DEVELOPPEMENT-ZIMBABWE: Le PNUD Danse Au Rythme Du Peuple

HARARE, 13 nov. (IPS) – Il y a quelques années, Thelma Awori,
l'ancien
représentant résident du programme des Nations Unies pour le
développement
(PNUD) au Zimbabwe, avait l'habitude de s'amuser avec le concept
de la
'danse au rythme du peuple'.

"J'étais confrontée aux deux termes d'un choix qui supposait la
réceptivité
aux besoins du peuple ou la poursuite de mes activités, comme
d'habitude",
a rappelé Awori qui travaille actuellement au siège du PNUD à New
York.
Lorsqu'elle était au Zimbabwe, Awori avait l'habitude de d'étayer
ses
discours avec la pensée suivante : "nous avons besoin de danser
au rythme
du peuple, au lieu de notre propre rythme".
Elle ne savait pas que plusieurs années après, le bureau du PNUD à
Harare
publierait un livre sur ce thème. Le livre est intitulé "Dancing
With
People To The Song That The People Have Chosen" (La danse avec le
peuple au
rythme du peuple). Il a été lancé par Awori à Harare, la capitale
zimbabwéenne, le 9 novembre.
Le thème du livre c'est 'Hlanganyela/Kubatirapamwe' (travailler
ensemble).
Ce livre contient des informations sur l'allégement de la
pauvreté. C'est un
produit du centre de développement participatif – du PNUD/Zimbabwe –
chargé
de l'allégement de la pauvreté.
"Le PNUD se rend compte que pour atteindre l'objectif
d'éradication de la
pauvreté, la participation des communautés elles-mêmes est
cruciale", a
signalé Awori. "Nous considérons que les agences étrangères, le
gouvernement, les ONG et les bailleurs de fonds participent au
programme du
peuple. La participation est la 'danse' et le programme est le
'chant'.
"L'émancipation des communautés est une condition préalable à
leur
participation. Seul un peuple émancipé peut choisir son propre
rythme. Quand
un peuple n'est pas émancipé, il concède aux étrangers le droit de
lui
choisir un rythme, et il danse au rythme que nous lui avons
choisi", a
constaté Awori.
Le livre exhorte les agences de développement et d'aide à tenir
compte des
talents, des compétences et des aspirations du peuple, afin de
l'aider à les
développer.
"La participation est un gage de victoire pour tout le monde,
notamment la
communauté, le technicien et le praticien de l'approche
participative", a
renchéri Awori.
La création du centre de développement participatif chargé de la
réduction
de la pauvreté, n'aurait pas pu se faire à un moment plus
favorable. Il y a
une croissante pauvreté en Afrique subsaharienne qui est la seule
région où,
d'après les prévisions, la pauvreté sera en hausse au cours de la
prochaine
décennie. Le chômage, les conflits, la dégradation de
l'environnement et la
pandémie du VIH/SIDA, assombrissent l'image.
Au Zimbabwe, 62 pour cent de tous les ménages sont pauvres, et 45
pour cent
de ces ménages vivent dans une pauvreté abjecte.
"Ces menaces nécessitent des efforts extraordinaires pour alléger
la
souffrance du peuple ", a noté Awori.
"Notre expérience au PNUD nous a montré que l'éradication de la
pauvreté
passe par le succès de l'effort collectif de plusieurs parties
prenantes. Il
faut surtout que les gens eux-mêmes aient la volonté et les moyens
nécessaires pour éradiquer leur pauvreté", a-t-elle dit.
Pour éradiquer la pauvreté dans un monde en pleine mutation, "les
gens ont
besoin de certaines informations pertinentes", a observé Chen
Chimutengwende, le ministre zimbabwéen de l'Information.
"L'histoire révèle qu'il est évident que ceux qui avaient accès
aux
informations et qui en faisaient un bon usage se débrouillaient
mieux que
ceux qui n'avaient pas accès à ces informations", a rappelé
Chimutengwende.
"La participation empêche la dictature des circonstances et du
hasard sur
la vie du peuple et fait place à la primauté du choix sur les
circonstances
et le hasard", a expliqué Chimutengwende.
"Cela ne peut pas se faire sans informations. Bien que
l'information ait
été perçue comme un aspect facultatif du développement, il est
crucial",
a-t-il martelé.
Pour améliorer la circulation des informations, le PNUD a
l'intention de
faciliter la recherche sur l'Internet des organisations non
gouvernementales
(ONG) et des organes publics. Le centre de développement
participatif chargé
de l'allégement de la pauvreté a envisagé l'utilisation de
l'Internet pour
rassembler et disséminer des informations sur ses activités.
"Nous devons chercher à apporter un soutien pertinent au peuple.
Nous
pouvons le faire si nous lui parlons, l'écoutons et le connaissons
mieux",
a conclu Awori.