologies de
communication,
telles que les services postaux, pendant longtemps.
Toutefois, le développement de l'autoroute de l'information et le
coût de
l'équipement nécessaire pour la faire marcher, ont créé un fossé
de plus en
plus grandissant entre le secteur des grandes et moyennes
entreprises et
celui des petites entreprises.
L'ITDG affirme être un leader dans le domaine du développement de
la
technologie appropriée.
"Alors que davantage de personnes utilisent actuellement les
technologies
modernes de la communication, telles que l'internet, en raison du
coût élevé
de l'équipement nécessaire pour accéder à ces technologies, elles
sont
surtout utilisées par des gens dans les pays développés et par les
grandes
entreprises et les riches vivant dans les pays du Sud", indique
l'ITDG.
Les méthodes traditionnelles de communication sont également
coûteuses et
inadéquates à une époque où l'information doit être acheminée
rapidement et
efficacement.
"Pour un entrepreneur qui monte une affaire dans les zones
rurales par
exemple, trouver simplement où acheter les matières premières peut
être un
grand problème. Le courrier peut mettre beaucoup de temps à
arriver, et il
peut ne pas avoir un service postal dans les parages".
"La télévision et la radio peuvent ne pas être accessibles s'il
n'y a pas
l'électricité ou si les ondes hertziennes n'arrivent pas dans la
zone",
indique l'ITDG.
Business InfoBus aidera à combler le vide informationnel en
apportant au
secteur des petites entreprises l'accès aux technologies modernes
de
l'information et de la communication, en les aidant à faire le
marketing de
leurs produits et à identifier des marchés en utilisant
l'internet.
Le secteur des petites entreprises sera associé aux institutions
financières
et techniques.
"En prenant en compte le fait que la plupart des informations
arrivant via
l'internet sont en Anglais, le projet TIC les simplifiera ou les
traduira",
affirme Muroro Dziruni, directeur de marketing de l'ITDG.
Etant donné sa mobilité, Business InfoBus se déplacera à travers
la ville et
sera également lancé dans les zones rurales.
"Cette initiative vient de la prise de conscience que
l'information est une
composante importante de la croissance des petites entreprises",
indique
Dziruni.
"L'investissement dans l'installation des TIC peut être coûteux
en tant
qu'individu. Alors on a besoin de la participation communautaire
pour
réussir le projet", affirme Dziruni.
Mais pour que le secteur des petites entreprises et le reste de la
population nationale puissent bien jouir des avantages des TIC, le
Zimbabwe
doit d'abord acquérir les éléments de base. Il n'y a pas
d'électrici té dans
la majeure partie des zones rurales où plus des trois quarts des
populations
vivent.
Les voies sont dans un mauvais état tandis que les hôpitaux sont
en nombre
infime.
La majorité des populations pourrait ne jamais se payer le luxe
d'acheter un
ordinateur.
Au Zimbabwe, par exemple, le coût de l'ordinateur le plus
abordable est
l'équivalent du revenu d'une année pour ceux qui gagnent un
salaire minimum.
Ils constituent la majorité.
Comme c'est le cas dans plusieurs pays en Afrique, la plupart des
Zimbabwéens n'ont jamais effectué un appel téléphonique, à plus
forte raison
l'internet. Les statistiques du Centre de Technologie pour
l'Afrique,
montrent que seuls deux pays, le Seychelles et l'Afrique du Sud,
ont plus
d'un pour cent de leur population qui utilise l'internet.
Moins d'un pour cent de la population africaine utilise
l'internet.
L'Afrique représente 12 pour cent de la population mondiale.
Tandis qu'on a grand besoin de renforcer l'infrastructure de
l'Information
en Afrique, et que le besoin d'associer la TIC aux programmes de
développement des pays se fait également ressentir, la moitié de
la
population mondiale, trois milliards, n'a jamais effectué ni reçu
un appel
téléphonique. Cependant, la banlieue de Manhattan, aux Etats Unis,
dispose à
elle seule de plus de lignes téléphoniques que toute l'Afrique
sub-saharienne réunie.