SENEGAL-DEVELOPPEMENT: Quelques signes de famine après les mauvaises récoltes.

DAKA, 23 mai (IPS) – Le Sénégal connaît actuellement un déficit
vivrier
estimé à plusieurs milliers de tonnes, consécutif aux mauvaises
récoltes
enregistrées lors de la campagne agricole de l'année dernière. Les
autorités
locales tirent déjà sur la sonnette d'alarme.

Le retard des pluies et de nombreuses pauses pluviométriques qui
ont rythmé
l'hivernage dans plusieurs parties du pays, ont fait que la
campagne
agricole qui devait marquer la relance de l'agriculture
sénégalaise, donne
des résultats très en deçà de ce qui était escompté.
Selon un rapport publié au début du mois d'avril par le
Commissariat à la
Sécurité Alimentaire (CSA), une structure du Ministère sénégalais
de
l'Agriculture, la famine menace déjà 18 arrondissements du Sénégal
répartis
entre les régions de Saint-Louis (au nord), Louga et Fatick (au
centre-ouest).
La menace est d'autant plus réelle que dans ces zones, des
réserves en
vivres sont complètement épuisées. Ces arrondissements font partie
des 31
sous-préfectures déclarées zones à risque alimentaire et mises
sous
surveillance par le Ministère de l'Agriculture.
Dans la plupart de ces localités le CSA note que la situation est
très
alarmante.
“La situation alimentaire est très préoccupante, avec un déficit
vivrier très
important dans les familles, pendant que se présentent très peu
d'issues
pour l'adaptation de la population", indiquent les enquêteurs.
"Cette dernière(la population) est d'autant plus éprouvée
qu'elle doit
faire face à l'alimentation du bétail et au payement de la taxe
rurale”,
ajoutent-ils.
Dans les arrondissements de Cas-Cas, dans le Nord du pays, et de
Keur Momar
Sarr, région de Louga, la situation est tout aussi inquiétante. De
nombreuses familles ont épuisé leurs réserves et prennent à peine
deux repas
par jour.
“Sauter un repas est devenu une habitude dans l'alimentation des
populations”, soulignent les auteurs du rapport.
La région de Louga qui est l'une des plus touchées par les
mauvaises
récoltes enregistrées dans le pays l'année dernière, connaissait
déjà des
poches de famine en janvier dernier.
“En janvier, soit trois mois après les récoltes, nous n'avions
plus de quoi
manger. Cette saison va être inoubliable, car nous n'avons pas
connu une
telle situation depuis la grande sécheresse du début des années
soixante
dix”, déplore Mamadou SARR, un habitant de Ndiengue Diaw, un
village de la
région de Louga.
Pour parer à la famine le CSA suggère une assistance alimentaire
urgente aux
populations concernées. En attendant, le gouvernement a déjà
débloqué trois
milliards de franc CFA pour l'achat de 13 mille tonnes de riz
paddy dont
7011 tonnes sont destinées aux zones les plus touchées.
L'opération confiée au Commissariat à la Sécurité Alimentaire est
dans sa
dernière phase. A la fin du mois de mars dernier, près de mille
tonnes de riz
local ont été distribuées dans les arrondissements de Sagatta
Guett et de
Ndande, dans la région de Louga. Les autorités s'apprêtent à
remettre 548
tonnes de riz aux habitants du département de Ziguinchor, dans le
Sud du
pays, en proie à la guerre entre l'armée régulière et le mouvement
séparatiste des Forces Démocratiques de Casamance(MFDC).
“La distribution de vivres va soulager les populations. Mais le
quota
individuel de six à neuf kilogrammes ne constitue qu'une
assistance
ponctuelle. Il va falloir répéter cet appui jusqu'aux prochaines
récoltes
(prévues en novembre 1998), pour les populations les plus
éprouvées”,
conseille la direction du Commissariat à la Sécurité Alimentaire.
Pour le moment, les populations se débrouillent comme elles
peuvent. Dans la
région de Louga, la plupart des paysans vendent leur bétail pour
s'acheter
des vivres.
“Les gens sont en train de brader leurs biens. Il est facile
d'acheter
là-bas un cheval à 90.000 francs cfa, un buf à 80.000 francs cfa
ou un
mouton à 12.000 francs, des prix qu'on ne pouvait pas imaginer il
y a
quelques mois”, révèle un habitué des marchés hebdomadaires de la
région.
Certaines familles démunies choisissent de fuir leurs terroirs
pour les
centres urbains.
“Je ne pouvais pas rester dans mon village, car ce serait
attendre une mort
certaine. Ici, je suis plus à l'abri et j'ai la possibilité de
mener des
activités lucratives comme le petit commerce”, affirme Demba Sow
un
ressortissant du département de Louga, rencontré à Dakar.
L'agriculture sénégalaise dépend largement de la saison des
pluies. En
dehors du riz qui est cultivé dans la Vallée du fleuve, dans le
Nord du
pays, toutes les céréales locales sont des cultures dépendantes
des pluies.
Or, ces dernières se font de plus en plus rares, avec la présence
du
phénomène climatique El Nino qui sévit dans la région ouest-
africaine.
Aujourd'hui, personne à commencer par les autorités
gouvernementales, ne
doute de la nécessité de développer la culture irriguée. Pour
cela, le
Sénégal compte mettre en valeur ses barrages de Diama et de
Manantaly, sur
le fleuve Sénégal, pour permettre au pays d'aménager 240 mille
hectares de
terre. Cet aménagement
nécessite un investissement de 1200 milliards de francs cfa que
l'Etat
compte obtenir de ses bailleurs de fonds.
Actuellement, la surface des terres aménagées dans la Vallée du
fleuve est
de 60 mille hectares, mais seuls 24 mille hectares sont en
exploitation.
*DESTSERVFRE
*CATAF DV
SENEGAL-DEVELOPPEMENT : Quelques signes de famine aprE8s les
mauvaises
rE9coltes.
Par Amadou SAKHO
DAKAR, 23 mai (IPS)- Le SE9nE9gal connaEEt actuellement un
dE9ficit
vivrier
estimE9 E0 plusieurs milliers de tonnes, consE9cutif aux mauvaises
rE9coltes
enregistrE9es lors de la campagne agricole de l'annE9e derniE8re.
Les autoritE9s
locales tirent dE9jE0 sur la sonnette d'alarme.
Le retard des pluies et de nombreuses pauses pluviomE9triques qui
ont
rythmE9
l'hivernage dans plusieurs parties du pays, ont fait que la
campagne
agricole qui devait marquer la relance de l'agriculture
sE9nE9galaise, donne
des rE9sultats trE8s en deE7E0 de ce qui E9tait escomptE9.
Selon un rapport publiE9 au dE9but du mois d'avril par le
Commissariat E0 la
SE9curitE9 Alimentaire (CSA), une structure du MinistE8re
sE9nE9galais de
l'Agriculture, la famine menace dE9jE0 18 arrondissements du
SE9nE9gal rE9partis
entre les rE9gions de Saint-Louis (au nord), Louga et Fatick (au
centre-ouest).
La menace est d'autant plus rE9elle que dans ces zones, des
rE9serves
en
vivres sont complE8tement E9puisE9es. Ces arrondissements font
partie des 31
sous-prE9fectures dE9clarE9es zones E0 risque alimentaire et mises
sous
surveillance par le MinistE8re de l'Agriculture.
Dans la plupart de ces localitE9s le CSA note que la situation est
trE8s
alarmante.
“La situation alimentaire est trE8s prE9occupante, avec un
dE9ficit
vivrier trE8s
important dans les familles, pendant que se prE9sentent trE8s peu
d'issues
pour l'adaptation de la population", indiquent les enquEAteurs.
"Cette derniE8re(la population) est d'autant plus E9prouvE9e
qu'elle doit
faire face E0 l'alimentation du bE9tail et au payement de la taxe
rurale”,
ajoutent-ils.
Dans les arrondissements de Cas-Cas, dans le Nord du pays, et de
Keur
Momar
Sarr, rE9gion de Louga, la situation est tout aussi inquiE9tante.
De
nombreuses familles ont E9puisE9 leurs rE9serves et prennent E0
peine deux repas
par jour.
“Sauter un repas est devenu une habitude dans l'alimentation des
populations”, soulignent les auteurs du rapport.
La rE9gion de Louga qui est l'une des plus touchE9es par les
mauvaises
rE9coltes enregistrE9es dans le pays l'annE9e derniE8re,
connaissait dE9jE0 des
poches de famine en janvier dernier.
“En janvier, soit trois mois aprE8s les rE9coltes, nous n'avions
plus
de quoi
manger. Cette saison va EAtre inoubliable, car nous n'avons pas
connu
une
telle situation depuis la grande sE9cheresse du dE9but des annE9es
soixante
dix”, dE9plore Mamadou SARR, un habitant de Ndiengue Diaw, un
village
de la
rE9gion de Louga.
Pour parer E0 la famine le CSA suggE8re une assistance alimentaire
urgente aux
populations concernE9es. En attendant, le gouvernement a dE9jE0
dE9bloquE9 trois
milliards de franc CFA pour l'achat de 13 mille tonnes de riz
paddy
dont
7011 tonnes sont destinE9es aux zones les plus touchE9es.
L'opE9ration confiE9e au Commissariat E0 la SE9curitE9 Alimentaire
est dans sa
derniE8re phase. A la fin du mois de mars dernier, prE8s de mille
tonnes de riz
local ont E9tE9 distribuE9es dans les arrondissements de Sagatta
Guett et de
Ndande, dans la rE9gion de Louga. Les autoritE9s s'apprEAtent E0
remettre 548
tonnes de riz aux habitants du dE9partement de Ziguinchor, dans le
Sud
du
pays, en proie E0 la guerre entre l'armE9e rE9guliE8re et le
mouvement
sE9paratiste des Forces DE9mocratiques de Casamance(MFDC).
“La distribution de vivres va soulager les populations. Mais le
quota
individuel de six E0 neuf kilogrammes ne constitue qu'une
assistance
ponctuelle. Il va falloir rE9pE9ter cet appui jusqu'aux prochaines
rE9coltes
(prE9vues en novembre 1998), pour les populations les plus
E9prouvE9es”,
conseille la direction du Commissariat E0 la SE9curitE9
Alimentaire.
Pour le moment, les populations se dE9brouillent comme elles
peuvent.
Dans la
rE9gion de Louga, la plupart des paysans vendent leur bE9tail pour
s'acheter
des vivres.
“Les gens sont en train de brader leurs biens. Il est facile
d'acheter
lE0-bas un cheval E0 90.000 francs cfa, un b9Cuf E0 80.000 francs
cfa ou un
mouton E0 12.000 francs, des prix qu'on ne pouvait pas imaginer il
y a
quelques mois”, rE9vE8le un habituE9 des marchE9s hebdomadaires de
la rE9gion.
Certaines familles dE9munies choisissent de fuir leurs terroirs
pour
les
centres urbains.
“Je ne pouvais pas rester dans mon village, car ce serait
attendre une
mort
certaine. Ici, je suis plus E0 l'abri et j'ai la possibilitE9 de
mener des
activitE9s lucratives comme le petit commerce”, affirme Demba Sow
un
ressortissant du dE9partement de Louga, rencontrE9 E0 Dakar.
L'agriculture sE9nE9galaise dE9pend largement de la saison des
pluies. En
dehors du riz qui est cultivE9 dans la VallE9e du fleuve, dans le
Nord du
pays, toutes les cE9rE9ales locales sont des cultures dE9pendantes
des pluies.
Or, ces derniE8res se font de plus en plus rares, avec la
prE9sence
du
phE9nomE8ne climatique El Nino qui sE9vit dans la rE9gion
ouest-africaine.
Aujourd'hui, personne E0 commencer par les autoritE9s
gouvernementales, ne
doute de la nE9cessitE9 de dE9velopper la culture irriguE9e. Pour
cela, le
SE9nE9gal compte mettre en valeur ses barrages de Diama et de
Manantaly, sur
le fleuve SE9nE9gal, pour permettre au pays d'amE9nager 240 mille
hectares de
terre. Cet amE9nagement
nE9cessite un investissement de 1200 milliards de francs cfa que
l'Etat
compte obtenir de ses bailleurs de fonds.
Actuellement, la surface des terres amE9nagE9es dans la VallE9e du
fleuve est
de 60 mille hectares, mais seuls 24 mille hectares sont en
exploitation.