Q&R: Une étude nationale sur l’allocation aux enfants va démarrer

JOHANNESBURG, 04 juin (IPS) – Le ministère du développement social espère que le gouvernement va augmenter la pension pour enfant sur la base des résultats d'une étude nationale rigoureuse sur les effets positifs que l’allocation a sur la société sud-africaine.

Avec l'étude de terrain prête à commencer en septembre, Thilde Stevens, directeur principal par intérim de suivi-évaluation au ministère du développement social, espère que l'évaluation des résultats de la nouvelle allocation aux enfants aidera à convaincre le gouvernement de l'augmenter.

Actuellement, le gouvernement paie 32 dollars par mois par enfant, pour six enfants au maximum, au principal tuteur d'un enfant de moins de 15 ans. Cette somme est destinée à couvrir les charges liées aux besoins essentiels de l'enfant.

Pour bénéficier d'une allocation, les tuteurs ou les parents célibataires doivent avoir un revenu annuel inférieur à 3.700 dollars, alors que les tuteurs ou les parents mariés doivent avoir un revenu annuel inférieur à 7.600 dollars.

Selon Stevens, les transferts sociaux d’argent en espèces sont considérés dans les milieux politiques comme un instrument très efficace pour lutter contre la pauvreté.

Voici un extrait de l'entretien: Q: Des travaux de recherche antérieurs menés sur les allocations aux enfants par l'Institut de recherche sur les politiques d'Islamabad (IPRI) ont montré un impact positif, alors pourquoi le ministère du développement social est-il entrain d’entreprendre une telle rigoureuse recherche d’évaluation? R: L'une des principales études dont nous nous inspirons est le KIDS – étude sur la Dynamique du revenu dans le KwaZulu – qui a pris en compte uniquement la région de KwaZulu-Natal. Nous avons senti le besoin d’avoir une étude plus universelle qui couvre une plus grande partie de l'Afrique du Sud avec un échantillon plus grand. C'est pourquoi nous avons pensé mener une étude nationale.

Q: Comment cette recherche sera-t-elle menée au cours des quelques prochaines années? R: L'étude de base se compose d'une étude préparatoire qualitative et d’une étude quantitative. Le travail de terrain débutera en septembre de cette année, et le rapport sera disponible en mai 2011.

Q: Quel objectif espérez-vous atteindre avec les études qualitatives et quantitatives? R: Les études qualitatives vous donneront des informations en filigrane dans les études quantitatives – qui sont des faits concrets et des chiffres. Donc j'espère que nous pourrons tirer des leçons sur le terrain, et nous espérons affiner nos données quantitatives en fonction de ce que nous avons appris sur le terrain.

A la fin, lorsque l'étude quantitative sera terminée, nous verrons si nous pouvons intégrer quelques-unes des conclusions pour expliquer certains faits concrets que nous retrouvons dans notre étude quantitative. Donc, nous voulons intégrer les deux et nous assurer que nous avons une étude plus rigoureuse comme résultat.

Q: Quels types d'indicateurs recherchez-vous? R: Nous allons considérer deux groupes: les enfants de 0 à 2 ans, et les plus âgés de 14-ans. Pour le premier groupe, nous avons une matrice pour mesurer les choses comme la nutrition de l'enfant; et pour les enfants plus âgés, nous examinons les comportements à risque et la fréquentation scolaire. Nous considérons également les questions de nutrition, mais pas autant que pour le premier groupe. Il y a d'autres impacts qui en résulteront, mais nous voulons être déterminés, nous ne voulons pas essayer de tout mesurer, pour qu’à la fin nous obtenions de bons résultats.

Q: Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur le terrain? R: La principale difficulté pour nous en ce moment est de découvrir nos ménages en fonction de notre stratégie d'échantillonnage. Ce que nous recherchons, ce sont les enfants qui sont inscrits au début du programme d’allocation aux enfants âgés de 0 à 2 ans, les enfants qui se sont inscrits plus tard, à l’âge supérieur à 14 ans, et les enfants qui ne se sont pas inscrits pour le programme d’allocation.

Les données que nous utilisons (pour identifier les cibles de l’étude) sont tirées des données du Système de pension sociale (SOCPEN). SOCPEN est un système électronique de l’Etat qui enregistre les opérations d’aide sociale du gouvernement.

Mais les gens se déplacent entre les provinces, entre les régions et ils ne changent pas leur adresse sur le système d'enregistrement au point que cela constitue l’un de nos grands problèmes – pour essayer de trouver les cibles de notre étude.

Q: Comment la recherche sera-t-elle utilisée? Je suis dans le suivi-évaluation, je pense que si nous pouvons avoir un bon suivi-évaluation, alors cela va motiver mon ministère à me donner plus de moyens pour faire des études d'impact dans d'autres ministères.

Un domaine que nous aimerions vraiment explorer, c’est notre programme sur le développement de la jeune enfance, qui constitue notre deuxième programme le plus grand sur lequel nous dépensons de l'argent.

Comme je l'ai dit, ce sont des projets à long terme et nous n'avons pas de financement pour exécuter en même temps deux études du genre, donc nous aimerions faire un bon travail sur celui-ci et amener les gens à s’y intéresser pour voir quelle en est sa valeur. Nous voulons convaincre les décideurs que le fait d’avoir une étude d'impact faite sur votre région aura tout simplement des retombées positives.