ENVIRONNEMENT: Les Pays En Développement Réduisent Les Gaz A Effet De Serre

WASHINGTON, 12 nov. (IPS) – Alors que les négociateurs essaient, à
Buenos
Aires, de trouver les moyens permettant de réduire les émissions
des gaz
chauds à effet de serre, un nouveau rapport a révélé que les pays
en
développement entreprennent déjà une action nécessaire.

Le rapport a été publié mardi dernier par le National
Environmental Trust de
Washington. Il a pour objectif de mettre fin à l'opposition du
Sénat
américain aux négociations relatives au réchauffement de la
planète, et à
son refus de ratifier le protocole de Kyoto sur les changements
climatiques,
qui a été élaboré l'année dernière au Japon.
Les Etats-Unis et d'autres pays industrialisés sont largement
responsables
des gaz à effet de serre se répandus dans l'atmosphère, mais le
Sénat
réplique que si les pays en développement ne s'engagent pas à
réduire
l'effet polluant du réchauffement de la planète, il n'approuvera
pas le
traité. Il soutient que les émissions émanant des nations en
développement
dépasseront les émissions produites par les nations développées au
cours du
prochain siècle.
"En réalité, les pays en développement sont déjà impliqués dans
le
processus de contrôle du réchauffement de la planète, conformément
au sommet
tenu à Rio sur la Terre en 1992", affirme Philip Clapp, président
du
National Environmental Trust. "Ils ont déjà entrepris une action
ayant
moins d'avantages technologiques et financiers que celle des pays
développés".
La réunion de Buenos Aires qui doit durer 11 jours, prendra fin
vendredi et
les négociateurs espèrent produire les détails d'un traité qui
permettrait
aux pays industrialisés de réduire les émissions de six gaz à
effet de serre
de six pour cent en moyenne, par rapport aux niveaux de 1990. Ils
espèrent
aussi achever les réductions entre 2008 et 2012.
La plupart des scientifiques croient que les gaz résultant
essentiellement
de la combustion du pétrole et du gaz sont la cause du
réchauffement de la
planète, qui va s'accentuer au cours du prochain siècle si une
action
immédiate n'est pas entreprise.
Les toutes récentes projections faites par une équipe
internationale
d'experts prévoient que les températures mondiales pourraient
augmenter en
moyenne de 6,3 degrés Fahrenheit. Une telle augmentation aurait
des effets
climatologiques et environnementaux majeurs, notamment la nette
montée du
niveau de la mer et l'expansion du paludisme vers le Nord, c'est-à-
dire les
actuelles zones tempérées.
Alors que les Etats-Unis se plaignent du manque d'obligation à
respecter par
les nations en développement, les autorités de Washington
"croisent les
bras lorsqu'il s'agit d'entreprendre une action" pour réduire la
menace du
réchauffement de la planète", signale le National Environmental
Trust.
"Actuellement, les pays en développement n'ayant aucune
obligation de
réduction, prennent des mesures dynamiques pour réduire les
émissions de
carbone, de méthane, de dioxyde de soufre et d'autres gaz à effet
de
serre", annonce le rapport intitulé 'Leadership uité : les Etats-
Unis,
les pays en développement et le réchauffement de la planète'.
Bien que beaucoup de gens pensent que le rôle qu'ils peuvent jouer
dans le
réchauffement de la planète est minime, les pays en développement
savent
aussi que les impacts pèseront très lourd sur eux et leurs
économies
essentiellement agricoles, indique le rapport.
"En plus, les dirigeants des pays tels que la Chine, l'Inde, le
Brésil et
l'Afrique du sud, savent aussi quelque chose que leurs homologues
des
Etats-Unis ne savent pas : l'installation d'une industrie propre
et
novatrice est aussi synonyme d'une croissance économique saine et
progressive".
En général, les pays en développement ont pris plus de mesures que
les
nations développées pour réduire les subventions qu'ils accordent
aux
industries produisant du combustible fossile, constate le rapport.
Entre
1990 et 1996, le total des subventions accordées aux industries
produisant
du combustible fossile dans les 14 pays en développement qui
émettent 25
pour cent des gaz carboniques industriels, a décliné de 45 pour
cent. De 60
milliards de dollars, cette subvention est passée à 33 milliards.
Au cours de la même période, les subventions de prix accordées
dans les
nations industrialisées ont seulement décliné de 20,5 pour cent,
car de 12,
5 milliards de dollars, elles se sont retrouvées à 9,9 milliards.
Puisqu'elle a réduit les subventions qu'elle accorde aux
industries
produisant du combustible fossile, la Chine, la nation la plus
peuplée, a
réduit ses émissions de gaz de 155 millions de tonnes métriques en
1990.
Cette réduction n'aurait pas été possible si elle n'avait pas fait
une
réforme des prix de l'énergie.
En 1996, la Chine a aussi commencé à introduire des technologies
plus
efficaces dans les chaudières de ses industries de combustion de
charbon.
Ces chaudières sont la principale source de gaz carbonique du
pays. Elles
produisent environ 715 millions de tonnes de gaz carbonique.
Pour réduire le réchauffement de la planète, le gouvernement
chinois a
initié un projet quadriennal de 101 millions de dollars pour
introduire une
technologie énergétique avancée et efficace dans les chaudières.
Cette
technologie réduira approximativement 181 millions de tonnes de
gaz
carboniques par an. Le reste des fonds du projet provient d'une
aide
accordée par la Global Environment Facility.
L'Inde a aussi considérablement réduit les subventions accordées
aux
industries produisant du combustible fossile, en lançant des
programmes
spécifiques pour encourager les industries à énergie renouvelable,
précise
le rapport.
Le Mexique a aussi mis en application des projets pour encourager
l'efficacité énergétique. En 1994, la compagnie nationale
électrique du pays
a initié dans deux villes un grand projet d'éclairage (High
Efficiency
Lighting Project) qui remplace des millions d'ampoules à lumière
incandescente réputées pour leur consommation d'énergie, par une
lumière
fluorescente compacte et plus efficace. Cela a annuellement réduit
118.000
tonnes de gaz carbonique, 3.000 tonnes de dioxyde de soufre et 205
tonnes
d'oxyde d'azote, selon le National Environmental Trust.
Le Brésil est, selon le rapport, le leader mondial dans le domaine
de
l'utilisation des énergies renouvelables. Il a fait d'importants
investissements sur omasse et l'éthanol. "Le pays a un grand
projet de
fabrication de moteur fonctionnant à base d'éthanol. Il a
également commencé
à exploiter ses énormes et brûlants résidus agricoles et
forestiers. Il
s'agit de la biomasse servant à faire fonctionner les turbines à
gaz".
L'Afrique du sud a initié le programme des 'maisons vertes
d'Afrique'. Ce
programme fournit l'infrastructure et les ressources nécessaires à
l'amélioration de l'efficacité énergétique des maisons se trouvant
dans tout
le pays.
L'Argentine, un grand pays producteur de pétrole, a initié un
projet de
ré-injection de gaz carbonique, capable de capturer dans
l'atmosphère les
gaz à effet de serre et de les ré-injecter dans des puits de
pétrole. Sans
ce projet, la plupart des gaz qui s'échappent des puits de pétrole
se
répandent normalement dans l'atmosphère et émettent des tonnes de
carbones
et de méthane.
Grâce à l'aide de l'International Finance Corporation et de Perez
Companc,
une grande compagnie pétrolière argentine, ce projet réduira
annuellement
148.000 tonnes de gaz à effet de serre, conclut le rapport.