DAKAR, 11 nov (IPS) – Des délégués des administrations douanières, provenant de 35 pays d'Afrique, d'Europe, d'Amérique et d'Asie ont mis sur pied un réseau sous-régional africain de guichets uniques pour le commerce électronique, suivant le modèle de l'alliance pan-asiatique.
Une rencontre internationale sur les guichets uniques, organisée la semaine dernière à Dakar, au Sénégal, a permis à quelque 120 participants d'accroître l'intérêt des gouvernements et du secteur privé des pays africains sur le concept de guichets uniques, en vue de faciliter les transactions commerciales électroniques.
La rencontre, organisée sur l'initiative du gouvernement sénégalais, en partenariat avec le Centre des Nations Unies pour la facilitation du commerce et les transactions électroniques, visait notamment à accroître la sensibilisation sur la mise en œuvre de guichets uniques au niveau mondial. L'objectif était également de sensibiliser davantage sur les standards internationaux qui sous-tendent les guichets uniques et les échanges transfrontaliers de données, mais aussi de disséminer les informations et expériences au niveau mondial. Selon Nour Eddine Diagne, administrateur du système du commerce électronique au Sénégal, le système de guichet unique est un mécanisme permettant la création d'un point d'entrée unique pour l'accomplissement de toutes les formalités liées aux importations et aux exportations grâce à l'Internet. “Nous avons tenu à mobiliser le continent africain pour que tous les pays mettent en œuvre des guichets uniques et faire des gains substantiels en matière de performance du commerce”, déclare-t-il à IPS.
“Il est apparu plus intéressant pour les pays de se mettre ensemble pour mutualiser leurs efforts et parvenir à des résultats bénéfiques pour tous, en mettant sur pied une alliance panafricaine de guichet unique”, affirme Diagne. “Et l'utilisation des outils informatiques dans le commerce va se traduire, dans tous les pays, par une sécurisation des recettes, la diminution de la fraude et un accroissement des recettes financières”. Mohamed Benayad, du service des douanes du Maroc, estime que le concept de guichet unique doit être encore défini davantage. “Il faut que les populations africaines sachent ce qu'elles peuvent tirer des guichets uniques. Où se situent leurs avantages dans le système de guichets uniques? Et quand les gens comprendront cela, ils vont s'approprier le système”, dit-il à IPS. Julien Méwanou, chef du service facturation au Port autonome de Cotonou, au Bénin, affirme que son pays a une expérience en guichet unique depuis 1994, au niveau de la plate-forme portuaire. En outre, le Bénin, ajoute Méwanou, a un centre commun de facturation technologique avec des pays comme l'Île Maurice en matière de système de transaction commerciale par l'électronique. Au Togo, indique Salami Kérim, directeur des projets informatiques au Port autonome de Lomé, le système de guichet unique est en projet depuis 1998, expliquant qu'au début des études sur le système, le port avait impliqué tous les partenaires commerciaux, les transitaires, les domaines, les consignataires et les banques. Kérim estime qu'il faut aussi une volonté politique des Etats pour que les systèmes de transactions, d'exportation ou d'importation soient uniques pour faciliter la circulation des informations sur les prix des marchandises suivant les pays africains. “Actuellement, le logiciel douanier international de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), dénommé 'SYDONIA', est fonctionnel au Togo. Cela a beaucoup réduit le temps des transactions douanières, et a aussi diminué la fraude, d'où l'augmentation des recettes et l'Etat y gagne”, affirme-t-il à IPS. Selon Vola-Razafindramiandra Ramiandrasoa, directeur général des douanes de Madagascar, son pays a commencé à utiliser le système des guichets uniques en 2002, et cela a amélioré les performances dans le port. “Les guichets uniques nous aident beaucoup dans nos transactions. Avant, on prenait 15 jours pour faire une transaction de marchandises à l'extérieur, mais aujourd'hui, on a besoin seulement de 48 heures”, dit-il. Pour sa part, le directeur général des douanes du Sénégal, Jean-Jacques Armand Nanga, a indiqué que son pays, à travers son administration douanière, s'est engagé également dans la facilitation des échanges et par l'autorisation de l'environnement des affaires, en vue de contribuer à une plus grande compétitivité de ses entreprises. “Aujourd'hui, l'objectif est de positionner l'Afrique dans les activités de normalisation internationale pour qu'elle soit un continent avant-gardiste, en anticipant un peu sur le devenir du commerce de demain”, déclare-t-il. Virginia Cram-Martos, de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe, reconnaît que des efforts sont faits en Afrique dans le domaine des guichets uniques, mais qu'il reste beaucoup à faire. “La mobilisation des ressources nationales, des relations commerciales entre les pays du Tiers monde ne peuvent qu'améliorer les transactions économiques entre les pays”, explique-t-elle à IPS.

