GABORONE, 16 nov. (IPS) – Les prisons botswanaises sont bondées de
Namibiens
fuyant leurs pays, après avoir exigé l'indépendance de la bande de
Caprivi
qui est située dans l'extrême Nord-est de ce vaste pays de
l'Afrique australe.
Les dissidents accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants,
entrent
illégalement au Botswana par douzaines, depuis que la première
vague est
arrivée le 28 octobre.
Vendredi dernier, plus de 400 Namibiens sont entrés au Botswana,
en quête
d'asile.
"La situation évolue tous les jours et c'est un problème que nous
ne
souhaitons pas. Nous ne nous attendions pas à ce genre de chose.
Où
allons-nous les garder ?", s'est demandé cette semaine Andrew
Sesinyi,
secrétaire adjoint permanent des Affaires politiques à la
présidence.
Il a expliqué que les prisons étaient déjà surchargées et que le
gouvernement ferait appel à l'aide internationale dès que
possible. Il n'a
pas donné de détails.
Le groupe qui s'appelle l'Armée de libération de Caprivi, exige
que la
région de Caprivi devienne un Etat séparé. Le gouvernement
namibien a arrêté
"un certain nombre d'entre eux" et sévit contre toute personne
soupçonnée
d'être impliquée.
Parmi les personnes réfugiées au Botswana, il y a l'ancien leader
franc de
l'opposition et l'actuel chef de la guérilla, Misheck Muyongo, qui
a été
qualifié de 'terroriste' par l'administration de Windhoek.
Incapable de supporter l'afflux des demandeurs d'asile, le
Botswana, avec
une population de 1,6 millions d'habitants, a demandé l'aide
internationale
pour faire face à la congestion des prisons.
Le premier groupe de 92 dissidents est arrivé dans ce pays de
l'Afrique
australe le 28 octobre. Jusque là, 104 personnes ont comparu
devant le
tribunal de Mahalapye qui est situé à 200 km au Nord de la
capitale,
Gaborone. Elles sont accusées d'être entrées dans le pays par des
points
illégaux, et d'être en possession d'armes de guerre.
"Les prisons botwanaises étaient déjà surchargées, et le
gouvernement
botswanais lancera un appel à la communauté internationale afin
qu'elle
l'aide. Nous allons nous rapprocher du HCR et de la Croix rouge
botswanaise
afin qu'ils nous aident", a annoncé Sesinyi.
Sesinyi a aussi demandé au HCR de hâter ses investigations
destinées à
déterminer le statut des groupes.
Les représentants du HCR sont déjà au Botswana pour effectuer des
investigations et se concentrer sur l'examen des rapports
préliminaires et
des interviews individuelles des sécessionnistes.
Cependant, Mengesha Kebede, le représentant du HCR à Pretoria, la
capitale
sud-africaine, a rendu visite mercredi aux sécessionnistes détenus
à la
prison de Mahalapye, et a dit que les investigations sont très
susceptibles
de prendre du temps.
"Ce qui va certainement les rendre difficiles, c'est que tous ces
gens
arrivent quotidiennement. Et selon la démographie ainsi que ce les
témoignages de cers personnes, de plus en plus de gens
continueraient
d'arriver", a-t-il dit.
Kebede a indiqué que le HCR demandera au gouvernement d'envoyer
les femmes
et les enfants au camp de Dukwi, au Nord du pays.
"Nous apprécions l'aide du gouvernement botswanais. Il a déplacé
certaines
personnes de la prison de Mahalapye vers celle de Maun. Nous
comprenons les
problèmes de congestion de prisons", a-t-il souligné.
Kebede a estimé qu'il se peut que les demandes d'asile soient
accordées car
il est plausible que les peurs des sécessionnistes de retourner en
Namibie,
soient approuvées, comme le témoignent plusieurs déclarations
faites par des
officiels de Windhoek qui les appellent des terroristes.
Jusqu'à vendredi, le gouvernement namibien n'avait fait aucune
requête
formelle concernant le retour de ses citoyens en Namibie.

